‹ Histoire de l'église. Tome douzième (volume 2)Chapitre 27 sur 50 · DE 1.^ E G L I S E · texte numérisé non relu

DE 1.^ E G L I S E

Pusurpateur , lui fit les promesses les plus magnifiques. Les rebelles s^étant emparés du passage des Alpes-Juliennes, par où il fallait arriver dlUyrie , on y érigea des idoles à Jupiter ; et celle d'Hercule (décora le principal étendard de la faction. Le faxaeux autel de la victoire ^ tant de fois attaqué et défendu 9 comme Tare -boutant de Fidolàtrie ro^ maine,etque le dernier empereur avait si expresse-* ment empêché de rétablir ; le rétablissement en fut ordonné ^ avec la restitution jàn revenu deâ temples.

Quand le saint archevêque de Milan apprit cette scandaleuse nouvelle , il crut ne pouvoir se dis* penser d'en écrire à Eugène; et il usa de cette fer* meté sage^ qui honorant la grandeur, est incapable de la flatter , dans le péril même de la vie. La lettre ne fut pas mal acueillie ; mais elle n'opéra rien*' Eugène s'en excusa sur les obligations qu'il avait à Arbogaste et à Flavien. Mais comme il venait à Milan , l'archevêque en sortit en diligence pour aller à Boulogne , sous prétexte d'une translation des saints martyrs Vital et Agricole , à laquelle il était invité. Il assista en effet à la translation . et il emporta quelque partie des reliques, c'est-à-dire, des doux et de la croix où les martyrs avaient été attachés : car pour les corps saints, il n'était pas encore d'usage de les partager. Il arrivait même •Mrement qu'on les transférât : comme il est cons^ tont par une loi de l'année 386 , où Théodose fait défense de transporter un corps humain d'un lieu a un autre ; de vendre ou d'acheter le corps d'un «lartyr , en permettant néanmoins de faire tel édifice qu'on voudra pour en honorer la sépulture. •De Boulogne , saint Ambroise alla jusqu'à Florence, où il plaça les reliques de saint Vital , sous l'autel d'une église dont il fit la dédicace , et qu'on nomma -la basilique Ambroisienne.

A Florence , il logea chez un citoyen distingué

Î)ar son rang et sa religion , nommé Décence , dont e fils Pansophius ; encore enfant; était tourmenté

par le malin esprit. Le saint évêijuele guérît, en priant et en lui imposant les mains', mais l'enfant Hionrnt quelques joui-s après. Le Seigneur ne permettait cette épreuve que pour donner lieu , par un redoublement de foi , à un bienfait plus mer- ■veilleuTï. La mère , qui avait une grande piété , porta le corps de son fils dans l'appartement qu'occupait le saint , et le coucha sur son lit pendant qu'il était dehors. Touché àson retour de ia foi de la mère , le saint évèque se sentit inspiré de lui en obtenir la récompense. Il s'étendit , comme fit Elisée, sur le mort, et lui rendit de même la chalenretlavie: puis le présentai sa mère (i). IJ composa par la suite un petit livre adressé à cet enfant, afin de lui faire prendre dans Vâge viril les sentimens convenables à un homme qui n'y était parvenu que par un miracle. Saint Amhroise revint a Milan quand il sut qu'Eugène en était parti pour , marcher contre Théodose.

Pendant l'absence du zélé pasteur , le tyran ," Jans la vne de se ménager avec tout le monde , avait voulu assister au saint sacrifice et y présenter son offrande. Mais l'esprit d' Amhroise restait dans son église. Ses dignes ecclésiastiques , non contens de refuser les offrandes teintes du sang de leur souverain , ne voulurent pas même admettre à la prière l'intrus décoi'é de ses dépouilles. Arbogaste et Flavien en parurent furieux ; mais ce n'était pas le moment de se venger. Ils ne firent que menacer, et protester qu'en revenant victorieux,, ils obligeraient le clergé uni n'avait pas voulu prier avec Eugène de porter les armes sous ses drapeaux , et qu'ils feraient une écurie de la basilique (2).

Cependant Théodose approchait des montagnes avec son armée. Sapins grande inquiétude concernait les passages que le préfet Flavien occupait avec des troupes nombreuses d'idolâtres. Mais ce commandant fut d'abord forcé ; et s'étant fait tuer Je

(i) J^aul. ni- 4inbr. ç. aC, n. 28. (i) Ibid. n.Zi.

désespoir ,'

D B l' È G L I S E. âô^

<tlesespoir , les rebelles abandonnèreat sans résistance tous les défilés. Toutefois à la descente des montagnes y quand les officiers de Théodose virent deft plaines immenses Couvertes des gens d^Eugène , dont le nombre prodigieux surpassait encore de beaucoup leur attente , quelques-uns propos.èrent de rentrer en Illyrie pour y rassembler de plu$ jgrandes forces , et se mettre en état de combattre avec moins dMnégalité. Mais Fempereur montrant de la main les croix peintes sur ses étendards ; à Dieu ne plaise , s'écria-t-il , que nous accusions dé faiblesse ce signe vainqueur de Tenfer^et que noué le fassions honteusement reculer devant rimagé d'Hercule (i)!

 ces mots , le combat s'engagea par les troupe^ auxiliaires ^ Ibères ', Âlains et Goths ^ qu'il avait dans son armée. Le prince des Ibères fut tué y et les Goths ne purent soutenir la valeur d' Arbogaste ^ qui en coucna plus de dix mille sur le champ de bataille. Alors Théodose redoublant sa foi , se jette à genoux , et dit à voix haute : Dieu puissant et )uste ! vous connaissez le fond de mon ame ; JQ crois avoir entrepris cette guerre en votre nom , à qui seul appartient la louange et l'honneur. Si la vanité me faisait illusion j que votre bras jne s'ap-f pesantisse que sur moi seul y et ne permettes pas que les gentils demandent en blaspbémant où est liotre Dieu. La nuit survint a propos ^ et Tenipereur en passa la meilleure partie en prières. li s'endormit enfin, accablé de fatigue et d'inquiétude* Il lui apparut en songe deux hommes vêtus dé blanc ) qui se dirent Jean l'évangéliste et l'apôtre l^hilippe ^ et qui lui promirent la vitltoife pour lé

aux officiers de sa troupe d'où la nouvelle en re^ vint à l'empereur , et se répandit en peu de moment

{i) theod. V, 14.

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