CHAPITRE VIII. U
^ de la compagnie des fidèles , afin qu'il soit livré à Satan. L'avons retranché et retranchons de la communion des saints, déclarons qu'il ne doit plus être censé, ni réputé membre de Jésus-Christ, ni de son Eglise, mais tenu comme un païen et un péager, pour profane et contempteur de Dieu. Exhortons les fidèles et leur enjoignons , au nom de notre raiaître , de ne plus converser avec cet enfant de Bélial, mais de s'en éloigner et séparer, en attendant si en quelque manière ce jugement et cette séparation à la destruction de la chair, ne pourront sauver son âme et lui âonner effroi de cette grande et redoutable journée en laquelle le . Seigneur viendra avec les milliers de ses saints pour faire jugement , et convaincra les méchants de leurs impiétés, desseins et œuvres abominables qu'ils auront commises contre Dieu et contre son Église. Amenl
€ Maudit est celui qui fait l'œuvre du Seigneur lâchement! Amen! — « S'il y a quelqu'un qui n'aime pas le Seigneur Jésus , qu'il soit anathème ! Mara^iatha. » Amen ! — « Viens, Seigneur Jésus ! Amen! »
Après un moment de silence impressif et solennel, Brunier ajouta : « Si ledit maître Ferrier veut assister aux prédications pour sa consolation, il s'adressera au consistoire, lequel, après avoir jugé des témoignages de sa repentance selon le jugement de cette compagnie, lui ordonnera de se tenir hors du temple, à la porte, pour ouïr la prédication et se retirer à l'heure où l'on fera la prière, conformément à l'institution et pratique de
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l'Eglise primitive. Comme il ne pourra aussi assis- <• ter dans le temple , lorsque son enfant recevra le saint sacrement du baptême, et les parrains et marraines seront appelés en consistoire pour être exhortés à prendre soin que l'enfant soit nourri et instruit dans la vraie religion , et ce , suivant Tarticle de la discipline. — Ceux qui fréquenteront ledit Ferrier seront, en cas d'obstination et rébel- lion, après longues et réitérées remontrances, poursuivis jusqu'à excommunication. »
On ne saurait dire l'impression profoçde que cette scène si inaccoutumée fit sur l'assemblée tout entière. Les cœurs furent saisis d'un saint effiroi, les âmes navrées d'une douleur profonde ; aussi le pasteur Gigord eut-il besoin , dans le service qu'il célébra après midi, de verser des consolations abondantes sur ces déchirements si navrants et si vifs , occasionnés par la plaie qu'une apostasie ré* voltante venait de faire à l'Eglise.
Ferrier, au lieu de s'humilier, brava au contraire l'opinion publique, et se fit conduire le mardi, 15 juillet, au palais, par le prévôt et ses archers, pour qu'on procédât à son installation comme conseiller. Cette démarche, qui était une provocation, occasionna une violente émeute. Lors- . qu'il sortit du palais, la foule se porta sur son passage en flots pressés, mais sans armes; il fut accueilli par des huées et des sifflets ; quelques enfants lui jetèrent à la tête des morceaux de courge,