‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 76 sur 227 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

18^® (l'un côté la conduite de Cottelier, et faire apprécier de l'autre les démarches qu'il avait faites luimême auprès dn colloque , il était nécessaire de convoquer les magistrats et les consuls, ainsi que les notables habitants de la ville, afin de les en rendre juges. Cottelier représenta que cette voie , dans laquelle on allait entrer, lui était préjudiciable ; car en ajoutant , contre les formes ordinaires, des habitants notables à l'assemblée mixte des trois corps, on prendrait parmi eux quelques-uns de ses ennemis. Il lui fut répondu que , par habitants notables , on entendait ceux qui avaient eu quelque charge dans l'Eglise depuis quatre ans et qui avaient été remplacés pour causes légitimes ; et que , quant aux magistrats et aux consuls , ils seraient les mai- Ires d'assister à cette réunion , en corps ou par députation, comme ils le jugeraient convenable. Après ces explications , on dressa la liste des nota* blés, au nombre de vingt, sans que Cottelier fît la moindre opposition contre aucun d'eux. Mais comme les trois corps devaient se réunir le dimanche sui- Yant 21 mars, à l'issue du service divin, il fut prié de ne pas monter en chaire ce jour-là.

Le samedi 20, Ollivier informa le consistoire que son collègue lui avait dit que l'assemblée qu'on voulait faire le lendemain n'étant rien moins qu'assurée , puisque plusieurs de ceux qui devaient en faire partie étaient dans l'intention de ne pas s'y rendre, il prêcherait au culte de huit heures comme son tour l'y appelait. Cottelier , en effet, certifia lui-même qu'il se proposait de commencer sa semaine, que c'était son droit, que

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personne ne pouvait y mettre empêchement, et *^^ que rassemblée actuelle n'étant pas en nombre suffisant, ne pouvait délibérer sur cet incident. Cette résolution parut étrange, mais ne fit pas changer la compagnie , qui maintint sa première délibération. Pourtant , avant de se séparer , elle reçut un message de la part des magistrats, qui l'informaient qu'ils ne pouvaient répondre à l'invitation qu'ils avaient reçue sans avoir préalablement convoqué leur conseil particulier.

Le lendemain matin, Cottelier, sans tenir compte de ce qui avait été résolu, monta en chaire avant qu'OUivier, qui devait fonctionner à sa place, se fût rendu ; mais il arriva un grand scandale : c'est qu'un très-grand nombre d'auditeurs sortirent pour ne pas entendre sa prédication.

Le consistoire , assemblé à l'issue du service divin, représenta à Cottelier qu'il était d'autant plus inexcusable de ne pas s'être conformé à l'ordre établi , qu'il ne devait pas ignorer qu'on cherchait non pas à lui nuire, mais à trouver au contraire un moyen de rendre son ministère recommandable aux yeux de tous. Il répondit que s'il avait fonctionné , ce n'était pas pour mépriser l'ordre du consistoire , mais seulement pour sa consolation , et afin que l'ordonnance du colloque ne lui fût point infructueuse. 11 se plaignit ensuite de ce que quelques anciens ne s'étaient pas assis à leur banc, et de ce qu'il n'y avait eu que ceux qui étaient de tour pour collecter aux portes qui fussent demeurés, puisque par là ils avaient fait suspecter son droit devant le peuple. « Quant aux au-

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