CHAPITRE XII
B47 du Saint-Sacrement, porté soit aux malades, soit en procession , et que lors de la Fête-Dieu , ceux d'entre eux qui auraient refusé de tapisser leurs maisons rembourseraient les avances qui auraient été faites pour les tendre à leurs frais.
I64S Cette injonction arbitraire troubla la vieillesse de Chauve , qui, en 1648, ne pouvant plus vaquer à toutes les prédications qu'il avait à faire, reçut pour aide Antoine Baudan, déjà pasteur à Anduze.
Il était fils de Maurice Baudan , seigneur de Yestric , et de Gabrielle de Montcalm-Saint-Véran. Il avait été l'un des élèves les plus distingués de l'académie de Nîmes ; ses progrès dans les langues , comme dans les sciences religieuses et morales, avaient été constatés par le synode du bas Languedoc, tenu à Uzès le 19 juin 1642, où , après les examens d'usage, il avait été consacré par les pasteurs Rosselet et Fournier.
Lorsqu'il arriva à Nîmes , la guerre , dite de La Fronde, avait commencé, malgré les traités signés à Munster et à Osnabruck ; mais les protestants n'y prirent aucune part , parce qu'elle ne fut qu'une ligue de vanité et une réaction d'intrigues contre la politique de Richelieu , tombée en héritage au souple génie de Mazarin. Aussi ce dernier ministre , pour leur en témoigner sa reconnaissance, nomma-t-il un de leurs coreligionnaires, nommé Barthélémy Herward , aux fonctions d'intendant des finances, et l'y maintint malgré les vives réclamations des membres du clergé, qui soutinrent qu'à cause du culte qu'il professait il
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était indigne d'entrer au conseil d'Etat, surtout au ^^^^ conseil privé.
Au milieu de ces agitations lointaines , une ^6*' alarme locale porta la crainte dans tous les esprits; la peste se déclara, pour la dixième fois, le 49 juillet 1649. L'Eglise venait donc de célébrer la fête de Pentecôte , où elle avait fait usage , pour la première fois, de coupes en argent pour l'administration de la sainte cène , à la place des coupes de verre dont elle se servait depuis le 15 avril 1560. Ce fut principalement dans les Arènes (1) , habitées par des familles pauvres , que le fléau fit les plus grands ravages; on fît boucher l'entrée du côté du Palais de Justice, et on plaça trois gardes à celle qui aboutissait à la porte Saint-Antoine , pour empêcher les habitants d'en sortir , en leur promettant toutefois de leur donner, aux frais de la ville, ce qui leur était nécessaire pour leur nourriture (2). Quatre récollets périrent victimes de leur zèle. Le pasteur Jean Chauve partagea le même sort , et fut enseveli , le 15 octobre, dans une chambre de réserve du cimetière de la couronne, dans laquelle
(1 } Au onzième siècle on éleva une église dans les Arènes , sous rin vocation de saint Martin. Les vicomtes de Nîmes y établirent leur cour, faisant garder leur redoutable forteresse par des hommes d*é}ite, nommés les chevaliers des Arènes. C*était une communauté avec ses lois et ses privilèges , une ville à part avec des consuls. Mais dans le quatorzième siècle Charles VI ayant fait bâtir un château près la porte des Carmes, les Arènes, abandonnées de la cour et des chevaliers, devinrent le repaife de la partie I9 plus pauvre de la population , véritable cour des miracles et fourmillière hideuse de vermine et de mendiants ( Frossard, Nîmes et ses environs ^ t. I, p. 129).
(2) Ménard, t. V, p. 88.