CHAPITRE VU
A cette date il faut placer d'abord la substitution de Mardochée Suffren à la chaire d'hébreu , nécessitée par le départ d'Alizier de Langlade, qui enseignait cette langue depuis deux ans, et ensuite l'envoi de Jérémie Ferrier à l'Eglise de Paris, pour l'évangéliser par provision pendant un an.
Le pasteur Decray fut choisi pour le remplacer , et ce fut pendant le séjour qu'il fit à Nîmes que le conseil de la ville , vu qu'il n'y avait encore qu'un seul cimetière protestant, situé en dehors de la porte de la Bouquerie (1), jugea urgent d'en établir un second, et pour cela il acheta, en 1608, une pièce de terre, en dehors de la porte de la couronne (2).
Cette création , qui constituait un progrès matériel , fut suivi d'un acte imprudent qui occasionna un véritable scandale. Un moine augustin, professeur de théologie dans le séminaire de Toulouse , nommé Arrias Burdeus , espagnol d'origine , arriva à Nîmes , renonça publiquement à la religion catholique et se fit protestant. Il annonça , en outre, qu'Antoine Candolas, fils d'un avocat son ami, avait pris la même résolution que lui , et qu'aussitôt que l'état de sa santé le permettrait, il ne manquerait pas de faire la même démarche. Cela eut effectivement lieu dans le mois.de juillet sui- )rant. Les protestants se glorifiaient d'avoir acquis deux prosélytes d'un savoir si remarquable , lorsqu'un ordre du parlement les fit arrêter comme
(i) \cluellemcut place Balore.
(^) Maellement place de la Couronne.
430 HISTOIRE DE l'ÉGLISE RÉFORMÉE DE MIMES.
coupables d'un meurtre. Ils furent en effet amenés ^^ à sa barre, jugés et condamnés] à la peine de mort, qu'ils subirent sur la place du Capitole.