‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 67 sur 227 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

►W pûtes , qu'à cette époque au plus tard , ils entendraient de sa propre bouche l'aveu de sa désobéissance et l'expression du regret qu'il avait d'y être tombé. Cette assurance ne se réalisa pourtant pas ; car Suffren , au lieu de se rendre dans la réunion du 30 , comme on s'y attendait , envoya une lettre par laquelle il refusait de reconnaître l'autorité de ses supérieurs en la personne des députés de Lyon , protestant contre sa suspeiision et déclarant qu'il allait faire appel de l'ordonnance qui la prononçait sans motifs suffisants.

Toutes les démarches de conciliation étant devenues inutiles , Leblanc et Rabuel se retirèrent , en intimant de nouveau au consistoire la suspension de Sufifren et lui enjoignant de veiller à ce qu'il n'exerçât plus son ministère ni à Nîmes , ni fleurs.

1643 Au commencement de 1613 , François Murât ayant été rappelé par sa province et Ferrier se trouvant suspendu de ses fonctions , ainsi que Suffren , il fallut donner des collègues à de Chambnin ; les yeux du consistoire se fixèrent sur Ollivier, qui desservait alors l'Eglise de Ganges, et sur Jean Cottelier, qui lui fut accordé par la province du Vivarais.

• Le 13 février, l'assemblée mixte des trois corps envoya Jean Chalas , consul , au colloque de Lyon , pour lui remettre des mémoires, dans lesquels elle demandait l'exclusion définitive et pour tou-

jours de Suffren et de Ferrier du sein de son W* Eglise , à cause des grands scandales qu'ils y avaient occasionnés depuis la fin de leur procédure.

Le colloque ordonna que Ferrier serait tenu de comparaître devant lui à sa réunion prochaine , mais il n'y parut point. Son absence ayant donné du poids à quelques nouveaux bruits qui couraient sur son compte, l'assemblée confirma purement et simplement la sentence primitive , en y ajoutant toutefois cette clause : « Qu'il lui était très-expressément défendu de rechercher, solliciter ou poursuivre , directement ou indirectement , aucune autre vocation que celle du sacré ministère , de laquelle Dieu l'avait pourvu , avec ordre à toute Eglise dans laquelle il demeurerait, de le déclarer, s'il le faisait , déserteur du ministère et de procéder contre lui jusqu'à excommunication , selon les prescriptions de la discipline (1). »

Au lieu de redouter cette menace , Ferrier la brava ouvertement , se rendit à Paris et obtint de la cour une charge de conseiller au présidial de Nîmes. Il y arriva le H juin pour s'y faire installer. Le lendemain , le consistoire se réunit par suite de ce grave incident et pour le vider selon l'autorisation qu'en avait donnée le colloque de Lyon.

Il reconnut d'abord qu'il était juste d'entendre Ferrier en ses justifications , et ordonna en conséquence à l'avertisseur d'aller , accompagné de trois témoins, le sommer de comparaître en sa pré- Ci) Ghap. I, art. 19 et 23.

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