CHAPITRE XI
Daniel Peyrol. — Davin. — Josué Darvieu. — Procédure contre Codur.
— Antoine Rudavel.
628 Deux événements douloureux , l'un particulier et l'autre général , se succédèrent à Nîmes à peu d'intervalle l'un de l'autre. Le premier fut la mort de Jean Faucher, qui arriva dans le mois d'avril 1628, après qu'il y eut rempli un ministère de douze années ; et le second , l'invasion de la peste , qui eut lieu pour la huitième fois. Comme le danger imminent qui menaçait le troupeau nécessitait que le nombre de ses pasteurs fût augmenté, afin que, dans le cas où l'un d'eux serait victime du fléau , il pût être remplacé par un autre , le consistoire pria Gautier, pasteur à Uchaud , et Davin, pasteur à Barjac, de venir exercer un ministère de consolation pendant la durée de l'épidémie. Elle dura jus-
6J9 qu'au 21 novembre 1629, et pendant ce temps un
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prêtre , nommé Concorde , brava la contagion pour 'M aller , de maison en maison , solliciter les pestiférés à la révolte, en disant qu'il fallait brûler les Psautiers et les Nouveaux-Testaments.
Ce courage pour la propagation de l'impiété , ne fut pas imité par Gautier pour la consolation des âmes immortelles. Il s'en repentit amèrement, puisqu'il, vinj déclarer au consistoire, avec les larmes dans les yeux et la douleur dans l'âme, que Dieu ne lui avait pas donné assez de force d'esprit pour affronter en face le péril , et que, dès-lors, il avait lâchement quitté son poste pendant la contagion. La compagnie, touchée de sa repentance, agréa ses excuses , lui donna l'assurance qu'elle était disposée à oublier le passé , et le pria pour l'avenir de lui prêter son assistance lorsque le besoin s'en ferait sentir. Davin , au contraire , qui avait montré une chrétienne intrépidité , fut gardé au service de l'Eglise pendant un an ; et pour remplacer Faucher, comme professeur, le choix du colloque tomba sur Daniel Peyrol , pasteur à Montpellier.
Après la paix conclue à Alais , et signée au camp de Lédignan , le 28 juin , qui termina la dernière guerre de religion en France , un édit de grâce , déclaré , comme celui de Nantes , perpétuel et irrévocable, fut proclamé à Nîmes le mois suivant. Il fut pour les protestants l'inauguration d'une ère nouvelle, parce que, quoiqu'il les rétablît dans toutes leurs libertés , en confirmant les déclarations enregistrées par les parlements, il les priva de leurs places de sûreté et de leur organisation politique.