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CHAPITRE YII

>1 à sa place ; et le même synode qui valida son élection appela Jérémie Ferrier à la chaire de professeur de théologie. Il n'y avait alors que huit étudiants, immatriculés sur le registre du recteur de l'université, que le consistoire fit comparaître devant lui le 12 décembre , pour leur faire rendre nominativement compte de leurs vie , mœurs et conversation, et renouveler après cela l'engagement de se livrer aux études pour se consacrer au service de Dieu.

)% Deux faits arrivèrent simultanément au commencement de 1602. — Le premier concernait Jérémie Ferrier, qui , à l'exemple de Duplessis- Mornay, dans son Traité sur V Eucharistie, avait soutenu à son tour , dans une thèse publique , que le pape éiaiit V antéchrist , et qui, à cause de cela , fut décrété de prise de corps par le parlement de Toulouse , envoyé devant la chambre mi-partie de Castres pour y être jugé, après que sou écrit, livré au bourreau, aurait été jeté aux flammes d'un bûcher.

Le second était l'érection d'une croix sur la cathédrale , rendue aux chanoines par ordre du connétable de Montmorency. — Le synode provincial , d'un côté , déclara Ferrier orthodoxe selon la Parôle de Dieu , et envoya un député en cour pour le justifier. — Les consuls , d'un autre côté , s'adressèrent aux magistrats pour leur exposer les murmures et les plaintes des protestants, qui regardaient l'érection de cette croix comme un signe provocateur , et les prièrent d'user de leur influence et au besoin de leur autorité pour empê-

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cher qu'il n'arrivât aucun désordre. Le roi, rendu <€ arbitre de ces deux sujets de vif mécontentement réciproque, sut les apaiser, en défendant qu'on donnât aucune suite à la poursuite faite contre Ferrier à l'occasion de sa thèse; mais il voulut en même temps que les droits des catholiques fussent respectés et que la croix restât en place.

Un accroissement sensible ayant eu lieu dans le nombre des étudiants au saint ministère , il devint nécessaire de nommer un second professeur de théologie, et Moynier fut choisi par le synode pour occuper cet emploi.

Le dix-septième synode national (1), qui se tint 46 en 1603 à Gap , sous la présidence de Daniel Chamier, constata qu'il y avait en France sept cent .soixante Eglises organisées, desservies par cinq cent soixante-cinq pasteurs et soixante-quatorze proposants. La province du bas Languedoc en avait à elle seule cent, que quatre-vingt-quatre pasteurs et six proposants évangélisaient. Le roi accordait 45,000 écus pour leur entretien , ainsi que pour les cinq académies, de Saumur, de Montauban, de Nîmes , de Montpellier et de Die ; celle de Sedan , semblable à celle qui existe maintenant à Genève , formait aussi des pasteurs pour la France, mais était dans une principauté à part.

Cette assemblée synodale donna une double mission à Jérémie Ferrier, qui en était le modérateur adjoint : la première , de répondre , par un

(i) Le seizième s*était réuni à Gergeau, du 2 au 25 mai, ayant pour modérateur Georges Pacard.

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