‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 59 sur 227 · CHAPITRE TH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TH

>3 écrit substantiel, à Jean Piscator, qui troublait les Eglises par une doctrine hétérodoxe (1); et la seconde, de formuler l'article qui fut ajouté à la confession de foi sur Vantéchrist, Comme c'était l'époque du rappel des jésuites en France, obtenue par Cotton , qui se trouvait le confesseur de Henri IV, « sur la prière qui en fut faite par le pape , » ce retour inopiné fut la cause de cette détermination, parce que le synode regardait cette croyance comme l'un des principaux fondements de la séparation des protestants de l'Eglise romaine, € tiré de l'Ecriture sainte, confirmé par les Pères de l'Eglise et scellé par le sang de plusieurs martyrs. »

Ce point de doctrine , ajouté à la confession de foi gallicane , était admis aussi par les Eglises vaudoises du marquisat de Saluées , sur les rives et près des sources du Pô, en Italie. Aussi, lorsque ce marquisat, qui se trouvait depuis un grand nombre d'années.sous la domination de la France, fat cédé au Piémont par suite du traité de Lyon , signé en 1601 , l'ordre fut donné à tous les mem-

(1) Jean Fischer, en latio Piscator, nom sous lequel il est généralement connu, était de Strasbourg. Après avoir été destitué par le conûtlUike de cette viUe comme fauteur du calvinisme, il accepta une chaire an gynmase de Herbom, dans le duché de Nassau, où il professa avec m grand succès, parce qu*il était un théologien très-savant, mais s'éloigatnl des doctrines reçues dans les Eglises luthériennes et calvinistes ; il eosognait qne • Tobéissance passive du Fils de Dieu était seule imputée ans honunes à justice , parce que , comme nous tous , le Christ avait dû accomplir pour son propre compte la loi divine par son obéissance acfive ou la sainteté de sa vie. » (France protestante de MM. Haag , t V, p. ii3.)

bres des neuf Eglises qu'il possédait de sortir des <6ôî Etats du duc de Savoie dans le cours de deux mois ; plusieurs passèrent en Suisse et d'autres en France. Ces derniers s'y trouvaient errants et malheureux , ce qui engagea le synode de Gap à prescrire une levée générale de deniers pour les secourir. Lorsqu'elle eut lieu à Nîmes , le duc de Ventadour s'en offusqua et crut devoir en informer Henri IV , qui lui répondit que les protestants de sa juridiction territoriale pouvaient, sans aucun empêchement de sa part, faire la distribution de leurs aumônes à leurs frères malheureux , puisqu'il les avait recommandés lui-même au duc de Savoie. 11 l'avait fait effectivement, lorsque, s'étant rendu à l'armée pour faire le siège du fort de Sainte-Catherine , construit par le duc pour inquiéter la ville de Genève , il prit la forteresse , la remit aux Genevois , qui s'empressèrent de la raser. C'est là qu'il eut une entrevue avec Théodore de Bèze , âgé de quatre-vingts ans , et qu'il le reçut avec une cordialité expansive en l'appelant « mon père. »

Le temps des conversions au protestantisme pa- <60^ jraissait arrêté, lorsqu'un exemple venu de haut P^^^^ que la vérité évangélique n'avait pas perdu,

^ ?^^ ^'s obstacles sérieux qu'elle rencontrait , mtluei.çg g^p j^g âmes. Un vicaire général de

veque de i\|arseille, nommé Puséri , vint en effet déclarer spon^tanèment , le 9 mai 1604, à la corn-

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