‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 75 sur 227 · CHAPITRE IX. iS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. iS

^fi^î national put se réunir avec sécurité à Vitré , du 18 mai au 48 juin suivant, sous la présidence d'André Rivet, pasteur à Thouars. 11 donna d'abord Jean Faucher pour quatrième pasteur à l'Eglise de Nîmes ; il ajouta ensuite à la faveur que Mardochée Suffren avait reçue du synode de Tonneins , qui l'avait réintégré dans la province , celle de pouvoir exercer son ministère dans le colloque d'où il avait été exclu ; enfin, il réunit l'académie de Montpellier à celle de Nîmes.

Dès ce moment , l'importance de cette dernière institution théologique grandit, le nombre de ses étudiants fut doublé ; de nouvelles bourses furent créées en leur faveur au moyen des revenus annuels du legs que de Bourges fit avec cette destination. Il fallut aussi nommer d'autres professeurs ; Jean

""^ Faucher fut choisi pour occuper la chaire de théologie , et Philippe Codur celle d'hébreu. Comme il professait cette langue sacrée à Montpellier, il dut naturellement venir continuer son enseignement à Nimes. Il avait déjà été placé comme pasteur, d'abord à Manosque , ensuite à Riez en Provence , d'où il avait été envoyé à l'assemblée politique de Châtellerault , en 4605, ce qui lui avait ouvert la carrière de l'enseignement.

4648 En 4648, il y avait donc à Nîmes quatre pasteurs ordinaires : de Chambrun , Ollivier , Cottelier et Faucher , avec deux pasteurs par provision , Petit et Codur; les quatre derniers étaient, en outre, professeurs à l'académie.

Comme le goût des plaisirs mondains se propageait d'une manière alarmante, tous ces pasteurs

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furent chargés d'avertir sérieusement leurs audi- ^* teurs que leur vocation les appelant à la sanctification, ils devaient fuir cette luxure de la chair, réprouvée par l'Eglise et condamnée par le Seigneur.

Malheureusement, l'un d'eux en était si fortement entaché lui-même, qu'il fallut user des rigueurs disciplinaires pour l'en punir. C'était le professeur Jean Cottelier, qui avait été choisi, quatre ans auparavant , à cause de ses talents oratoires et de sa science prodigieuse dans les langues sacrées , mais qui , par le dérèglement de sa conduite morale , ne répondait pas aux belles espérances qu'il avait fait concevoir.

Dans le mois de février 1649, une plainte, en 46 effet, fut portée contre lui devant le colloque de Marsillargues , comme coupable d'immoralité. L'assemblée ne fut point cependant convaincue de sa culpabilité, et prononça son innocence. Dans la séance du consistoire, qui eut lieu le 6 mars suivant , de Chambrun et Faucher , qui avaient assisté au colloque , rendirent compte de ce qui s'y était passé ; et Cottelier lui-même , après avoir rétabli les faits, ajouta : « que, comme Dieu lui avait fait la grâce de prouver que l'accusation n'était qu'une calomnie , il demandait que la compagnie usât de son influence sur les esprits pour les persuader de son innocence , étant résolu de son côté à oublier tout ce qui s'était passé , quoiqu'il s'y trouvât de grands motifs de ressentiment pour un cœur moins enclin au pardon que le sien. »

Le consistoire décida que, pour bien établir

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