‹ Histoire de l'Église réformée de NîmesChapitre 83 sur 227 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

1623 de Voltaire , fut le plus vertueux et le plus habile homme que le calvinisme ait produit.

1624 L'année 1624 s'ouvrit à Nîmes par la consécration au saint ministère de de Vellieu. Ce candidat avait été précédemment conseiller au parlement de Grenoble, et avait quitté cette place pour entrer dans un couvent de célestins à Paris. La Milletière , célèbre ministre de La Rochelle , après avoir découvert toute l'étendue de ses connaissances , voulut les faire tourner à l'avantage des Eglises -réformées; il l'engagea, dans ce but, à quitter l'ordre et à se vouer au ministère évangélique. De Vellieu y consentit sans trop de difficultés ; après être sorti du cloître il se rendit à Genève, de là à Bâle, où il apprit les langues orientales. Enfin, il vint terminer ses études à Nîmes , où il fut consacré par Chauve , le 8 du mois de mars.

Ce nouveau pasteur fut immédiatement attaché à l'Eglise pour la desservir à la place de Jean de Croï , qui était allé à Uzès , sa ville natale (où il mourut le 34 août 1659 ), et pendant les deux ans qu'il y séjourna , il y exerça une grande influence par son esprit, son savoir et sa piété. 625 L'année suivante , la guerre civile recommença par suite de la violation ouverte de plusieurs stipulations du traité de paix de Montpellier, et les hostilités reprirent en Languedoc où se trouvait le duc de Rohan, contre lequel le parlement de Toulouse rendit un arrêt le 30 du mois suivant. Ses adhérents furent vaincus , ce qui fut cause que l'assemblée, convoquée sur sa demande à Milhau, accepta les conditions de paix dictées par le roi le

23 de janvier précédent, qui prescrivaient à ses <W5 sujets de rentrer dans Tobéissance dans l'espace d'un mois , sous peine d'être déclarés coupables de lèse-majesté au dernier chef. Le duc de Rohan, attaqué dans sa liberté personnelle , résista seul , et voulut continuer la prise d'armes , mais son appel resta sans retentissement, ce qui lui occasionna une si grande tristesse, qu'il s'en plaignit amèrement , disant : « qu'il avait plus de peine à combattre la lâcheté, l'irréligion et l'infidélité des réformés , que la mauvaise volonté de leurs ennemis. » Cela provenait de ce que , s'il y avait beaucoup de protestants qui applaudissaient à ses efforts et à sa persévérance , il s'en trouvait pourtant quelques-uns, recommandables par leur position et par leur influence , qui voulaient faire cesser la guerre, pensant avec raison que la liberté de conscience ne triompherait jamais par la force des armes.

De ce nombre , était à Nîmes, Anne Rulmann , 4626 hessois d'origine , mais dont le père avait été régent de première au collège des Arts , et qui était devenu lui-même assesseur criminel en la prévôté générale du Languedoc. Il se servit de son influence pour conseiller à ses concitoyens , dans une assemblée provinciale tenue le 20 mars 1626, de se soumettre sans plus de retard , et cette mesure ayant été adoptée , il fut chargé d'en porter luimême la nouvelle à la cour (1).

Cette année-là , de Baux fut rappelé par le coUo-

(1) Ménard, t. IV, p. 543.

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