‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 77 sur 227 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

M9 dîleurs qui sont sortis , ajouta-t-il , ils sont tous mes adversaires, ou du moins ils n'ont agi qu'à l'instigation de ces derniers ; je m'en tiens , au reste, à la justice de l'ordonnance du colloque , et je proteste que tous les maux qui pourront m'arriver procéderont des actes de cette compagnie en corps , comme de la conduite que chacun tient à mon égard, d

Sur ces entrefaites , les magistrats , de concert avec les consuls, ayant décidé que cette affaire toute ecclésiastique regardait uniquement le consistoire , refusèrent positivement de se joindre à lui pour la vider. Ce corps , par cela même réduit à ses seules lumières, se réunit le mercredi suivant pour prendre une détermination définitive. Après une mûre discussion , quelques-uns de ses membres voulaient consulter de nouveau les ma- ^strats et les consuls , d'autres s'en tenir simplement à l'ordonnance du colloque; mais la majorité fut d'avis que le ministère de Cottelier n'étant pas en édification dans l'Eglise, on devait être appelants de la décision du colloque de Marsillargues devant celui qui allait s'assembler à Mauguio. t

Le 14 avril, une assemblée de magistrats, tenue à la maison de ville , blâma sévèrement cette délibération; mais le consistoire, vu que la plupart d'entre eux étaient parents de Cottelier ou de sa femme, vu qu'ils avaient été convoqués deux fois pour cette affaire, et qu'après sa conclusion, contre droit et raison , à part et séparément , ils avaient pris une décision contraire, jugea néces-

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saire de porter plainte contre eux au synode pro- *** chain , pour qu'il remédiât à ce conflit.

Le colloque de Mauguio statuant sur l'appel, abolit la sentence d'absolution et déposa Cottelier du ministère comme indigne de l'exercer. Mais le synode du bas Languedoc, par une disposition contraire prise le mois suivant, motivée par la réputation que ses grands talents lui avaient acquise , le rétablit dans sa charge, à condition cependant qu'il ne l'exercerait qu'en dehors de la province. Ce qui n'empêcha pas que , malgré cette clause , l'Eglise de Montpellier et d'autres ne l'admissent dans leur sein pour y prêcher, et même pour y administrer la sainte cène.

Ces conflits scandaleux duraient depuis quatorze 46) mois, lorsque le synode national d'ÂJais (1) s'assembla le ler octobre 4620, et fut chargé d'y mettre un terme. Pour le faire avec justice, il fit faire une enquête à Nimes par des personnes impartiales qu'il y envoya exprès. Elle constata un fait très-grave, passé sous silence dans les procédures précédentes ; c'est que, en 1617, lorsque le synode général des Provinces-Unies s'était assemblé à Dordrecht pour termîngr les disputes soulevées entre les arminiens et les gomarisies, comme ses décisions devaient exercer une grande influence sur les Eglises de France , Du Moulin-, Chauve , Charnier et Rivet avaient été nommés pour y assister. Le consistoire de Charenton avait adressé la

(1) Ce fut le vingt-troisième. Pierre Du Moulin le présida; ses sdaii'" ces durèrent du \^^ octobre au 2 décembre 1620.

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