‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 69 sur 227 · CHAPITRE Vnt. \h · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vnt. \h

M3 comparaître ; il s'y refusa , et répondit « qu'après avoir été accusé avec malice et condamné avec passion, il avait trouvé le repos; car il ressentait plus de satisfaction intérieure , depuis trois jours qu'il était en compagnie des conseillers de la cour du présidial, qu'il n'en avait goûté dans tous les colloques et synodes , et qu'ainsi il ne changerait rien à ses résolutions, i»

Toutes les voies de conciliation étant épuisées, il fallut avoir recours à la rigueur de la discipline. Aussi la compagnie , pesant soigneusement la grandeur des scandales que Ferrier avait donnés à toutes les Eglises du royaume par sa révolte audacieuse , par ses propos insolents , par ses doctrines erronées , par ses intrigues , par son avarice sordide , surtout par sa désertion du ministère , et jugeant nécessaire d'obvier aux dangereuses conséquences qui pourraient découler de cet exemple s'il restait impuni , délibéra d'une voix unanime qu'il serait forcé à se retirer de l'Eglise par l'excommunication , qui serait précédée de trois admonitions publiques durant trois dimanches , en le nommant expressément, et ajoutant de prier Dieu pour lui , afin qu'il lui donnât l'esprit de repentance.

Après avoir chargé Gigord de faire la première admonition, Brunier la seconde, et de Chambrun la troisième, le synode fixa au 13 juillet suivant l'époque où il se réunirait de nouveau pour procéder à l'excommunication publique.

La veille de ce grand jour, une dernière députation fut envoyée à Ferrier, pour l'avertir que

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s'il ne rentrait dans l'obéissance de l'Eglise, on 41 serait contraint de procéder le lendemain à son excommunication, puisque les trois admonitions exigées par la discipline étaient déjà faites; pour toute réponse , il s'écria , en levant les épaules , « que tout cela n'était que du pharisaïsme , qu'on avait sonné l'alarme et le tocsin bien inutilement. »

Dans la soirée, à quatre heures, le pasteur Gigord fut chargé de faire des prières publiques, pour demander à Dieu qu'il touchât le cœur de son serviteur endurci et l'amenât à la répentance. Le len^ demain dimanche, au service de huit heures du matin, dans le temple de la Calade, devant une assemblée de fidèles nombreuse et imposante , douze pasteurs en robe se levèrent en présence de tous, et Brunier, l'un d'eux, étant monté en chaire après avoir expliqué tout au long la conduite de , Ferrier, qui lui avait fait perdre « le droit de la cité de la famille de Dieu », s'écria d'une voix sonore et accentuée, le regard sévère et la main levée au ciel :

« Pour ces causes, nous pasteurs et anciens des Eglises réformées du bas Languedoc, députés de cette province , avec les pasteurs et anciens de cette Eglise, ayant charge du colloque du Lyonnais, autorisé par le synode national, prononçons ledit maître Ferrier, être un homme scandaleux, incorrigible, impénitent, indisciplinable ; et comme tel, après avoir invoqué le nom du Dieu vivant, au nom et en la puissance de notre Seigneur Jésus- Christ, par la conduite du Saint-Esprit et en l'autorité de l'Eglise , nous l'avons jeté et jetons hors

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