CHAPITRE Xlt. i
'liM reçues de sa fidélité et de son aiïection à son service , l'autorisait à retourner dans sa ville de Nîmes pour y continuer les fonctions de sa charge , dans la persuasion où il était qu'il se comporterait à - Favenir de telle sorte qu'il n'aurait plus à se plaindre de sa conduite (1).
4e52 Le rapt de l'enfant Coutelle , qui , malgré toutes ces satisfactions données et reçues , n'en resta pas moins catholique , au grand contentement du père Beth , souleva, par contre, un sentiment d'indignation dans le cœur d'un très-grand nombre de catholiques , et en détermina quelques-uns à abandonner une Eglise qui appuyait les progrès de son prosélytisme sur la contrainte plutôt que sur la conviction ; de ce nombre furent, en 4652, Philippe de Madier, natif de Saint-Gaudens, de l'ordre de la Trinité ; qui se consacra au ministère évangélique ; — Louis Dupuy , chevalier de Saint- Louis , natif de Mont-de-Marsan , en Guyenne , qui avait été retenu longtemps dans les prisons de Paris, avec les fers aux pieds ; — Martin Malaval, de la ville de Castres , et Pierre Bénier, tous les deux prêtres de l'Eglise romaine ; — Jeanne Vidal, fille du geôlier des prisons royales ; — et Jean Chandeau, compagnon coutelier de Châtellerault (2).
(1) Regist. du consist., août 1651.
(2) Regist du consist , 1652.
848 msTOiBE DE l'Aguse béfoimèb de imns.
>Iais, d'un autre côté, le clergé catholique reçut, ^^3 à la même époque, dans ses rangs, le pasteur Garrigues , qui renonça publiquement à son ministère pour se joindre à lui (4).
Au milieu de ces luttes intérieures s'en éleva une 465î extérieure , qui devint sanglante , et à laquelle les protestants de Nimes furent appelés à prendre part. Elle eut lieu à Vais, dans le Vivarais. Le comte de Rieux, ûls du duc d'Elbœuf , avait épousé la nièce de la maréchale d'Ornano, qui lui avait apporté en dot la possession de cette petite place forte. Il voulut, en 1653, y faire cesser, de son autorité privée, les exercices religieux des réformés, qui étaient en bien plus grand nombre que les catholiques. Dans ce but, il fit arrêter et conduire en prison Durant, pasteur de cette Eglise, ordonna de brûler la chaire, les bancs et les livres du temple , et réduisit les protestants à la plus affreuse misère. Le consistoire de Nîmes, informé que le comte de Roure, lieutenant du roi dans la province , avait répondu aux jdéputés de Vais , qui étaient venus lui demander justice de cette violente persécution , c que , puisqu'on les avait dépossédés par la force, ils pouvaient se rétablir de même, > après avoir consulté le synode d'Anduze , fit , au moyen de 400 livres, que de Saint-Véran prêta sans intérêts, une levée de cent cinquante hommes de pied , qu'il fit partir pour Vais sous la conduite de Baudan, précédés par une compagnie de cavalerie sous les ordres du capitaine Montagnaç.
(1) Mënard, t, VI, pM08.