‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 82 sur 227 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

I6JMI pellier. L'édit de Nantes fut confirmé ; le roi permit aux protestants de tenir leurs consistoires, leurs colloques et leurs synodes, mais leur défendit toute réunion politique sans son expresse permission ; il leur conserva deux places de sûreté, Montauban et La Rochelle, mais les fortifications des autres villes durent être démolies. Tous les excès commis de part et d'autre depuis le l^r janvier 1621 furent l'objet d'une amnistie générale ; et le gouvernement de Nîmes fut conservé au duc de Rohan , toutefois sans qu'il y pût tenir garnison.

Le dimanche 23 , jour où la publication de ce traité de paix fut faite à Nîmes , à son de trompe , dans tous les carrefours de la ville , par Charles Nourrisson , lieutenant du grand prévôt de l'hôtel, assisté des consuls en chaperons rouges , les protestants se réunirent dans les deux temples pour rendre à Dieu des actions de grâces et implorer son • secours sur son Eglise si agitée et sur leur patrie si malheureuse (1).

L'édit de paix rendu au camp devant Montpellier '^*^ ne fut en général qu'une lettre morte, puisque, le i mars 162â, les députés généraui^ Montmartin et Maniald se plaignirent au roï de vingt-deux griefs, auxquels il ne répondit que d'une manière évasive ; mais il s'exécuta cependant sous le rapport des fortifications ; quand les habitants de Nîmes virent la

(1) Ménard, t. V, p. 469.

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pioche des démolisseurs s'attaquer à leurs remparts, I68î leur yif sentiment de tristesse se serait peut-être manifesté par quelque acte extérieur de résistance, si le consistoire n'avait invité les pasteurs à faire des prédications spéciales, pour porter les mécontents à accepter sans résistance un fait accompli , ce qu'ils firent avec un plein succès.

Le vingt-quatrième synode national, qui se réunit à Gharenton du l^r septembre au l^r octobre suivant, sous la présidence de Samuel Durand, fut la première assemblée à laquelle assista un officier du roi , afin de voir s'il ne s'y proposait ou traitait aucun affaire autre que celles permises par les édits, pour, dans le cas contraire, en faire rapport à Sa Majesté. Ce commissaire, nommé Auguste Galland, qui professait la religion réformée, était natif du Béarn ou de Navarre ; c'était un fameux jurisconsulte et un grand antiquaire , mais son mandat le rendit suspect , puisque la création de son em- • ploi fut la première atteinte portée, sous Louis XIII, à l'exécution de l'édit de Nantes. Ce fut ce synode qui supprima dans l'école de théologie de Nîmes la place de professeur de grec, et Samuel Petit, qui l'occupait , fut mis à la chaire d'hébreu en remplacement de Philippe Codur , qui fut chargé , conjointement j^yec Faucher , d'enseigner la théologie.

Dans le courant de cette année , les deux plus fermes soutiens du protestantisme moururent : le maréchal de Bouillon, qui avait fondé l'académie de Sedan, dans sa principauté presque entièrement réformée ; et Duplessis-Mornay, qui, au témoignage

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