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tcmentles Egyptiens d'avoir ordonné un snjet qtiî portait , dans son extérieur seul , la preuve de soa indignité. Ses longs cheveux, dit le pontife, étaienÇ manifestement contraires à la défense de saint Paul; et avec son habit idolâtre, bien loin d'êtr* élevé à l'épiscopat , il ne devait pas même passep
Sour chrétien. Lie corps du peuple et le clergé*' e la ville impériale furent également indignés de l'attentat de Maxime , qui chargé de la malédio tion générale , fut chasse deC. P.
Ces troubles pénétrèrent Grégoire d'une vive douleur. Résolu à quitter une place qui n'avait jamais eu d'attrait pour lui , il rassembla son peuple pour lui dire adieu. A la première propo^ sition , toute l'assemblée se récria avec alarme , et me voulut point entendre à tout ce qu'il s'efTortMb ^îe leur représenter. Afin même de le fixer par irtt| lien solide , ils lui déférèrent unanimement le titrft. d'évêque de C. P. , et le conjurèrent , les larmA:, aux yeux , de s'attacher à des enfans qui le rêvé' reraient toujours comme leur digne père: Le saïiit était bien éloigné d'acquiescer à leurs désirs; persuadé d'ailleurs qu'il ne lui élait pas permisd'accepter ce siège , sans y -être placé canon iquemeat parune assembléed'évèques. Tout ce qu'ils purent, obtenir , c'est qu'il resterait jusqu'à ce qu'on eût pris des mesures pour la surelé de la foi et de la tranquillité de leur église. Ce fut là le premier soin de l'empereur Théodose, quand il se rendit enfin à C. P. sur la fin de l'an 38o. Il fit déclarer sur le champ à l'évèque arien Démophile , que s'il voulait garder sa chaire en paix, il eût à embrasser la foi de Nicée. Sur le refus de ce pasteur hérétique , on lui enleva les églises. Ainsi le troisième jour après l'entrée de Théodose à C. P. , les ariens, dans toute l'étendue de la ville, furent chassés des lieux saints qu'ils possédaient depuis
Quarante ans , c'est-à-dire , depais l'usurpation 'Eusèbe de Nicomédie sur le saint évéqiie Paul.
^riiéodose rendit au contraire de grands honneurs à l'évêque Grégoire, et le voulut installer lui-même dans la grande église. Les citoyens applaudissaient avec de grandes acclamations , et s'écriaient que pour mettre le comble au bonheur public, il fallait donnera Grégoire la quah'té de
E^riarche. Les magistrats pressaient le peuple ; et s femmes , oubliant leur réserve naturelle , le disputaient aux hommes par la vivacité de leurs cris 6t de leurs démarches. L'humble Grégoire , si alarmé qu'il n'avait pas la force de parler , leur fit représenter , pour détourner indirectement le coup , que ce n'était pas le moment de régler \ds affaires; mais qu'on ne devait s'occuper, dans tine si heureuse révolution , que d'actions de grâ- <îes envers le Très-haut. Son extrême délicatesse , Qu plutôt son aversion des dignités lui faisait encore regarder l'acceptation du patriarcat comme peu régvilière , en conséquence du canon qui défendait à un évêque vacant d'occuper une église Tacante , sans l'autorité d'un concile légitime. Enfin il marqua tant de chagrin , qu'on craignit de lui faire violence ^ et il ne fut point institué ce jpur-là.
. Il se laissa persuader ensuite , que dans le cas extraordinaire où l'on se trouvait , l'utilité de Téglise devait l'emporter sur les formes , et mieux encore sur l'ordination irrégulière de Maxime. L'empereur le mit en possession de la maison épiscopale et des revenus du siège , qui passait pour très-riche. Mais le gouvernement arien n'ayant été
Ju'une déprédation , le saint évêque trouva tout ans un dérangement déplorable. On lui conseillait de procéder d'abord au recouvrement, par d'exactes recherches : un autre soin lui parut beaucoup plus pressant. Les ariens , quoique si méprisables aux yeux de l'empereur , ne laissaient pas de conserver dans l'état une partie de leur ancienne considération. Les macédoniens se trouyaieut de plus en grand nombre ds^ns la .ville im^
périale ; les novatiens même et les apollmarîstes y possédaient des églises. Théodose se laissa persuader par son sage pasteur , qu^il importait ayant toute chose de chercher un remède a de si grands maux. Le plus avanjtageux ipi'on imagina, ce fut. de célébrer un concile de tous les évêques de l'Orient. Les Occidentaux ne furent point appelés ; tant parce que les hérésies en question étaient peu accréditées par^li eux , que parce qu'ils n'obéissaient point à Théodose y parles soins de qui ce concile se tint et se convoqua.
, Quelques savans prétendent que le souveram
Kntîfe Tut le premier mobile de la convocation, fondent leur sentiment sur une lettre des pères de C. P. au pape saint Damase , où ils lui disent , qu'en vertu de celle qu'il avait adresséle à l'em-'
Sereur l'année précédente , ils s'étaient assembles ans la capitale de l'empire d'Orient. Mais ces écrivains n ont pas fait attention aii passage décisif où Théodoret dit expressément, que ces lettres des- Orientaux ne furent écrites à Damase , qu'aprè» le concile d'Aquilée , que précéda incontestad)le^ ment le premier concile de C. P. (i). Elles concernaient directement la seconde assemblée ^ qui! se tint peu après la première dans la même ville de C. P. , et qui ratifia tout ce qu'on y avait fait , ce qui peut avoir contribué à la faire regarder par la suite , comme un concile œcuménique , sans que le pape eût influé plus particulièrement dans sa convocation. Quoi qu'il en soit , ce concile s'assembla au mois de Mai de l'an 38 1. Il s'y trouva cent cinquante évêques orthodoxes , dont les plus connus sont saint Mélèce d'Antioche ; Hellade, du grand siège de Césarée , où il avait succédé à saint Basile ; les deux frères du mêmesaint , Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste , aussi honorés par l'église ; saint Amphiloque d'Icône et saint Cyrille de Jérusalem. Les évêques
(i) Lib, ▼ , c. 9.
i'Egyptc et ceux de Macédoine arrivèrent quelque temps après ceux dont nous venons de parler. Théodose fit même admettre les évêques de la tecte de Maeédonius , dans l'espérance de les réunir irrévocablement à l'église , et il y en eut trentesix des sièges voisins , la plupai'^t de l'HelIespont. On avait tout lieu de bien augurer de leur foi , depuis la fameuse députation d'Ëustathe de Sébaste vers, l'église romaine. Tout récemment encore, ils avaient communiqué avec les catholiques , sans condition et sans restriction. Nonobstant ces préjugés favorables , ils firent bientôt douter qu'ils eussent jamais procédé avec une droiture reli- ;ie.use , ou du moins générale. On les entendit tout coup déclarer , avec le dernier scandale , qu'ils admettraient plus volontiers le pur arianisme que la doctrine de la coiisubstantialité : après quoi , ils ^e retirèrent brusquement du concile , en éclatant de toute part contre la foi de Nicée. Depuis cet emportement des macédoniens ou demi-ariens, tolères auparavant en beaucoup d'endroits , ils furent anathématisés par le concile , et généralement limités comme hérétiques notoires. Tout ceci arriva dès le commencement de l'assemblée.
C'était le patriarche d'Antîoche , saint Mélèce , qui pour lors y présidait , et qiii reçut de l'empereur des témoignages extraordinaires d'estime et de bienveillance. Théodose n'étant encore que général de Gratien , avait cru voir en songe un vénérable vieillard le revêtir du manteau impérial (i)* Peu de temps après, il parvint effectivement a l'empire. Quand les pères du concile vinrent le saluer en corps , il fut d'abord frappé de l'aii* majestueux de l'évêque d'Antioche, qui paraissait à leur tête; puis en le fixant, il reconnut le vieillard mystérieux qui lui avait apparu, et dont les traits lui étaient restés profojidément imprimés dans l'esprit : il courut à lui , l'embrassa plusieurs
(i) Theodor. v , '6 et 7-