‹ Histoire de l'église. Tome douzième (volume 2)Chapitre 15 sur 50 · Tome II. K · texte numérisé non relu

Tome II. K

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généraremenl tontes les églises de la TiIIe. CeTuI" le comte Julien , son oncle , qui se chargea de l'expéditioii , avec le grand trésorier Félix, tous deux renégats comme leur maître. Il y eut des profanations des plus sacrilèges , et de ces blasphèmes d'autant plus coupables, qu'on y prenait le ton de la Ïijaîaaiiterie , et qu'ils se faisaient avec pins de sang roid. Yoyez en quelle vaisselle est servi le fils du charpentier, disait Félix, tournant et retournant les vases où brillait la* magnificence du grand Constantin. Le comte Julien les jeta par terre, s'assit dessus , et commit dans l'église même des indécences indignes de son rang , en quelque rencontre ^u'il eût pu se trouver. Â cette fois , il y eut beaucoup de martyrs. On fait sur-tout mention du prêtre Théodore ou Tliéodoret, fervent catholique. La constance de son zèle le retint dans la ville , tandis que tous les autres ecclésiastiques prenaient la fuite. Le comte le fit appliquer aux plus cruelles tortures , pour le forcer à découvrir les trésors de l'église ; et comme Théodore persista courageusement à ne vouloir trahir ni son église, ni sa foi , il eut la tête tranchée,

On immola une multitude d'autres fidèles , dont on. n'eut jamais une liste exacte, parce qu'on en massacra de nuit la meilleure partie. Mais on jeta leurs cor])sdansrOronie , en telle quantité, que les eaux du Heuve en furent arrêtées dans leur cours. On trouva de plus dans des puits , en de profonds souterrains, et jusque dans les lieux secrets du palais , les cadavres de plusieurs chrétiens qui avaient disparu tout à coup , et qui furent enfin reconnus. On compta quelques aposlats. Mais il sembla que 3a providence eût prJS à tâche de ne pas laisser ce scandale impuni , dans un temps oii l'autorité sou- . veraine le pouvait rendre si contagieux. Théotechne, prêtre d'Antioche , et un évèque nommé. Héron, ayant tous deux idolâtré, ils éprouvèrent l'un et l'autre, d'une manière; visible, les elFets de la divine vengeance. Héron fut atteint d'une ma-

JB E l' E G L I S E. Ï/Jy '

fatale sî affreuse et sî dégoûtante , qu'abandonné absolument de tout le monde , et privé a asile comme de soulagement , il expira au coin d'une rue. Théotechne, devenu aveugle et rongé de vers, mourut dans un accès de frénésie , ou plutôt de rage , en. «e déchirant de ses propres mains. '

Le comte Julien eut. un sort encore plus effrayant/ Tout son corps. ne parut qu'un ulcère. Mais l'endroit du siège éprouva une corruption plus profonde que tout le reste , et jetai tune si grande quantité de vers , qu'on ne pouvait l'épuiser. Pendant quarante jours qu'il vécut en- cet état, on lui appliqua des oiseaux recherchés à grands frais , pour attirer ces insectes dévorans au dehors. Mais ils «'enfonçaient d'autant plus, et lui cqpsaient des douleurs affreuses en lui rongeant les chairs vive^. les excrémens lui sortaient par la bouche , et il se faisait horreur à lui-même. Sa femme ,- demeurée fervente chrétienne , et dont la piété s'était même accrue par la tentation , lui fit reconnaître dans ce châtiment la puissance divine de Jesus-Christ , l'exhortant avec les plus tendres instances à se repentir. Touché de ces discours , et plus'encore de ses propres souffrances , le malade pria l'empereur de rendre aux fidèles l'église d'Antioche ; mais il ne s'attira que des railleries , et il mourut peu après. Les auteurs païens rapportent les circonstances de cette mort, telles exactement que le font les chrétiens. Elle avait été précédée de quelques jours par celle du trésorier Félix, emporté subitement en Tomissant tout son sang par cette bouche impie qui t'était rendue coupable de si affreux blasphèmes.

Ces deux morts extraordinaires parurent d'un mauvais présage à l'empereur , qui à travers ses bravades laissa remarquer son épouvante. Dans les inscriptions publiques faites en son honneur , on . lisait ces trois mots latins : Félix Julianus Augustus. On ne manqua pas d'en inférer que l'empereur , marqué par le dernier mot , suivrait bientôt la destijfiét de ses deux ministres , désignés par le<^ premiers»,

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. Le terme en effet n'était pas éloigné! Maïs le prince impie devait encore fournir une grande preuve à la divinité de Jesus-Christ, comme à la \éritéde ses divins oracles , par sa malignité même à les décrier. Il n'aimait pas les juifs. Mais pour faire une nouvelle peine aux chrétiens qu il haïssait encore davantage , il résolut de relever les restes ahattus de la synagogue , et il fit reprendre aux juifs l'usage presque oublié de leurs sacrifices. Comme la loi leur défendait de sacrifier ailleurs qu'à Jérusalem ^ il leur offrit d'en rebâtir le tem-

Ele : ce qu'ils acceptèrent avec une joie incroyale. Son principal dessein était de démentir les prophéties , tant celle de Daniel qui annonce la ruine dutimple comme irréparable , que celle du Sauveur qui porte expressément qu^il n'y demeurerait pas pierre sur pierre. Il attira les plus habiles ouvriers de toutes les contrées , commanda des troupes de travailleurs, et commit la surijitendance de l'ouvrage à Alipius, l'un (Je ses officiers les plus alîidés.

T^es juifs se rendaient de tous les coins du monde à Jérusalem , en triomphant et en publiant que le royaume d'Israël allait être rétabli. Pour partager la gloire de Tentreprise , leurs femmes donnaient leurs plus précieux ornemens , s'empressaient à travailler de leurs propres mains , de quelque ranii; qu'elles fussent, creusaient la terre qu'elles arrosaient de leur sueur , et poussaient l'enthousiasme jusqu'à la transporter dans les pans de leurs robes. On dit même que par respect, ou plutôt par ostentation , on employa pour ces travaui des pelles et des paniers d'argent. Tout ce peuple ré[)rouvé , couvert si lonc-temps d'opprobre, mais tout à coup relevé par la protection impériale , ne manqua pas d'insulter aux chrétiens en mille manières. Le saint évêque Cyrille, de retour de son bannissement , entendait et voyait tout sans sémouvoir. Il assurait les fidèles qu'ils apercevraient bientôt quelque signe frappant de lim-

Imissance des hommes, et de l'extraragance de eiirs tentatives contre les arrêts du ciel.

On détruisit facilement ce qui restait de l'ancien temple , jusqu'à n'y pas laisser pierre sur f)îerre , selon la lettre des écritures ; on creusa avec a même facilité les fondations du nouveau. Mais sitôt qu^on eut posé les premières pierres , il survînt un horrible tremblement de terre qui les ' vomit de son sein , et les jeta à une grande distance. On vit s'écrouler la plupart des bâtimens du voisinage , entr'autres , des galeries où se retiraient les juifs destinés au travail. Tous ceux qui s'y trouvèrent furent écrasés , ou du moins estropiés- Des tourbillons de vent emportèrent le sable, la chaux et tous les autres matériaux, dont on avait fait des amas immenses (i). Mais ce qu'il y eut de plus terrible comme déplus divin, c'est que des globes de feu sortant de 1 édifice , et roulant de tous côtés avec une rapidité effroyable , renversèrent les ouvriers, les entraînèrent avec eux , les consumèrent jusqu'aux os , ou les réduisirent entièrement en cendres. Tout l'atelier en quelques momens demeura désert. La flamme alla même trouver, et sembla dévorer avec avidité . les marteaux, les pioches^ les ciseaux, et tous les înstrumens qui étaient en réserve dans un bâti-r ment écarté. Un torrent de feu serpentant par le milieu de la place , et jaillissant cà et là en mille rayons étincelans , brûla ou étouffa les juifs qu'il discernait avec une sorte d'intelligence. Ce terrible phénomène se réitéra plusieurs fois en plein jour. La nuit, chaque juif aperçut sur ses vêtemens des croix si bien empreintes , qu'on ne pouvait les effacer, quelqu'effort que l'on fît. 11 parut aussi dans les airs , depuis le Calvaire jusqu'à la montagne des Oliviers , une croix étincelante de lumière. Les obstinés enfans de Jacob ne laissèrent pas de retourner au travail , à diverses reprises ;

(i) Philost. vil, iL

BiStoirB ils se rassiiraient les uns les autres; ils voulaient 3t toute force tirer parti de la faveur du prince apostat. Toujours ils furent repousse's d'une manière e'galement fatale el nairaculeuse ; en sorte tjue plusieurs d'entr'eux , et un nombre encore

S lus grand d'idolâtres, confessèrent avec écîat la ivinile de Jesus-Christ j et demandèrent le baj>tême (i).

Non-seulement tous lesliistoriensecclésiastiques, de quelque parti qu'ils soient , catholiques, ariens, novatiens, mais les païens mêmes, tels qu'Arami«ï- Blarcelliu , tout admirateur qu'il se montre de Julien l'apostat , rapportent unanimement ce pro- • dige. Saint Grégoire de IVazianze, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome , l'ont relevé publiquement peu danne'es apj'ès l'événement , en présence d'une multitude d'auditeurs à qui ils le rappelaient , comme à des témoins oculaires. Saint Clîrjsostome en particulier ajoute que de son temps on ■voyait encore tout ouvertes les fondations creusées par les juifs, et que cette ébaiicbe était pour tous les spectateurs , une preuve sans réplique de ce que l'impiété avait tenté et n'avait pu consommer (2).

Julien confus s'appliqua enfin à une entreprise moins désespérée. Durant tout fliiver, il avait fait ses préparatifs pour la guerre de Perse. 11 consulta les plus fameux oracles , particulièrement ceux de Delphes , de Délos et de Dodone. Tous lui pi'oniirent la victoire. Il y en eut un qui lui assura , au nom de torfs les dieux ensemble, qu'ils allaient , sur les pas de Mars , lui préparer de {glorieux trophées , près du (leuve qui porte, le nom du plus féroce des animaux; ce qu'il inter- ]u-éta du Tigre. Eu route , il necessa de faire des sacrifices, des libations, des enceusemens , et d'exercer les pratiques détestables d'une homicide magie. A Carres en IMésopotamie , il fit murer les portes du temple de la Lune,- après y avoir sacrifié.

(i) Amm. xiui , i. (a) Tracl. Qaod chr. sil Deus,

Oh r<mvrîtpeu après sa mort , et l'on y trouva une femme pendue par les cheveux , les mains violemr ment étendues, et le ventre ouvert. Il y avait cherché des présages de la victoire , qu'apparem^ ment il ne croyait pas encore, trop assurée après toutes les promesses de ses dieux. On découvrit , dans le palais d'Àntioche , des coffres pleins de tctes de morts , des caves entières remplies de cadavres sacrifiés aux idoles, une multitude d'enfans de l'uii et de l'autre sexe , disséqués pour des opérations magiques (i).

Tant d'horreurs qui ne devaient lui imprimer que la crainte de la vengeance divine , lui inspiraient au contraire une aveugle sécurité. Diverses nations lui envoyèrent offrir des secours : il refusa leurs offres , en disant avec une hauteur in^ sensée , qu'il appartenait aux Romains de secourir les étrangers , et non d'en être secourus. Il le prit sur un ton plus haut encore , avec les Sarrazims pensionnés par Tempire , et fort mal payés. Aux plaintes qu'ils en firent , il répondit qu'un empereur belliqueux n'employait que le fer à ses desseins , et non l'or ou l'argent : ce qui leur fit preurdre parti pour les Perses. C'était la même vanité , ou la même extravagance , dans toutes les rencontres, A un bon mot , à une sentence emphatique , à une frivole ostentation d'esprit ou de grandeur dame , il sacrifiait sa tranquillité , sa sûreté et celle de l'empire.

Il écrivit au roi d'Arménie, qu'il eût à se tenir prêt pour le joindre avec ses troupes : mais c'était moins pour en tirer avantage," que pour se vanter en sa présence , comme un grand homme de guerre, comme le favori du dieu Mars, et pour vomir mille blasphèmes contre Jesus-Christ, parce que les Arméniens professaient la religion chrétienne. Entre tous ses travers , sa manie la plus marquée était l'estime qu'il faisait des observances

il) Theod. III , 26.

Histoire idolâtriqiies , et ses dérisions insipides Contre nos divins mystères. Il en revenait là perpétuellement, comme un esprit malade , à l'objet qui l'a mis en délire. Voilà ce qui dirigeait tous fes soins et les mouvemens qu'il pouvait se donner pour l'état. Il se hâtait, disail-il , de terminer les guerres étrangères, pour n'avoir plus d'autre alTaire que d'exterminer les impies, c est-à-dlre les chrèliens, selon son slyle. Il se proposait d'ériger les plu» impures idoles dans toutes nos éalises , et de construire un amphiLliéalre à Jérusalem, pour se procurer le plaisir de voir des moines usés de pénitence, et de vieux évêques aux prises avec les lions et les ours. Mais sans attendre qu'il pût librement exercer toute sa haine , il commença dès-lors à fouler par les impôts tous les adorateurs du vrai Dieu. Il fit imposer rigoureusement quiconque n'adorait pas les idoles , et le trihut s'exigea de la manière la plus dure et la plus impitoyable.(i).

En partant d'Antîoche, dès le cinquième jour de Mars , il y avait laissé un gouverneur , coiinu ■pour un génie turbulent et cruel. On lui flt là- , dessus des remontrances , à quoi il répondit : Je sais fort bien qu'Alexandre ne mérite pas un pareil gouvernement;maisAiitioche meri le untei gouverneur. En passant prèsdeCyr, il vît une troupe de peuple assemblé à l'entrée d'une caverne. On lui dit que c'était la retraite du saint solitaire Domitius , que les peuples du voisinage venaient trouver , afin de s'édifier et d'obtenir la guérison de leurs malades. Son état, reprit Julien avec une cruauté ironique, est de vivre seid ; c'est à moi de faire qu'il ne s'en écarte point. Sur le champ , il ordonne de boucher ja caverne, où le saint resta muré , et mourut de faim. L'église l'honore entre ses martyrs. ANisibe, il fit tirer de la ville les reliqnesde l'illustre évêque saint Jacques, que lesbabitans regardaient comme leur sauvegarde. Aussi cette importante place ne tarda point à devenir la conquête des Perses.

. Pendant le cours du voyage , Julien passait presque toutes les nuits à écrire. Libanius prétend que ce fut alors qu'il composa son grand ouvrage contre la religion chrétienne , que ce rhéteur met audessus des écrits de Porphire sur le même sujet. II est à croire que Maxime et les autres philosophes quijsuivaientTempereur,mirent avec lui la main à la , piume^ et que tous ces adulateurs réunirent leurs productions sous le seul nom de ce prince. Il ne nous reste de ce chef-d'œuvre de l'impiété , que ce qu'en a conservé saint Cyrille d'Alexandrie, dans la réfutation qu'il en a faite. On y rebattait avec les objections de Celse déjà mises en poudre par Origène, celle qu'Eusèbe de Césarée avait réfutées ou prévenues dans sa démonstration évangélique. Mais rempli d'ailleurs de témoignages ou d'aveux honorables à la foi catholique , cet écrit de Julien fut incomparablement plus utile que nuisible au cliristianisme. On y reconnaît, que Jésus - Christ iiérissait les aveugles et les boiteux ; qu'il avait lélivré des possédés , à Bethsaïde et à Bétnanie. On n'y trouve à la vérité ces actions que petites et méprisables; mais on n'en conteste nullement la réalité. Pour la divinité deJesus-Christ, on con- Tient que les fidèles la tenaient de la première antiquité ; puisqu'on tourne contre eux le reproche même de poly théisme , en ce qu'ils adoraient le fils de Dieu , comme le Père. Mais on reconnaît en même temps , qu'ils ne prétendaient pas aSorer

1>lusieurs dieux. L'apdstat ajoute néanmoins que e bon homme Jean , c'est ainsi qu'il nomme par mépris le plus sublime des évangélistes , est lé

Îiremier qui ait clairement énoncé la divinité de esus , en voyant que cette maladie , pour continuer à me servir des expressions de l'apostat , avait déjà gagné une grande multitude , en plusieui^ villes de Grèce et d'Italie. Il reproche encore aux fidèles de donner sans cesse à Marie le titre superbe de mère, de Dieu; de rendre un culte religieux aux morts , c'esl-à-dire , aux martyrs , et

«l'iionorer d'nn piofond respect , dans la croix , l'instrument du plus ignominieux des supplices-; points importans de tradition , contre les hére'sies qui se sont éleviîes depuis ce premier âge.

Le meilletir ouvrage qui nous reste de .Julien , et où sa maiinnité servit assez bien sa verve , c'est la salire qu'il fit des empereurs , sous le titre de . Discours (les Césars. Mais il ne s'y trouve de remai^ quable , par rapport à notre objet , que son affec- J tation révbllante à rabaisser le grand Constantin. Les autres pièces que nous avons encore de ce ' prince rbéteur et sophiste , telles que ses lettres et ses discours, ne respireni que la vanilé, le pédantisme et l'alliage bi/arre d une morgue philosophique a\ec la superstition populaire. C'était pour se donner l'air du premier des césars , que cet Imitateur puéril se piquait de passer la nuit à écrire , et d'employer le jour àradmiuistralion des affaires.

Les Romains étant entrés enPerse par l'Assyrie, ils y prirent quelques places , et eurent l'avantage sur un <;ios parti d'ennemis. En action de grâce, Julien voulut sacrifier dix taureaux au dieu Mars. Mais neuf tombèrent morts subitement , à ce que raconte Ammicn-Alarcellin (i) , et avant qu'on les eût frappés. Le dixième, ajoute le même auteur, rompit ses liens; et ayant été ramené et immolé à grand"peine,ilneservilqu'à augmenter la consternation (les idolâtres. Cependant le roi des Perses oifrit la paix à des conditions fort avantageuses pour i l'empire : Julien ne voulut pas seulement entendre les ambassadeurs. Un grand nombre de places avaient ouvert leurs portes : de toute ]»art le jjays était ravagé , et la terreur du nom romain répandue bien avant dans le royaume. Mais ces premiers succès avaient plus d'éclat ([ue d avantage. Le mal qu'on faisait à l'eunemi en ruinant ses campagnes, devenait encore plus dommageable à l'armée

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îromaîhe, qu'il mettait dans rimppssîbilîté de sul> sîster dans un pays , où il ne lui restait pas , comme aux Perses , la ressource des provinces ultérieures. L'empereur eut encore l'imprudence de quitter le voisinage des rivières , pour s'engager au milieu des terres y sur la parole de quelques transfuges. Imaginant même n avoir plus besoin de sa flotte , îl la fit réduire en cendres , sous %[ibre d'ôter àses troupes toute envie de reculer. A la vérité, soa armée s'augmentait de tout ce qu'il y avait de trou*

Ees dans ses vaisseaux ; mais ce n'était pas les comattansquî lui manquaient. Il importait infiniment davantage de faciliter la subsistance que cette augmentation de troupes allait rendre impossible. En vain se promit-on de retrouver l'abondance dans les riches provinces où l'on commençait à pé*ïiétrer. Les Perses iavaient dépouillé leur propre ays ; et l'on ne put s'y procurer , ni grains , ni ruîts , ni fourrages ; en sorte que les Romains se virent bientôt réduits aux, plus dures extrémités} et pour reculer le moment de mourir de faim , ils furent obligés de manger leurs chevaux. Cependant l'ennemi harcelait pernétuelleûient cette armée affaiblie et presque entièrement ruinée.

L'arrière-garde ayant été attaquée , l'empereur y courut précipitamment , comme il se trouvait, sans cuirasse , et muni seulertient d'un bouclier qu'il prit à la hâte. Une seconde alarme le rappelle a favant - garde. Les ennemis sont pourtant repoussés'; et comme ils tournent le dos, Julien montre les fuyards en levant le bras et en criant aux légions de poursuivre. Alors un dard , lancé sans doute. à la façon des Perses , par un de leurs^ tavaliersqui fuyaient, lui effleura le bras , et plon-

Î;ea bien avant entre les côtes jusques^dans le foie. 1 s'efforça de le retirer avec impatience , et se coupa les doigts. A Tinstant il tomba évanoui sur son cheval. On l'emporta , on pansa la plaie ; et après le premier appareil , il se sentit soulagé et voulait retourner au combat. Sa faiblesse l'arrêtant

encore , il demanda le nom du lieu où îl se trouvait (i). On lui dit qu'il se nommait Phrygîe. Comme on lui avait prédit autrefois qu'il mourrait en Phrygie , il parut frappé , et ne douta plus qu'il ne fût au moment de la mort. Toutefois il soutint son personnage philosopliique , s'entretint quelque temps avec ses raui sages , touchant la noblesse des âmes {|^la réunion prétendue de la tienne avec les astres; puis il expira, sur le milieu de la nuit du 36 au 27 Juin de Ttinnée 363 , âgé de trenteun à trente-deux ans , dont il n'en avait pas toutà-fait régné trois.

On rapporte , que se sentant mortellement blesse, îl commanda à quelques eunuques de le jeter dans la rivière , afin de cacher sa mort , et de passer

Sour un dieu , comme Romulus ; mais que l'un 'eux dilvulgua ce projet , et le fit manquer. Quelques auteurs ajoutent que ce prince endurci puis;^ le sang dans sa plaie , et le jeta vers le ciel, en disant: Tu as vaincu ,Galilcen. Mais Théodoret n'établit ce fait que sur le bruit vague qui en avait couru , et l'historien Sozomène le donne pour un propos de peu de personnes. D'autres prétendaient au contraire, que c'était contre le soleil qu'il avait jeté son sang , en reprochant à ce Dieu qu'il avait tant honore, son ingratitude et son injuste prédilection pour les Perses. Tout ce qu'on peut inférer de certain , c'est que l'apostat ne donna en mourant que des marques d'onstination dans soa impiété.

Il n'est point de prince dont on ait plus diversement parlé que de Julien. Les païens l'ont élevé jusqu'aux nues, et quelques chrétiens l'ont peut-être excessivementrabaisse. Outre ro])position d'intérêts entre ces juges divers, c'est que JuHen avait en effet un de ces caractères équivoques et faux , qui sont très -difliciles à saisir. Il faisait parade d'une, élévation d'aine, égale ou supérieure à celle des plus

(i) Pliilost. vu, i5.

illustres philosophes , et donnait dans les superstitions les plus ridicules. 11 se \antait d'avoir quitté le christianisme par force de raison , et se livrait' sans réserve aux plus absurdes extravagances du polythéisme. Il affectait un mépris extrême pour les fidèles , et les proposait pour modèles à ses pontifes. Il voulait passer pour humain , bienfaisant , doux et modéré , avare du sîmgraême le plus vil ; et il projetait de ne plus garder de mesures avec les chrétiens qui faisaient la meilleure partie de l'empire , d'égaler l'empereur Dèce dans sa fureur contre eux , s'il ne pouvait le surpasser. Il choisissait même dans toutes les religions les victinses de ses sacrifices homicides , et de sa détestable nécromancie. Ainsi, malgré sa vaine ostentatiôu de bienfaisance , on a cru assez généralement qu'il été né cruel, et qu'il n'avait pris quelque empire 8iir ses penchans que par son étude à les contraindre sous le règne de Constance , afin de se conserver la vie. On ne peut néanmoins disconvenir que cet homme singulier n'eût des qualités dignes d éloges. Mais il mêlait des défauts et des vices, qui le font blâmer de toute personne raisonnable. Nous ne noussommes arrêtés qu'à ceux qui touchent notre objet , sans nous appesantir sur son caractère. C'est par la suite de ses actions , comme par la règle la plus convenable à notre genre et la meilleure à tons les égards , que nous le laissons enfin juger aâ * lecteur.

Aussitôt après sa mort , les principaux officiers de l'armée se rassemblèrent, et déférèrent unanimement l'empire à Jovien. 11 fallait que ce commandant des gardes impériales, par ses qualités personnelles, eût acquis une extrême considération, puisf{ue ce grade n'était pas à beaucoup près le plus proche du trône. On lui connaissait en effet, outre un courage à toute épreuve, un de ces génies féconds en ressources , et d'un usage si nécessaire dans la position où l'on se trouvait. Sa figure au* fiuste seiublait seule annoncer sa destinaticm. Il

était d'une si liante stature , qu'on ne put d'abord trouver un habit impérial qui lui convint; gros ik proportion , bien fait et de bonne mine. Toujours tine joie noble était peinte sur son visage, avec cette sérénité' inaltérable qui annonce une ame su-

Férîeure à tous les embarras; et il se trouvait à âge de trente-deux ans , e' est-à-dire au période de la vie où ces dons de la nature brillent dans toute leur splendeur. Il était bienfaisant, d'un caractère ouvert, d'un commerce doux et facile, facétieux même avec ceux qui l'approchaient. Mais ce qui importait sur-loiit al'église, il avait ime foi pure, et une fermeté à lui tout sacrifier.

Peu après son élection , on dressa un trône à la tète de l'armée, et on l'y fit mouler, revêtu de la pourpre, en le proclamant auguste et césar tout ensemble. Aussitôt, et sans plus de politique , comme je suis chrétien, dil-il avec la franchise qui lui était naturelle, je ne puis commander aux soldats de Julien , s'ils demeurent attachés à ses erreurs. Une armée abandonnée du Dieu seul véritable et puissant , ne pourrait qu'être la proie des barbares. Les soldats s'écrièrent tout dune voix : Wapprébendez rien , Seigneur ; vous commandez à des chrétiens. Les plus âgés d'entre nous ont été instruits par le grand.Constantin ; les antres pap ses fils. Julien a régné trop peu de temps pour alFermir l'impiété dans ceux même qu'il a séduits. L'empereur ne pensa plus qu'à sauver des Irou-

Ïtes qui se montraient si dignes de ses soins. Sa reigion et sa foi en la providence ne furent pas trompées. Après quelques jours de marche , où les Romains firent bonne contenance devant les Perses, le rot, contre tout espoir, leur envoya oifrir là |jaix, A la vérité, les conditions n'étaient pas fort avantageuses. Mais l'armée romaine manquant ab» 6olument de vivres , allait infailliblenient périr, e| i l'on conclut une trêve de trente ans.

Avant qu'on eût pu recevoir «U's nouvelles de ce tiui s'} passait, le bruit- de la vengeance divine suc

Jftilien se répandit d'une .façon merveilleuse par tout rOrîent; Dans le temps du combat où il périt ^ un pieux grammairien d'Antioche s'entretenait avec le sophiste Libanius , à qui des talens distingués le liaient particulièrement. Celui-ci le plaisantant sur le christianisme , lui demanda : Que fait à présent le fils du charpentier? Il fait un cercueil pour sou plus grand ennemi , répondit le grammairien , d'ua ton prophétique que la publication de l'événement justifia bientôt (i). Dans l'Osroëne , à plus de vingt journées du camp de l'apostat, le fameux solitaire saint Julien-Sabas , alarmé des menaces de ce prince contre l'église , s'efforçait depuis dix jours d en détourner l'effet , en priant continuellement , et en versant des torrens de larmes. Tout à coup ses disciples lui virent prendre un front serein , et changer même son air nabituel de gravité et de componction en une gaieté fort extraordinaire. Ils lui en demandèrent la raison , et il leur répondit : Il est étendu sans vie , le sanglier féroce qui ravageait la vigne du Seigneur. On sut peu de temps après que> Julien était mort au jour et à l'heure que le saint l'avait annoncé (2). Le jour même de cette prédiction, Didyme l'aveugle , dans sa retraite d'Alexandrie , se sentant extrêmement chagrin pour la même cause que saint Sabas , passa la journée entière en oraison , sans vouloir prendre aucune nourriture. L'accablement de sa tristesse l'assoupit enfin^ et il vit en songe des chevaux blancs fendant les airs, et montés par des cavaliers qui criaient : Dites a Didyme , qu'aujourd'hui à sept heures Julien a été tué : leve-toi , Didyme , prends désormais ta nourriture avec joie , et fais savoir ce qui t'est révélé à l'évêque Athanâse. Didyme marqua le jour du mois et de la semaine , et jusqu'au moment précis de la révélation, qui était la septième heure de la nuit, comme on la comptait anciennement, c'està-dire , une heure après minuit. Tout se vérifia dans la plus grande exactitude (3).

(i) Soz VZ; 2» (2) Fhiloth. c» 3o. (3) Pallad. Laus. c. 4*

:t6o Histoire '

Maïs siir la première parole de cet illustre aveu^ gle ^ personiie ne fit difficulté de croire. Cétaît un prodige de génie, et il n'avait pas moins de piété. Ayant perdu la vue dès l'âge de quatre ans , il ne laissa pas , en écoutant les bons maîtres , d'apprendre parfaitement la erammaire , la rhétorique , la dialectique , la philosophie de Platon et d'Aristote, les plus hauts principes des mathématiques , les corollaires même les plus éloignés de leurs éléxnens , tels que la musique et l'astronomie que les anciens nommaient harmonique. Il s'appliqua heaucoup plus encore à la science de la religion , comme on en peut juger par son traité du Saint- Esprit contre les Macédoniens, qui nous reste en. latin , de la traduction de saint Jérôme. Il composa beaucoup d'autres ouvrages , qu'il dictait en notes à différens secrétaires. Il ne possédait pas seulement toutes les parties des saintes écritures , mais tous leurs interprètes célèbres , particulièrement Origène , dont tous les immenses écrits lui étaient familiers, et qu'il ne se lassait pas d'èxaller,en disant que ses censeurs ne l'entendaient point. Sa mémoire était comme un livre , où ce qu'il avait une fois entendu , demeurait imprimé d'une manière ineffaçable. Il se rendit en un mot si bon théologien , qu'on lui confia la fameuse école de 1 église d'Alexandrie , comme au maître le plus capable qu'on eût pu trouver dans un si bel âge , pour les sciences et les vertus ecclésiastiques. Ce choix plut infiniment à saint Atbanase. Didyme ne se rendit pas moins recommandable aux grands prélats d^Occident, tels que saint Hilaire de Poitiers et saint Eusèbe de Verceil, tant par son éminente vertu, que par son opposition constante aux ariens et aux autres hérétiques de son temps. Quand saint Antoine vint au secours de la foi catholique à Alexandrie , il rendit jusqu'à trois visites à ce grand homme. Un jour il lui demanda s'il n'avait point de regret d'être privé de la vue. Didyme eut quelque honte d'avouer ce qui en était. Comme il

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Iftè tépondaît 'rien , saint Antoine lui fît là mém^ question une seconde et une troisièirte fois. Enfin • Dîdyme avoua ingénument que cette privation ne lui était pas peu sensible; Je m'étonne, reprit Je saint , qu un sage tel que vous regrette Favantagè de la vue , dont les moucheron^ , les fourmis et les plus VHS insectes sont doués aussi-bien que Thomme ; au lieu .de vous réjouir de la faculté de voir et de posséder l'Etre suprême , que nous ne partageons qu'avec les âmes saintes et les bienheureux anges. Jl vaut incomparablement mlehx vojr de l'esprit , que de ces yeux charnels , dont un seul regard peut dans uil moment nous exclure à jamais de la vision béatifique de la lumière éternelle.

Après les prédictions sorties de tant de bouches respectables , on ne douta point que la droite du Seigneui* ne se fût enfin déployée. Mais quand la nouvelle en arriva du camp à Antioche , nul desf fidèles ne mit de bornés à sa joie. Autant les dernières menacés ^e l'apostat y avaient causé d'alarines , autant on s'empressa dans toutes les églises à rendre de dignes actions de grâce au vrai Dieu. Ce ne fut que pieuses réjouissances , qu'innocens festins dans tous les quartiers de la ville. Le peuple s'écria dans ses premiers transports : Où sont vos promesses , aruspices menteurs , impudens sophis-* tes ? L'Eternel a vaincu*; le fihrist triomphe du, mensonge et de l'impiété. Mais quand on eut re- trouvé dans le palais les amas effroyables de cadavres , toutes ces têtes d'hommes , de femnies et d'en-* fana, employées, comme on a vu, à d'infernales observances ; alors l'empereur parricide de ces îlo-| mains dont il se disait le père , ne parut plus qu'ua monstre digne de l'exécration publique.

Saint Grégoire de Nazianze composa presque sur le champ deux longs et sublimes discours , afin de ramener tous ces mouvemens au Seigneur , et de lever entièrement le scandale que peut causer la prospérité passagère des méchans. On ne saurait marquer d'une manière plus énergique, ni plui Tome 11 L

'tG^ Histoire .

^érîlablement éloquente, combien fut insensé ltf% dessein (l'abolir le christianisme, et plus encortf'-l! de contrefaire cette oeuvre du Dieu trois fors saint^ * comme l'apostat se t'était proposé dans son chimérique hellénisme. Peut-être même que le tableau ménage trop peu un empereur à peine e;ipiré , et envers qui l'on ne devait pas se croire tout-à-fait décharge du tribut de respect dû à sa dignité , quelles tpi'eussent été les qualités de sa personne,' . Mais sans faire valoir la dilFérence des mœurs ou  des imaginations orientales et des nôtras , le ciell venait de donner des marques si éclatantes de sa ■ vengeance contre Julien , que le saint docteur parut autorisé à représenter au naturel cet ennemi de Dieu. On serait également surpris d' entendre ce père , si orthodoxe et si bien décidé , exaller ■ l'empereur Constance , hérétique et persécuteur J.M si l'on n'en trouvait la cause dans le contraste do ■! l'apostat impie qui lui avait succédé immédiatement, avec un prince chrétien assez bien intentionné , selon (juelques autres pères , mais entoura sans cesse des plus habiles séducteurs , plus faible ou plus ignorant que méchant, et plutôt trompti sur la pei-sonne de saint Athanase qu ennemi de sa doctrine. Du reste on ne peut quadmii-er dans les discours de saint Grégoire de Nazianze contre Julien , outre son* éloquence et ses talens ordinaires , un amour sincère de la religion, avecunQ J piété revêtue de tous les charmes de l'esprit et da-1 sentiment. {

Il s'était depuis long-temps exefcé à cette sainta étude , avec son ami Basile , dans les solitudes du Pont, où ils n'occupèrent leui-s plus helles année* que de la pratique du bien et de l'étude des bopnes lettres. Grégoire venait d'être ordonné prêtre , comme malgré lui. Il n'avait jamais envisaga qu'avec ell'roi la sainteté et la capacité requise» pour le sacerdoce, quoique l'église eût un si grand besoin de ministres semblables à lui , contre «ne inlinité d'ennemis et d'enfans dénaturés qui dé^

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éfaîraient son sein. Le pèfe de Thiumble docteur p^îgnorait pas ses alarmes ; mais de concert avec les plus sages et les mieux intentionnées de ses ouailles , applaudies de tout le troupeau , il crut que cette défiance de soi-même était une raison de plus pour accélérer l'ordination. Le fils céda à la

Fremière impression du respect paternel , et à empressement de ses concitoyens. Mais revenant, peu de jours après , sur cette condescendance peu méditée d'abord , et se représentant plus vivement

3ue jamais la pesanteur de sa charge , il retourna ans la province du Ppnt auprès de son ami. La réflexion le ramena cependant à Nazianze pour la fêle de Pâques , dans la crainte de chagriner sou père, et de résister, comme Jonas, à l'ordre dur»., ciel : c'est ainsi qu'il s'en exprimait.

Basile était aile vers le même temps à Césarée sa patrie , et il se trouva présent à la mort de l'évêque Dianée, Eusèbe , son successeur , ehcore pevjk versé dans les connaissances propres de Fépiscopat J y voulut suppléer , en s'attacnant Basile , qu'il lit prêtre, et qui n'avait pas moins d'appréhension du saint ministère que son ami Grégoire.^ Mais il se soumit comme lui , à cause des besoin^ de l'église. Il ne s'attendait pas , qu'entre ses; épreuves , une des plus rudes serait le refroidissement du prélat à qui il était si nécessaire. Ce fut par^là même, c'est-à-dire, par un mérite supérieur a un rang subalterne , perspective presque toujours fâcheuse à celui qui occupe la première place, quo commencèrent , à ce qu'on pense , les mécontent temens et les mauvais procédés d'Ëusèbe. Il parut jaloux du crédit et de la haute estime qu'atti-raient à un simple prêtre son éloquence etsa vertu-^^ Les moines qui déjà regardaient Basile comme •leur niaître et leur chef, ne manquèrent pas de «e déclarer pour lui ; et ils entraînèr,ent la partie la plus nombreuse ainsi que la plus distinguée des fidèles. Les choses en vinrent à un tel point , qu'il j aurait eu schisme , sans la modestie et la ^vur

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dence ^u saint prêtre. Il prit le parti de se dérober à un peuple, doiit il ne pouvait plus coritetiir l'attachement excessif. Voilà pourquoi nous voyons,

au'assez peu de temps après avoir reçu le saceroce y il se retira de nouveavi dansée Pont avec Grégoire de Nazîanze. Là son zèle ne fit que chan-

Ser d'objet. Ne pouvant^ sur-toat depuis la grâce e sa consécration; demeurer oisif, il s'appliqua à cultiver la plus digne portion de la vigne da Seigneur , en conduisant dans les sentiers de la perfection une multitude d'ames privilégiées et rassemblées dans des maisons régulières , en le» formant par ses exemples , et en leur traçant ces règles sages qui bientôt se transmirent de toute

art , et qui le font justement passer pour le père

es cénobites de l'Orient.

Cette sainte profession , et tous les exercices de la piété chrétienne reprirent sous Jovien la faveur qu ils méritaient. Il ne rendit pas seulement les immunités et les pensions aux clercs et aux autres per- Bonhes consacrées à Dieii ; mais il rétablit généralement et sans délai tout ce que le grand Constantin , avec les plus pieux de ses fils , avait or- /donné en faveur du chiMStianisrae , et que Julien avait aboli. Du pays même des Perses, il écrivit aux gouverneurs des provinces , pour l'exécvition de ce desgeiii , et il attribua dans ses lettres les derniers malheurs des armes romaines aux impiétés qu'il s'empressait de faire cesser. Sitôt qu'il eut le pied sur les terres de l'empire , il publia un édît en règle , pour le rappel des évêques bannis, soit par Julien , soit par Constance ; il ^commanda de toute soii autorité , que les églises fussent rendues à ceux qui avaient conservé la foi de Nicée , et il écrivit en particulier à saint Athanase , qu'il regardait comme le principal défenseur de la bonne doctrine , pour apprendre de lui ce qu'un vrai fidèle était obligé de croire. (i).

(i) Soz. ti , 3»

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