CHAPITRE YIII
18 zélés partisans dans l'assemblée mixte des trois corps. Sur son invitation, elle se réunit extraordinairement le \i du mois de juin, et, après qu'elle eut pris connaissance des dispositifs prononcés par le synode, elle jugea convenable et urgent de lui faire adresser des remontrances de sa part. Dans ce but, elle nomma une commission composée d'Aiguillon et de Barnier pour les magistrats ; d'Arnaud Guiran et de Vestric Favier, pour les consuls, et des pasteurs Suffren et de Chambrun pour le consistoire. Ces six députés partirent imnjédiatement pour Privas, furent admis au sein du synode et lui adressèrent la demande du maintien de Ferrier dans l'Eglise , qui leur fut refusée par la raison que l'assemblée ne pouvait pas se déjuger elle-même.
A l'ouïe de cette réponse, le conseiller Aiguillon s'écria que , puisqu'il en était ainsi , la confusion et le désordre allaient régner à Nîmes. Arnaud Guiran ajouta que le consulat dont il faisait partie en appellerait à un autre synode, et que par cela même Ferrier continuerait son ministère dans la ville, malgré le jugement qui le lui avait interdit. Vestric Favier, à son tour, remit au modérateur des mémoires préparés à l'avance et signés de tous les membres de la députation , confirmant ce qui venait d'être dit et contenant des récriminations amères contre le synode.
Ce corps , justement indigné , usant à l'instant même de ses prérogatives et de ses droits , adressa de sévères censures aux deux pasteurs pour avoir signé des mémoires calomnieux et quitté leur
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Eglise pour se joindre à une députation dont ils *^ avaient approuvé , si ce n'est provoqué , les démarches inopportunes. Leur faute fut jugée si grave , qu'on leur déclara qu'ils méritaient l'un et l'autre une longue suspension de leur ministère. Néanmoins, pour que l'Eglise de Nîmes ne se trouvât pas privée de trois pasteurs à la fois, la compagnie voulut bien les pardonner, mais à condition qu'ils tiendraient la main à ce que l'ordonnance rendue contre Ferrier fût exécutée en tous points sans trouble et sans murmures; et, poui; que ce dernier pasteur n'en occasionnât pas lui-même par sa présence, il fut envoyé à Montélimart , à la place de Daniel Chamier , qui quitta ce poste pour aller occuper celui de professeur de théologie à Montauban.
Le colloque de Lyon fut ensuite chargé de veiller à l'exacte observation de ces mesures disciplinaires et d'en rendre compte au synode national suivant. — Le consistoire de Nîmes , pour mettre en œuvre tous les moyens en son pouvoir , afin de conserver Ferrier, envoya Suffren et le capitaine Meynier à Montélimart pour prier cette Eglise de ne pas presser l'exécution de l'ordonnance , se fondant , pour obtenir ce délai , sur ce que le ministère de son nouveau pasteur lui avait été imposé d'office; Avant leur retour , Ferrier se présenta au consistoire , convoqué sur sa demande le 21 juillet, et lui dit qu'il avait appris le matin même que le contrôleur de la maison de la reine était arrivé de Paris, porteur d'un arrêt du Conseil d'Etat qui ordonnait au juge présidial d'empêcher l'exécution de la