‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 68 sur 227 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

•3 sence. Mais sa femme, Isabeau de Guérand, prononça des injures contre ces quatre messagers ,• et les maudit en présence de son mari , qui ne dit mot. Le consistoire s'adjoignit alors trois consuls et quelques membres du conseil politique, et tous ensemble se rendirent auprès du président du présidial pour lui représenter que Ferrier, se trouvant menacé de l'excommunication comme déserteur du ministère, la cour était obligée de différer sa réception jusqu'à ce qu'on eût fait des remontrances au roi sur les raisons qu'on avait de s'y opposer. Le président ayant promis de faire connaître leur réclamation au conseil judiciaire qui allait se réunir, la compagnie demanda son admission dans son sein, qui lui fut accordée. Là, de Chambrun , pasteur , et Pierre de Calvière , ancien, prirent tour-à-tour la parole et exposèrent leurs réclamations, avec les motifs sur lesquels elles se trouvaient fondées. Lorsqu'ils eurent fini , le président consulta ses collègues , qui demandèrent que les remontrances qu'ils venaient d'entendre fussent mises par écrit , afin de les examiner à Taise et y faire droit s'il y avait lieu.

Elles furent rédigées le jour même par Arnaud , greffier du consistoire, signées par tous ses membres (1) et envoyées immédiatement au présidial ,

(1) OUivier et de Chambrun, pasteurs; Pierre de Calvière, Claude Combes et François Soubeyran , consuls ; Chalas , assesseur ; Blisson , Rozel/de Moateil, Faizaodier et Gaissac, diacres; de La Calmette, Privât, Meynier, Guiraud, Manuel , Rolland, Eenouard et Dumas, anciens ; Arnaud , greffier

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qui n'en tint aucun compte et prononça que Fer- ^< riér serait installé le lundi 15 juillet suivant.

Le consistoire , informé de cette résolution , envoya un second message à Ferrier , qui lui répondit « qu'étant dans l'intention d'interjeter appel de l'ordonnance du colloque de Lyon , le consistoire ne devait jpas le traiter si rigoureusement ; mais qu'au reste sa détermination était prise , et que le dimanche suivant il s'assiérait dans le temple au banc des magistrats. »

Un troisième appel lui fut adressé , mais sans succès; ce ne fut qu'à la suite d'une quatrième sommation qu'il comparut. On lui demanda s'il voulait renoncer à la charge de conseiller dans la magistrature ; il répondit « qu'il ne pouvait pas et qu'il ne voulait pas le faire; » et, après avoir prononcé quelques paroles injurieuses , il se retira.

La compagnie comprit alors que cette affaire allait occasionner un grand scandale; et, pour atténuer sa responsabilité, elle convoqua le synode du bas Languedoc. Il se réunit le 18 juin et fut composé de vingt-six députés laïques et des douze pasteurs suivants : François Petit , de Saint- Ambroix; Brunier, d'Uzès; Fillon, d'Aimargues; de Chambrun , OUivier , Cottelier , Me Nîmes ; Gigord , ' de Montpellier; Bouton, de Blauzac; Codur, de Béziers ; Castillon , de Lussan ; Villaret , de Montfrin; et Tourtoulon, de Melgueil.

La procédure commença par l'examen de toutes les pièces qui y avaient rapport ; ensuite , François Petit, pasteur, avec de Baux et Bon, anciens, furent députés vers Ferrier pour le sommer de

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