‹ Histoire de l'église. Tome douzième (volume 2)Chapitre 12 sur 50 · Tome IL G · texte numérisé non relu

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paraître de nouvelles professions; et tandis qu'il* arrangent des mots , qu'ils disputent des sens , que Tun dit anatbèrae àl'autre, quelesespritss'écbauffent, se renaplissent d'aigreur et d'amertume, ils ont presque tous perdu la foi et la charité de Jesus- Christ. Ainsi et bien plus au long le saint docteur

Eoussait-il ce reprocne d'instabilité , le plus capale de confondre les nouveautés bérétiques dans tous les âges.

Il fit son.traité contre l'empereur Constance dans le même temps , c'est-à-dire l'an 3Go , ou , comme il le dit expressément et ce qui revient au même , cinq ans après l'exil de Pitidin , dEusèbe , de Lucifer et de Denys. Mais on présume que cet ouvrage , . d'une' liberté et d'une force extraordinaires , ne devint public qu'après la mort de l'empereur. La ^ fureur même de la persécution , et la nécessité d'un. 2 remède aussi violent que cette pièce véhémente , ] n'eût pas été un titre suffisant pour parler ainsi à un souverain, toujours respectable quoique persécuteur; à moins que l'ardeur qui la dictait, n'ait été véritablement inspirée à son pieux auteur, comme autrefois aux IVIacbabées , dont il cite l'exemple.

Dans la requête à l'empereur, Hllaire avait de-^ J mandé une conférence , touchant les innovations- 1 et les variations perpétuelles en fait de dogme, T avec les ariens rassemblés alors en concile dans la capitale. Cette espèce de défi alarma les sectaires; et pour écarter un antagoniste si redoutable , ils persuadèrent à Constance de le renvoyer dans les Gaules , comme un homme capable de troubler tout rOrient. Tel fut le moyen dont se servit la providence, pour rendre le saint évêque de Poi->j tiers à son église: après quoi, les acaciens firent.. ,| tout ce qu'ils voulurent. . ^

La formule de Rimini fut confirmée , et on la fit " souscrire aux demi-ariens. On cassa formellement tout ce qu'avait ordonné le concile de Séleucie : on rétablit les évéques déposés , entr'autres, £udQ3.e!

D E I.' E G L I 8 E. Cf^

d' Antîoche , si odieux à Constdnce peu de momens auparavant. Cependant la 'religion bizarre de ce pri-nce , demeurant scandalisée des propos d'Aëtius , il fallut lui accorder la condamnation de cet impie ,

Feu difféi^nt dans la réalité de tant d'autres à qui on faisait des traitemens tout contraires. Aëtius fut envoyé en exil au pied du Mont-Taurus ; et ce qu'il y a de fort singulier , on se garda bien de le

3ualiner d'hérétique , et de flétrir sa doctrine de la issemblance. Mais ce furent les évêques demiariens , sur-tout les chefs de ce parti , qui portèrent le poids du ressentiment des anoméens. Comme teux-ci n'étaient pas trop d'accord entr'eux pour la foi , ils ne fondèrent leur sévérité sur aucune erreur , mais sur diverses. imputations, qui ne manquent jamais quand on a pour soi l'autorité souveraine, daint Cyrille , évêque de Jérusalem , fort odieux aux acaciens , fut compris dans cette condamnation et déposé pour la seconde fois. Il l'avait été en premier lieu , par les intrigues personnelles d'Acace qui , en sa qualité de métropolitain de la Palestine, prétendait faire dépendre de lui l'évêque de la ville sainte, répiftée exempte. Mais la vraie cause . de la mésintelligence était Rattachement de Cyrille à la foi de Nicée. Le saint évêque avait appelé de sa

{)remière déposition à un tribunal supérieur , et 'empereur ayait autorisé l'appel. Toutefois* l'acte fut regardé comme irrégulier , et l'on accusa Cyrille d avoir donné au clergé le premier exemple de ces appellations , comme dans les tribunaux laï-^

Sues : reproche injuste, sur-tout dans la bouche, es sectaires , au jugement de qui Cyrille n'était coupable qu'autant qu'il gênait leurs manoeuvres. Le saint prélat avait été depuis rétabli au concile de Séleucie. On mit Irénée ou Hérennius à la place de Cyrille, quand il fut de nouveau déposé. On remplit de même les places des autres évê-

Ïues. A Cyzique on institua Ëunomius , ce fameux isciple d'Aëtius , et qui ne se contentant pas longtemps d'ua rôle subalterne ; devint hérésiarque.

loo Histoire

Comme il passait pour élocjuent , les acaciens le plarèrfiit près de C. P. d'autant plus volontiers , <|u'après l'expulsion de Macédoni us, enveloppé dans la disgrâce des demi-ariens , Eudose s'était emparé du siège de cette capitale , et voulait avoir dans son voisinage et à sa disposition ce fouguenx orateur. I Le concile acacien de C. P. f[ui approuvait la donble translation d'Eudoxe , autrefois de Germanicïe à Aiitioche, et présentement d'Antioche à la ville impériale, déposa en même temps l'évêque Dra- i conce , pour avoir changé de siège. Tant il est vrai que les novateurs , avec toute leur im]>OBante régalarité, se font un jeu de la discipline et de la mo- ' raie ainsi que du dogme. Eudoxe oiricia pour la (première fois dans son noiiveau siège , à la dédicace île Sainte-Sophie, queTempereurConstanceachevâ de bâtir , en y renfermant la basilique de ia Paix, ■ environ trente-quatre ans après que le grand Conatantin eut commencé qet auguste édifice.

Macédonius , après sa déposition, devint chef d'une secte particulière. Jamais cependant il ne fut ^ moins altaclié qu'alors à l'arianisme. On prétend qu'il alla jusqu'à soutenir la doctrine de laconsubtrtantialité ; mais il continua de nier, comme les ariens, la divinité du Saint-Esprit. Il soutint expressément que ce n'était qu'une créature semblable aux *nges , quoique d un ordre plus élevé. Les semi-ariens déposés à C. P. embrassèrent cette nouvelle opinion , dont furent infectés quelques évêques , qui ne donnaient même dans aucune erreur touchant la personne du fils de Dieu. Elle fit principalement fortune parmi le peuple curieux de la capitale, et dans sis monastères plus occupés des raBnemens de la spérulation qiiedes sentimensde la componction. Mais elle n'acquit une certaine célébrité, qu'après plusieurs règnes, en s'inslallant insensiblement à la place de l'arianisme, à mesure que les ariens perdaient leur crédit.

Le siège d'Antioche, vacant de fait par la translation d'Eudoxe à C. P. , et de di-oit par la rnorl

DE l' Eglise. ici

de saint Eustathe , arrivée à Pliilippes en Macédoine , lieu de son dernier exil ; les denx partis , tant orthodoxes qu'ariens , s'accordèrent à choisir Mélèce, né. en Arménie d'une famille illustre. Il avait été faitévéque de Sébaste , à la place d'Eustathe ; mais l'indocilité de ce peuple avait obligé ce nouveau pasteur , le plus pacincjué et le plus doux des hommes , de se retirer à Bérée. Il était d'une simplicité et d'une candeur admirables , de ce caractère affectueux et bienveillant qu'on ne peut se défendre d'aimer. On voyait la bonté de son ame peinte sur son visage et dans toutes ses manières. Toujours un doux sourire égayait sa physionomie ; il ne sortait de sa bouche que des

Îropos obligeans ; et l'on ne pouvait tant soit peu î fréquenter^ sans chercher à s'en faire un ami (i). Les ariens , comme tous 1^ sectaires y attribuant volontiers à leur secte tous les sujets distingués qui n'avaient point encore eu d'occasion de les contredire , ou supposèrent Mélèce dans leur sentiment , ou se persuî^èrent qu'une douceur aussi vantée que la sienne serait* au moins tolérante, puisqu'ils furent les principaux auteurs de sa promotion. Les catholiques d'Antioche , qui le connaissaient mieux , donnèrent de tout leur coeur les mains à son élévation , et le con;sentement fut unanime.

Mais personne ne demeura long-temps en doute sur la jtoi de Mélèce. L'empereur, qui se trouvai* à Antioche pour s'opposer aux Perses, ayant donné ordre de le faire venir , les évêques assemblés allèrent au-devant de cet homme admirable , avec, les differens ordres du clergé et toute la foule du peuple. Les ariens et les eustathiens s'empressaient également à le voir. La curiosité attirait jusqu'aux juife et aux idolâtres. Il commença ses fonctions par prêcher suivant la coutume , et

(i) Greg. Nyss. Or. in MeL ; CUrjs. Or, in MeL ; Greg. Naz. Carni^

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Ei'ononça un discuurs que nous a conçetTe saint piphane , et qui est un modèle de l'éloquence ecclésiastique (i). Il y donna clairement â con- , naître Tintéainiéde sa foi ; quoique la modération qui influait dans toutes ses (lémarches , le fit abstenir des teruies de substance et de consubstantiel. Aucun des auditeurs ne s'y méprit ; et Einlose présent, comme tant d'autres évêques mal-inrentionnés , fit les derniers etForts pour engager Mélèce à se rétracter. II fut inébranlable ; et on le relé"na , sans pins difTérer , à Mélitine sa pairie , c est-à-dire , un mois après son élection. Il est inconcevable (le quelle utilité il fut à la reliw {^ion , en un si court espace de temps. On en peut iuger par l'extrême fermeté que les fidèles de son église marquèrent depuis dans la vraie foi, qui . avait paru juiendredes cbarmes tout nouveaux dan» sa bouche : ils conservèrent un allacbement presque égal pour la personne même de leur pasteur (2). Tous avaient chez eux son portrait ; il» le gravaient dans lemr cachet el sur tous leurs meubles ; ilsdonnaientsi généralementson nomàleurs enfans , qu'après quelques années on ne portait presque puisque le nom de Mélèce, soit à la ville, soil à la campagne. Quand il lui fallut partir pour l'pxil , le gouverneur le prit dans sa voiture ; mais, ce premier oftlcier fut assailli à coups de pierres •ar la multitude au désespoir, et il eût infjiilli-

lement péri, si Mélèce ne l'avait couvert de son manteau. *

A la place de Mélèce, on mit Euzoïns, fameux arien , qui rejiloni-ea dans la division l'églisedAnlioehe. Aucun orUiodoxe ne voulut communiquer avec lui. Ceux même qui depuis trenfe ansavaienfc s-oulfert trois patriarches hérétiques , se séparèreutt . de celui-ci avec l'indignation la plus éelatanle , pour tenir leurs assemblées dans une église à pitrt. Ils voulaient se joindre aux eustathiens, c'esL-à-

t)t l' Eglise. ioÏ

idîrc , à ceux des catholiques qui depuis FeitpulsîoH. de saint Eustathe refusaient touiours de commumquer avec aucune sorte d ariens : mais ces eustatuiens les rejetèrent, comme indignes de la pureté de leur communion , à raison des rapports qu'eux et leurs pasteurs avaient eus avec les hérétiques. Ainsi Teglise-mère du levant se trouva divisée en trois partis, celui des ariensqui suivaient Euzoïu&, celni des eusthathien.s ^ et ce que l'on commença de nommer les mélécîens, qui faisaient le plus grand nombre ^ et qui étaient orthodoxes comme les eustathiens , quoique moins irréprochables avant cette époque. Tout ceci se passait l'an 368, sous les yeux de Constance , qui en ressentit un dépit cruel ; mais il était réduit à dissimuler, par les conjonctures des affaires de l'état qu'il ruinait , tandis que celles de la religion absorbaient son loisir et toutes ses facultés avec aussi peu de dignité que de succès.

Le césar Julien pendant ce temps-là gagnait l'estime et l'affection des troupes , par les avantages qu'il remportait sur les frontières de la Gaule ; et il augmentait de jour en jour les soupçons du faible empereur. Mais ces ombrages avancèrent eux-mêmes ce que Constance appréhendait. Les légions qu'il voulut enlever au césar, sous prétexte de Ja guerre de Perse , se mutinèrent et proclamèrent Julien auguste , malgré sa résistance feinte ou sincère. Constance partit furieux , sitôt

qu'il.put quitter la frontière des Perses. Mais à t-il en Cilicie y* qu'il y tomba malade. Réduit en peu de jours à l extrémité , il clemanda le

peine fut-il en Ci

baptême à Euzoïus qui l'avait suivi ; et il le reçut en effet de ce patriarche arien : dernier sujet de trembler sur le sort de ce prince , qui donna cependant des signes de repentir. Ainsi mourut l empereur Constance , le troisième jour de Novembre de Tannée 36i , la quarante -cinquième de sou âge : faible, inconstant , curieux et superstitieux , mais , par-dessus tout, poussé de la manie de dog-

'io4 Histoire de i^^Eglisb.

matiser. Il fit plus de mal à la vraie religion 5 q4e les persécuteurs infidèles. Se'ducteur d'abord , et tout le temps qu'il eut quelque chose à craintdre ; violent et cruel , depuis qu'il se vit maître absolu de l'empire. Sa mort eut été un sujet de joie pour tout le monde chrétien , si à un perr sécuteur hérétique n'eût succédé un apostat idplfitre,

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