CHAPITRE IX
I6t0 lettre d'envoi de ces députés à Cottelier pour la faire tenir à Chauve, à Sommières ; mais, soit qu'il fût vendu à la cour , soit qu'il fût de ceux qui entraient dans les sentiments des arminiens, qui avaient plusieurs partisans en France, il l'avait envoyée au duc de Luines par courrier exprès, en y joignant des instructions pour informer la tour de l'importance de ce voyage et des raisons de l'empêcher , raisons fondées sur la crainte que des pasteurs français ne formassent des ligues secrètes contre le service du roi, par suite des maximes républicaines qu'ils iraient puiser dans un pays où le peuple était peu favorable à la monarchie, et qui avaient abouti à faire envoyer à Genève la défense formelle aux députés de passer plus avant (1). Ce grief, ajouté aux autres qui avaient été jugés contradictoirement , fut la cause que le synode censura sévèrement la province du bas Languedoc, pour avoir rétabli Cottelier au saint ministère, et les Eglises de Montpellier et des environs, pour l'avoir admis temporairement lorsque ses fonctioqs lui étaient interdites ; et quant à Cottelier lui-même, il le déposa de sa charge comme indigne de l'occuper plus longtemps , et sans espérance d'y être jamais rétabli (2).
Après son exclusion de l'Eglise réformée , Cottelier embrassa le catholicisme et reçut du clergé
(i) Elle Benoit, Histoire de Védit de Nantes, t. III , p. \U.
(2) A la fin de la session, il fut mis au rôle des déposés, avec cette note inftmaote : Jean Cottelier , ci-devant ministre de TEglise de Nîmes, âgé environ de trente-cinq ans , de petite stature et ramassée , tête poudrée , poil noir , front élevé , déposé pour paillardise et autres fautes.
une pension de 600 livres , qui fut dans la ^^ suite portée jusqu'à 1000, en récompense de son abjuration. En 16219, pendant que la peste sévis^ sait à Nimes, il lui naquit un fils qui en fut ai* teint, mais guéri, et auquel il donna le prénom de Jean-Baptiste. Il se consacra tout entier à son éducation , et tel fut rheureux effet de ses soins et des dispositions de Télève , qu'à Tâge de douze ans il interprétait les livres saints dans les langues originales. Lorsque sa réputation d'érudit fut bien établie , on le choisit avec sept autres savants pour rechercher quel était le véritable auteur de Vlmi" talion de Jésus-Christ. La part qu'il prit à ces recherches , lui valut l'estime et la protection de Golbert, qui, en 1667, l'employa avec Du Gange à la révision du catalogue des manuscrits grecs âe la bibliothèque du roi (1).