‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 47 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

^ termina les villes de Nîmes , de Montpellier et ■ d'Uzès , à s'unir entre elles pour travailler de concert au maintien de leurs droits , à Tavanceraent du règne de Dieu et au bien de la province; c'est ce qu'elles firent dans une assemblée tenue le 6 octobre à Montpellier, d'où elles écrivirent une lettre collective au roi pour l'informer de leur résolution , et lui faire en même temps connaître la situation du pays.

Après le combat d'Arqués , l'attaque et la prise des faubourgs de Paris, la convocation des Etats- Généraux à Tours , eurent lieu la bataille d'ivry le 44 mars , et la mort du cardinal de Bourbon dans le mois de mai; pendant que ces grands événements agitaient la France entière , le conseil général de la ville de Nîmes s'occupait à relever l'ancienne splendeur du collège des Arts , que Anne Rulmann et Chrétien Pistorius (1), ses deux principaux régents depuis la retraite de Jean de Serres, avaient laissé déchoir par leur négligence. 11 décida, M le 44 janvier 4594, d'en nommer pour principal le pasteur Jean Moynier , parce que c'était un homme qui par ses talents pouvait le faire refleurir. 11 fut aussitôt rappelé de Marvéjols, où le synode l'avait envoyé pour réorganiser son ancienne Eglise.

Son retour était d'autant plus nécessaire et urgent , que Jacques de Qhambrun , vu son âge et

(1) Chrétien Pistorius était le fils de Jean Pistorius, qui quitta le naoteau de chevalier de Malte pour embrasser la Réforme et qui fut un de ceux qui assistèrent , le 25 juillet 1530 , en qualité d^envoyé protestant , à la lecture de la confession d'Augsbourg , en prdsence de Temperrar Charles-Quint.

ses infirmités , demandait à se retirer de l'Eglise ^* pour se livrer au repos. Le consistoire, justement alarmé de cette résolution , fit ses efforts pour l'en faire changer, par la raison que l'autorité pastorale d'un vieillard si respecté, qui exerçait ses fonctions depuis trente et un ans, était d'un grand secours pour maintenir les fidèles dans la paix et dans l'union; aussi décida-t-il, tout en repoussant sa requête, de lui accorder une gratification de 300 écus, qui lui étaient indispensables pour élever ses enfants (1).

Une affaire beaucoup plus grave ne tarda pas à succéder à celle-là; elle concernait Jean de Serres, qui se trouvait sous le coup d'une accusation attentatoire non- seulement à la dignité de son ministère qu'il exerçait alors à Orange , mais encore à sa probité comme citoyen. Le 24 novembre 1587, il avait été nommé dépositaire, avec Puséra, de la somme de 4,376 écus , formant la quote-part que la ville de Nîmes devait verser entre les mains de Henri de Navarre pour solder son armée, et depuis cette époque on n'avait pu obtenir *aucun règlement de comptes , ce qui les avait fait accuser l'un et l'autre d'avoir fait trafic d'une partie de cette, somme, et, qui plus est, de l'avoir nié par un parjure. Un synode fut convoqué à Sauve, dans le mois d'août, pour s'occuper de ce grave incident. Le consistoire de Nîmes prit la défense de son ancien pasteur, mais l'assemblée ayant constaté les faits, conclut à ce que « M. de Serres confesserait péni-

(1) Séance du 15 avril 1591.

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