‹ Histoire de l'église. Tome douzième (volume 2)Chapitre 41 sur 50 · Tome IL ft · texte numérisé non relu

Tome IL ft

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infidèlesqui accouraient joui-nellementàsa colonne^ elqui lui vojaientopérersur eux-mêmes unnombre infini de guerisons miraculeuses , ont donne à ces prodiges une célébrité qui s'est transmise d'âge en âge jusqu'aux derniers siècles. Théodoretqui Tavaife TU etenlrelenu plusieurs fois pendant la longue durée de sa vie merveilleuse , et qui en écrivit alors. • f abrogé, prend à témoin, sur ce qu'il en rapporte, toutes les personnes de son temps (i). Il prévoyait cependant la peine qu'aurait la poslérile à croire ces faits bien plus vrais que vraisemblables. Ce qui se passe , dit-il à cet elTet , est si fort au-dessus de rhumanité , que mon récit attesté, pour ainsi dire, par tous les bomraes vivans , aura dans la suite l'air d'une fable, aux yeux de ceux qui , ne connaissant pas les cboses divines , mesurent tout ce qu'ils entendent , par les forces de la nature.

L'histoire de sainte Marie d'Egypte n'est nï moins merveilleuse ni moins certaine que celle de saint Siméon (3). Après que cette péciieresse ■prédestinée se fut abandonnée pendant dix-sept ans aux passions de la jeunesse^ avec un emportement pou commun jusque dans les personnes les plus décriées , le bras miséricordieux du Seigneur la retira, comme malgré elle, de l'abyme d'iniquités OÙ elle se plaisait a s'enfoncer davantage de jour en jour. Elle alla , de ia ville d'Alexandrie , théâlro ordinaire de ses honteuses débauches , à la ville sainte de Jérusalem , dans le dessein d'y tendre des pièges à la piété même des pèlerins , et d'y satis- faire toute la fongue de ses passions , parmi les étrangers sans nombre qu'attirait la solennité prochaîne de l'Exaltation de la Croix. Le jour de la lete , comme elle voyait tout le monde accourir au lieu saint, elle voulut siiivre la multitude. Elle se sentit repoussée invisiblement, dès qu'elle fut sur la place , à la vue de l'église : cependant ello avança jusqu'à la porte avec une peine et des ellbrts

(ij Thcod. Philoth. p. 883. (1) BoH, a Apr. p. 63.

y^jÉiiifT— ^^

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prodigieux ; mais alors ne pouvant plus iaire un pas en avant , quelque mouvement qu'elle se don* nât, ^le se retira dans un Coin du peristile, tandis que tout le monde entrait librement.

Demeurée seule et confuse liors du lieu saint ^ elle conçut que c'était la corruption de sa vie et l'indignation du Seigneur aui lui en fermaient l'entrée. Fondant aussitôt en larmes et poussant des soupirs atners , elle déteste tant ses crimes passés que l'impureté de ses derniers desseins , et promet

Su'aussitôt après qu'elle aura eu la consolation 'adorer le bois sacré où l'Agneau sans tache a répandu son sang pour nous laver de nos souillures , elle renoncera à toutes les voluptés et les délices du siècle, et qu'à l'heure i^éme elle ira s'ensevelir dans quelque désert affreux qu'il plaise au ciel de lui assigner pour retraite. Marie , après cette

f prière , ne trouva plus d'obstacle ; elle entra dans 'église , elle adora la croix ; puis tenant sa pro^ messe , elle se retira dans les déserts qui sont k l'orient du Jourdain , où elle n'emporta que trois pains pour toute provision. Il y avait quarante-sept ans qu^elle y était , quaûd un solitaire de Palestine , nommé Zozime^ consommé dans la vertu et favo^ risé des dons les plus signalés d'en-4iaut , fut conduit vers elle pour se guérir d'une tentation de vanité. Comme l'enflure de son imagination , on le malin esprit lui représentait que personne ne le surpassait, ni dans la science ni dans la pratique des choses du salut , il se présenta un homme qui lui dit d'aller dans un monastère situé au bord du Jourdain. Zozime obéit, quitta la communauté où élevé dès l'enfonce il avait déjà passé cinquantetrois ans 9 et se rendit au lieu qu'on lui indiquait^ Ce n'était pas précisément dans ce monastère qu'il devait trouver l'objet si capable dé l'humilier ; mais la coutume y étant établie de passer le Jourdain et de se retirer dans le désert pendant le carême, afin de se préparer à la célénration de la* Pâque par le plus profond recueillement , Zozim^

Bia Histoire

suivit celte sainte pi'atique. Il s'enfonça même clan* ces vastes solitudes beaucoup plus que les frères , toujours occupe de la pensée de rencontrer quel-

3ue solitaire plus parfait. Après avoir marché urant vin"! jours , comme il s arrêtait sur le midi pour faire la prière de sexte , il aperçut à quelque âistauce , sur la droite , une figure humaine si noire et si décharnée, qu'elle n'en paraissait que l'ombre. Il fut d'abord saisi d'eifroi , imaginant que c'était une illusion du démon; mais s'étant armé du signe de la croix, il acheva tranquillement sa prière; puis tournant les yeux vers l'objet de son appréhension , il vit une personne qui lui semblait nue et qui marchait très- vite du côté de l'Occident. C'était la pénitente égyptienne dont l'ardeur du soleil avait rendu le corps tout noir , excepté les cheveux d'une blancheur extrême, et semblables à une touffe de coton qui hii eût enveloppé la tète. Zozime plein de joie courut du côté de ta sainte, qu'il prit pour un homme; mais elle s'enfuit avec une vitesse extrême vers le fond du désert.

Zozime ne la pouvant joindre, se mit à crîer en pleurant et en se lamentant : serviteur de Dieu , pourquoi fuyez-vous un pauvre vieillard qui ne veut que s'édifier et recevoir votre bénédiction? Abbé Zozime, répondit-elle, je suis femme, et dans une nudité où la bienséance ns'me permet pas de paraître à vos yeux. Jetez-moi votre manteau, si vous voulez que je m'arrête. Zozime épouvanté de s'entendre appeler par son nom , lui jeta son manteau. Ilsélaientparvenus,encourantf uneti autre, jusqu'à un ravin profond , où Marie descenditencore ; mais étant montée de l'autre côté , elle s'y assit, couverte du manteau. Zozime s'arrêta sur le bord où il se trouvait , et la supplia de lui apprendre qui elle était, d'où elle venait, depuis quel temps et pour quel sujet elle menait une vie si extraordinaire. Enfin , lui dit-il, ne me cachez rien de toutes les merveilles qui vous coucerneut.

fet qui doivent tourner à la gloire du Tôut-puissant. Ne tenez pas plus long-temps la lumière sous le boisseau, et que la crainte de la vanité ne vous fasse pas ensevelir tant de sujets d'édification dans un silence infructueux. Je prends à témoin le Dieu

Four qui nous vivons l'un et l'autre, que dans état de vieillesse et d'infirmité où je suis, je ne saurais avoir été-conduit si avant dans ces déserts , que par le dessein qu'il a eu de manifester ce que vous avez fait pour sa gloire.

^ " de

Îrue j'ai bien plus lieu de craindre que ]e ne vous asse horreui^n me faisant connaître à vous ! Non, vos oreilles ne pourront entendre les excès affreux • que j'ai à me reprocher; et si j'expose à vos yeux le tableau effrayant de mes iniquités , vous allez fuir à ma voix, comme au souffle mortel d'ua monstre venimeux. Je vous dirai tout néanmoins , avec autant de candeur que de confusion ; n^ais intéressez- vous au sort éternel de cette misérable pécheresse, et ne cessez jamais de prier le Seigneur qu'il me juge dans sa miséricorde.

Là-dessus, elle lui raconta, avec les signes lès plus attendrissans d'humilité et de repentir, dans quels excès de libertinage elle avait passé ses premières années , et comment elle s'était convertie dans le voyage de Jérusalem , qu'elle avait entrer pris avec un dessein bien différent. Mais la divine bonté , reprit-elle , conduisait par la main cette aveugle pécheresse, et la reine des vierges, que î'avais si mal imitée , daigna me servir de caution auprès de son fils. Ce fut par son inspiration que je passai le Jourdain, après m'étre munie aupara* vaut du viatique salutaire du corps et du sang de Jesus-Christ dans l'église de saint Jean-Baptiste , au bord du fleuve. Je m'enfonçai aussitôt après dans des lieux si abandonnés, que , depuis tant d^années que j'y suis, je n'ai vu aucun être vivant , pas même une brute. De quelle nourriture a vez-vous

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donc vécu , demanda Zozime ? Trois pains fjne j'avais apportés me suffirent pour plusieurs années; après cjuoi je me suis nourrie des herbes que j'ai trouvées dans ces déserts. Zozime lui demanda "encore s'il ne lui en avait pas coulé beaucoup d'efforts pour persévérer , et si elle n'avait pas éprouvé de rudes tentations. Ah ! Zozime , s'écria-t-elle , ce que vous louchez là me fait encore frissonner d'horreur. Mes passions, comme autant des bétes féroces , mont tourmentée autant d'années que j'ea avais passé à Jes salisfairc. Pendant dix-sept ans entiers , j'ai senti mon sein dévoré par toute lar-' deur des flammes impures. J'avais encore eu la passion du vin ; et bien souvent je me suis trouvée sans une goutte d'eau , dans les plus grandes extrémités de la soif. Mes babils étant tombés par lam- • beaux, ] eus alternativement beaucoup à souIFrîr ■ du froid et de la chaleur : souvent je tombais évanouie, et demeurais comme morte, sans aucun mouvement. Les démons joignant leurs fureurs à tant d'autres attaques, m'environnaient comme des lions qui respirent le sang et la mort; et aussitôt je me sentais horriblement tentée. Alors je me frappais la poitrine , en me ]>vosternant contre terre, je l'arrosais d'un ileuve de larmes , j'invofjuais la plus pure des vierges, ma protectrice et ma caution, et toujours elle m'a rendue triomphanle de tant d'ennemis.

Zozime lui egtendanl citer des passages de l'écriture, lui demanda si elle avait étudié. Non, ré- Sondit-elle en souriant, je n'ai jamais rien appris 'aucune créature : mais c'est Dieu qui enseigne les hommes , et qui n'a pas besoin pour cela d'organes extérieurs. Au reste, ne me questionnez pas davun- M tage ; et de tout ce que je viens de dire, je vous I conjure , par la croix de notre Rédempteur , de ^ n'en rien révéler à personne , avant que Dieu m'ait retirée de ce monde. L'année prochaine , n'entreprenez pas de passer le Jourdain dans le même ^K temps que les autres solitaires du mo^astcre où 1

VOUS habitez ; mais quand vous le voudriez passer , il ne serait pas en votre pouvoir de le faire avant le jour de la cène du Seigneur. Pour lors apportezmoi le corps et le sang de Jesus-Ghrist que ]e désire ardemment -de recevoir, et attendez-moi sur lé bord du fleuve , du côté de la terré habitée. Apres ces paroles , elle se recommanda de nouveau à ses

Î)rières , et prit tout à coup la fuite vers les réduite es plus sauvages du désert. Zozimesemitàgenoux, baisa la terre qu'elle avait touchée de ses pieds ; puis repVit , en louant Dieu , le chemin du monastère , où il arriva , comme ses frères ^ pour Iç jour des Rameaux.

Il garda un religieux silence sur tout ce qu'il avait appris , et il attendit aveë impatience que l'année s'écoulât. Mais dès le premier dimanche du carême , quand les autres solitaires sortaient

f^our passer le Jourdain , il fut attat[ué de la fièvre. 1 se souvint de ce que la sainte lui avaif prédit , qu'il ne pourrait sortir du monastère quand il le voudrait. Il guérit au bout de quelques jours , et le jeudi saint , prenant avec lui les sacrés mystères , il partit en diligence , gagna le bord du Jbiirdain , et s'assit sut' la rive que la sainte pénitente lui avait indiquée l'année précédente. Bientôt le* momens lui parurent extrêmement longs. Il craignit d'avoir manqué le temps convenu , et que la sainte étant arrivée la première sans l'avoir trouvé, n'eût repris la route du désert. Il porta ses regards de tous côtés sur les rives du fleuve; et n'apercevant aucune barque , il appréhenda qu'elle n'eût été dans l'impossibilité de le passer. Comme ce souci l'agitait , elle parut tout à coup ; et après avoir fait le çigne de la croix sur les eaux , elle marcha sur leur surface. Saisi d'un religieux effroi , Zozîme s'inclina devant elle ; mais elle lui cria : Que faitesvous , prêtre du Seigneur, dispensateur du plus sacré de ses dons ? Elle le pria de réciter le symbole et l'oraison dominicale ;' et après avoir communié , elle lui fit promettre qu'il reviendrait ^an^ée sui-

6i6 Histoire

Tante , jnsqu'au torrent où il l'avait trouvée lit première fois. Zozime lui baisa les pieds, les arrosa de ses larmes , l'engagea à prier pour l'église , pouiT l'empire , pour Kii-mème, et il ne pouvait se résoudre à la laisser aller ; mais il ne pu! la retenir lougtemps : ell£ lit une seconde fois le sisne de la croiaT sur le fleuve , et retourna comme elle était venue ,■ en marchant sur les eaux.

L'année suivante, Zozime exécuta avec empressement la promesse qu'il avait faite à la sainte ; mais étant arrivé prèsuu ravin, il la trouva morte. Je visage tourné vers l'Orient , et les mains croisées. Il répandit sur ses pieds un torrent de larmes, sans oser porter la main sur ce saint corjis. Comme ensuite il chantait les pseaumes et récitaitles prières i de l'église , il lut ces paroles écrites sur le sable : Mon père Zozime , rendez à la terre ce qui vient de la terre, et priez pour la pécheresse Marie, morte la nuit même de la passion du Seigneur , igprès avoir participé aux saints mystères que vous lui aviez apportés. Il eut beaucoup de consolation d'apprendre le nom de cette sainte , qu'il avait oublié de lui demander: mais il ne savait comment , s'y prendre pour creuser la fosse à laquelle il avait été .bien éloigné de penser. Il Gt de vains efforts ,' avec quelques morceaux de bois j il était si affaibli par les austérités et la terre si durcie par la sécheresse, qu'il perdait toute espérance , quand il vit approcher un énorme lion ,<[ui vint lécher les pieds de la sainte. Iloi des animaux, lui dit- il ,

Suisque notre Créateur t'envoie , afin que le corps e sa servante ne demeure pas sans sépulture, rcmtilis ta commission , etdonne-moi lieu de consommer a mienne. Le lion eut bientôt creusé une fosso snUisante ; et Zozîme y mit le corps de la sainte , enveloppé du manteau qu il lui avait laissé. De re-^ tour au monastère , il raconta tout ce qu'il avait \u et entendu , vécut avec un redoublement sen-i Bible , tnnl d'humilité que de piclé , et ne mouiu^ qu'ai à^e d' environ ceiit ans. L é^\m l'hoporejainsi'

M^^ài

eue sainte Marie d'Egypte; celle-ci le second jour a Avril , et Zo^ime le quatrième. Cette histoire fut écrite par un auteur contemporain , sur la relation des moines qui la tenaient ae ce saint abbé.

Non loin des lieux où se donna ce grand exemple , un évêque de Perse, nommé Abdas, abattit un temple consacré à l'adoration du feu. Les mages. §'en plaignirent au roi Isdegerde , qui se contenta d'orcfonner à l'évêque de rétablir le temple à ses dépens. Il eût mieux valu sans doute contenir un zèle indiscret , que de se mettre dans l'alternative embarrassante,ou de bâtir un templeaux fauxdieux, ou d'attirer au christianisme une cruelle persécution. Mais enfin révéque , après une faute d'imprudence,eu t horreur a un scandale sacrilège et fort ressemblant à l'apostasie. Le roi le fit mourir, et ruina par représailles les églises des chrétiens. Tel fut le commencement d'une horrible persécution qui dura trente ans , sous trois règnes consécutifs..

On ne saurait peindre tous les rafiînemens de cruauté qu'on y exerça sur les fidèles. On écorcha les mains à quelques-uns, à d'autres le visage depuis le front jusqu'au menton, ou le dos tout entier; on leur enfonça des pointes de roseaux sous les ongles^ ou par une invention aussi infâme qu'inbu-. maîne , en des parties du corps plus sensibles; on les jeta pieds et bras liés en de grandes fosses , où l'on mettait en même temps des milliers de gros rats qui les rongeaient tout vivans; on leur coupait les membres l'un après l'autre , et pièce à pièce à chaque jointure , en sorte qu'j^n nf^kissait que? la tête avec le tronc , jusqu'à ce que la violence de la douleur ou la défaillance les fit expirer. Le nombre des martyrs fut 'presque infini. Les plus connue sont Hormisdas , homme de la première qualité , Suénès , Jacque et Benjamin.

Mais cette persécution , toute violente qu'elle était , servit à étendre plus loin que jamais la doc* trine salutaire qu'on voulait étouffer. Les Sarrasins, pQur la plupart sujets du roi de Perse , habitaient

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les frontières du royaume du côté des Romains." Par te conseil des mages, Isdegerde leur fit joindre de garder les passages, jiour empêcher les cliréliens de se réfugier sur les terres romaines A^pebète , l'un des chefs des Sarrasins , fut si touelle de compassion, que loin d'arrêter un seul clirë- n tien , il facilita de tout son pouvoir leur évasion ; ' ce qui étant parvenu à la connaissance du roi,'

I)ar le moven des mages , le Sarrasin se relira cliéss,! es Romains avec son Qls Térébon et toute sa far mille. Térébon était paralytique de la moitié du corps depuis son enfance. Lesrapports qu'il eut avec les chrétiens , lui donnèrent lieu de faire des ré-' flexions salutaires sur l'impuissance de la médecine' et de la magie même, qu'on avait employées suc-* cessivement pour le guérir. Un jour qu il était tout; pénétré de ces sentiraens : Grand Dieu, s ccria-t-il^' Etre créateur , qui avez fait de rien le ciel et la terre, et qui avez manifesté votre gloire aux chrétiens , signalez de même votre puissance hienfaisanle en me guérissant , et sur le champ je renoncerai à tout autre culte pour embrasser leur religion. Il s'endormit a|»rès cette prière, et vit en songç un solitaire , dont tous les traits lui demeurèrent profondément empreints dans l'esprit : il avait le visage rond , rœil gai , un air doux et affable , la taille médiocre ; et une barbe vénérable qui lui descendait jusqu'à la ceinture. Viens mel trouver, dit-il, à ïérénon , au lieu ordinaire dç" ma demeure , et je te guérirai ; ]i suis Euthymiusj'

Jui habite dans l&désert oriental , à dix milles dé' srusalem, ■

Saint Euthymins était néà Mélitineen Arménie, d'unefaraille aussi distinguée par les vertus que par la noblesse (i);mais la merveille même de sa naissance fît encore beaucoup mieux espérer de lui , que tous ces avantages de ses proches. 1! fut accordé à leurs vceux , comme ils priaient dans

(i) yit. Eulh^m. in Annal. Cr,

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Féglise du martyr saint Polyeucte , dans un temps où ils commençaient à désespérer d'avoir jamais des enlans. Son nom seul fut comme le signe et le garant des faveurs du ciel. Une voix céleste se' faisant entendre à son père et à Sa mère , proféra par deux fois le mot grec euthymeite , qui veut dire ayez bon courage (i). Elle leur enjoignit ensuite de jiommer ainsi l'enfant qu'elle leur promettait; parce jue sa naissance ferait repi'endre courage à l'egKse. £n conséquence , il fut appelle Eutliymius , voué au Seigneur , et élevé comme un enfant qui appartenait moins à son père qu'à &on Dieu. Saint Otrée, évêque de Mélitine , le fit passer par tous les degrés de la cléricature ; et l'ayant enfin ordonné prêtre, il lui confia le soin des monastères de son diocèse , parce qu'il avait toujours remarqué en lui un grand attrait pour la solitude. Mais cette occupation parut encore trop dissipante à ce nouveau Jean-Baptiste. Il s'éloigna de toute habitation humaine; et de retraite en retraite plus rigoureuseTuneque l'autre, cherchant par-tout à établir la -vie de l'esprit sur ]a mort des sens et Foubli du monde , il se fixa dans une caverne , dont l'ouverture donnait sur le bord escarpé et très-élevé d'un torrent , et où l'on ne parvenait qu'en gravissant avec peine. Il s'éta-? blit par la suite dans un monastère au-dessous: mais Euthymius en laissa la conduite à son ami Théoctiste , et demeura toujours dans sa caverne. Il vécut ainsi jusqu'à l'âge de quatre-vingt-seize ans , durant lesquels il ne cessa de faire adjnirer comment , avec l'esprit de Dieu , la plus profonde solitude n'empêche pas de servir 1 église. Il lui procura une gloire et des ayantaces infinis, nonseulement par le grand nombre d'imitateurs qui trouvèrent le. salut sur ses traces , mais par le zèle «âge et pur avec lequel il employa l'ascendant de ses vertus à faire révérer les décisions des pas-

(i) Ibid» p* 7.

Histoire leurs légitimes que les novateurs mëconnaitre.

Aspebète voulut iconduire lui-même son fils àsaint Eulliymîus : ils fui-ent suivis par une grande multitude d'Arabes , tant de leur escorte , que de' ceux que l'attente d un miracle-atlirait en bien plus grand nombre. La troupe était si nombreuse, que les moines qui habitaient, au bas de ia montagne les prirent dans uji jireraier sentiment d'efiroi , pour des barbaces accoutumés au pilla"e. Mai» Aspebèle les eut bientôt rassurés partons les signe» de ses dispositions religieuses : il se fit annoncer aa saint, il manifesta le sujet de son vo\age et la vision qui lui en faisait espérer le fruil. Èutbymiiis regardant cette première faveur comme un gage de la seconde , et comme un ordre du ciel, il descendit sans diflicuUé vers Térébon , qui reconnut aussitôt dans ce saint le vieillard mystérieux qu'il avait vu en songe. Lbomniede Dieu , par un signe de croix, le guérit sur le champ (i).

Les Sarrasins saisis d'admiration Se jetèrent par terre en confessant la puissance de Jésus -Christ, et en demandant à grands cris qu'on leur donnât le baptême; mais Eutbymins voulut s'assurer de la sincérité de leur foi. Après avoir fait des espèce* de fonts baptismaux dans un coin de sa caverne , il. les instruisitdes points essentiels denoire croyance, puis il les baptisa; premièrement Aspebète, qu'il nomma Pierre , et Maris frère de la femme uAspebète : c'étaient les principaux de la nation , autant par leur sagesse que par leur puissance; ensuite Térébon, et la multitude. Il les retint quarante jours auprès de lui , tant pour achever de les instruire , que pour les affermir dans la doctrine du salut ; après quoi , il les congédia. Mais le beaufrère d'Aspebète ne voulut plus sortir du monas— tère : il donna tous ses biens pour le rebâtir et: ]e faire plus grand qu'il n'était , renonça à loutça

(r) Pag. 21.

les choses de la terre pour embrasser luî-même la •Tie monastique , et s'illustra parmi les plus grands serviteurs de Dieu. Depuis la guérison de Térébon , les malades se faisaient porter en foule vers saint JEuthymius , dont le nom devint en peu de temps célèbre par une infinité de prodiges.

Cependant les Perses s'offensèrent de ce que leurs sujets chrétiens cherchaient un asile dans 1 empire. Ils en firent des plaintes , puis des menaces également inutiles. On en vint à une guerre ouverte , 3ui se fit avec beaucoup d'animosité de part et 'autre (i). ElJe fut malheureuse pour les Peines , ui , après plusieurs combats désavantageux , périrent une nataille décisive , dont la nouvelle parvint à Constantinople lé 6 Septembre 421. La paix se fît la même année , et mit fin à la persécution , au moins pour quelque temps , à l'occasion que je vais dire.

Les Romains avaient conduit dans la ville d'Amîde sept mille prisonniers , qu'on y laissait périr misérablement , faute de subsistance. L'évêque Acace rassembla son clergé , et parla ainsi : Notre Dieu qui s'est fait homme pour nous mettre en liberté , estime beaucoup plus la vie des hommes qu'une multitude de vases d'or et d'argent dont il n'a pas )>esoin : faisons-les donc servir à délivrer ou à nourrir ces pauvres captifs. On fondit ces vases ; on fournit des vivres aux malheureux, et bientôt on les mit en état de retourner libres dans leur pays. Vararajie qui régnait depuis la mort de son père Isdegerde, fut touché de cet^e action , conçut une haute idée delà religion qui Tinspirait, voulut voir l'évêque qu'il combla d'amitiés , et défendit d'inquiéter davantage les chrétiens.

Durant la guerre de Perse , il survint pluàîeurs événemens extraordinaires qui parurent miraculeux , et qu'on attribua aux brillantes vertus qui florissaient à la cour de Théodose le jeune. La prin-

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(i; Socr. Ti ; 18.

6î3 II I s T O I n E

cesse Pulquérie était le premier mobile miî mtUaTt font en action. Non contente de former i'empereiir son frère à la piété et axi\ vertus clirétiennes, elle s'etforçait encore de vaincre l'indolence naturelle qu'elle remarquait dans ce prince , lui inspirait un goût pour l'application et les affaires, lui ap-* . prenait elle-même à paraître en publicavec dignité,'* a prendre sa résolution dans les conseils, et à faird I aux ministres des cours étrangères des réponses i dignes de la majesté impériale. Elle n'avait pas

encore quinze ans , qu'elle voua solennellement sa virginité au Seigneur ; la cérémonie s'en fit aved magnificence. En témoignage d'une consécratioU qu'elle préférait à toute l'élévation du siècle , ell<( olfrit dans l'église de Constantinople une tabltf d'autel , touted'or , enrichie de pierreries, et marà qupe d'une inscription qui exprimait tout à la forj 1 objet du sacrifice et la générosité de la victimei Elle persuada aussi à ses deu\ sœursde se consacrer à Dieu , tant pour leur faire part de l'heureuse liberté du cœnr dont elle sentait tout le prix , tjue pour écarter les ambitieux qui , en les épousant , auraient pu troubler fétat. Le palais ressembla dès-lors à unemaison religieuse des plus ferventes. On y célébrait dès le matin les louanges divines; on

J faisait des prières et des pieuses lectures , à de» I eiires réglées ; on n'observait pas seulement \ei jeûnes de pi-écepte , mais on y ajoutait beaucoup d'abstinences et de bonnes oeuvres de surérogation (i). Il y avait une bibliothèque de livres de piété et des meilleures versions des saintes écritures; mais pour les entendre dans le vrai sens dô l'église, et pour se préserver des nouveautés dangereuses , on en conférait souvent avec des bon» oi-êtres , avec de saints solitaires , et sur-tout avec ,es juges naturels delà sfrine doctrine, les évêqiies , à qui l'on faisait gloire de rendre l'hommage et J tous les honneurs qui sont dus aux premiers ministres de la religion.

(i) Socr. T

ém

DE l' Eglise, 623

En 4i5\, comme la princesse était âgée de seize à^ dix-sept ans , l'empereur son frère l'associa à l'empire , et la déclara apguste ; ce. qui avait été jusque-là sans exemple. Mais on ne pouvait faire une plus sage exception. Piilquérie ayant formé un excellent conseil , dont elle faisait exécuter les résolutions avec vigueur , se chargea d'intimer les ordres elle-même. Personne en effet ne savait parler ni écrire avec plus de grâce, soit en grec , soit en latin. Mais ce qu il y avait de plus adtuirable et de plus important au bonheur et à la tranquillité de l'état , c'est que , par une modestie infiniment rare dans une femme de sa capacité et de son génie , elle faisait honneur de tout à l'empereur soa frère. Pour assurer mieux encore le repos et l'autorité absolue de l'empire , on crut devoir procéder de la manière la plus rigoureuse contre les restes toujours inquiets du paganisme. On défendit , sous des peines coi'porelles , tout exercice de Tidolàtrie , sans épargner les honneurs presque divins qu'on rendait aux images des empereurs. Mais Théodose , dont la douceur surpassait toutes ses autres vertus , réduisit à la confiscation des biens et au bannissement la peine de mort ordonnée contre ceux même qui sacrifieraient aux idoles* Il accordait la grâce à tous les criminels qui trouvaient le moyen de la lui faire demander (i) 5 et comme Pulquérie , non moins bonne que son frère , mais plus clair-voyante sur les dangers d'une clémence excessive, les lui représentait quelque-* fois : Ah , ma sœur , répondit-il , il nous est aisé de faire mourir un homme ; mais il n'y a que le Tout-puissant qui puisse le ressusciter !

Il renouvela les lois de ses prédécesseurs contre les hérétiques , et les étendit nommément aux associations schismatiques des derniers novateurs. Il en fit une autre , pour défendre généralement de donner des spectacles publics , même aux juifs et

(1} £. ult. jC. ta. de pœn^

•aux païens , les jours de Noël , de l'Epîpïianîe, de Pâques, de la Pentecôte, et tout l'espace du temp$ qui se trouve entre ces deux dernières fêtes , ainsi que les fêtes dés apôtres , et tous Içs dimanches de 1 année, quand même ces jours concourraient avec celui- de sa naissance , ou avec toute autre solennité civile qu'on eût coutiftne de célébrer en son honneur. Que tout le monde sacbe , dit*il à ce sujet (i) , qu'on ne nous plaît jamais davantage qu'en révérant Ja divine Majesté. Il abolit le • patriarcat des juifs, qui 4tait une dignité tros-considérable

Êour les honneurs et le revenu ; il leul* défendit de âtir de nouvelles synagogues , d'attirer à leur culte aucun chrétien, et d'en avoir pour esclaves. En, même temps il réprima le zèle indiscret des ^ chrétiens , leur défendant d'exercer aucune violence contre les juifs ou contre les païens , ni de leur rien enlever , sous peine de restituer au quadruple (2). Il faut néanmoins reconnaître <jue Théodose le jeune , doué de tant de vertus qui en eussent fait un excellent citoyen , ne fut qu'un prince faible , un génie timide et borné, facile à prévenir et à se laisser gouverner.

Déjà il avait atteint l'âge de vingt ans , et n'était pas encore marié. Pulqiiérie lui représenta qu'au laitc de la grandeur 011 il brillait assez par l'éclat de sa dignité propre , il ne devait chercher dans Une épouse que la distinction du mérite personnel , et ces qualités du caractère qui font le bonheur de la société conjugale. Athénaïs , fille d'un philoso-

Î>he athénien , était venue à Constantinople, pour aire casser le testament de son père qui la déshéritait, sous prétexte que sachant la philosophie el!e n'avait besoin de rien autre chose, et que les richesses de l'esprit devaient lui suflire. Elle s'adressa à la princesse Pulqiiérie , pour lui demander justice contre ses frères , assez durs et assez déraisonnables pour vouloir mettre à exécution ce

(1) ibid, de SpecU (2) L. 3.5 , 26 ; 27 , c. Th, de Jud.

bizarre

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.bizarre testai^ent. La nouveauté de Pafiaire attira toute l'attention de Pulquérie ; elle s'intéressa vivement au sort d'une personne de son sexe y en qui Fon punissait réellement la science , sous prétexte de rtionorer ; et quand elle eut connu à fond 1q mérite d'Âthénaïs , elle Faima et l'estima au point de l'adopter et de lui faire épouser l'enapereur. Ainsi remplit-elle eh quelque sens les dernières volontés ou le proiiostic du père de cette fille étonnante , plus vertueuse encore et plus avantagée dç^ dons^e la nature qu'elle n'était savante.

Les frère^s d'Athénaïs se cadrèrent miahd il$ surent son éléyation ; mais elle leur fit dire que , loin d'écouter le ressentiment , elle ne pensait qu'a l'obligation qu^elle leur avait , de ce qu en refUsani de la traiter en sœur , ils l'avaient rendue leur SQuveraine. Elle leur obtînt un rang et des di-

Snités convenables à son auguste alliance. Elevéç ans ies préjugés du paganisme , elle se converti^ aussitôt qu'on lui euf présenté le flambeau de ls| vérité , et avant même d'épouser l'empereur* ^ son- baptême , on substitua le nom d'Eudoxe à son premier nom , qu'on regarda comme profane ^ parce qu'il venait de celui de Minerve , nomméô en grec Athene. L'empereur l'aima tendrement, et lui donna le titre d'auguste , àçnx ans anrès son mariage ; ce qui était beaucoup faire , dans un temps où la personne qui possédait le cœur du souverain , n'en partageait que rarement les décorations et les titres.

Cependant Théodose y avec de la vert\i , marquait trop de faiblesse pour n'être pas obsédé pa^ ces sortesde couttisansqui usept delà piété, comm^ de tout autre moyen pour dés vues profanes et coupables. Plusieurs evêques d'Orient souffraient avec peine l'autorité du pape sur quelque partie que ce fuit de l'empire de Constantinople. Malgré la distinction des deux puissances si bien diîTéreneiées dans l^vangile , ils ce cessaient de les confondre ou de les assimiler ^ et ils voulaient en toute Tome IL Rr

Tencontre régler le gouvernement de l'église J «uî* la domination temporelle. Telle fut la pierre d'achoppement qui fît tomber enfin les Grecs d'une manière si funeste ; mais où ils ne faisaient encore,

Ïour ainsi dire, cjue trébucher, sous le rèane de béodose. Ils engagèrent ce jeune prince à donnée une déclaration, en date du 1 4 Juillet de cette année 421 , par laquelle on attribua les affaire» ecclésiastiques de l'illyrie à l'assemblée des évêques de cette province , sous la direction de celui d» Constantinople , qui jouit, dit-on, pour autorisée cette conduite , des prérogatives de Tancienna Rome. On cite les anciens canons , c'est-à-dire > sans doute, ceux du premier concile général dé- Constantinople. IMais ils accordaient simplement», l'évêqne de cette capitale le premier rang d'honneur après le souverain pontife , sans nulle sorte» de juridiction sur tes autres églises. Le concile de Hicée en avait même confirmé les principales dans tous leurs droits, de peur que le nouveau style ne leur portât préjudice. Pour l'Ulyrie toute entière , autrefois de l'empire d'Occident , le pape y avait invariablement conservé sa juridiction ^ non-seulement comme chef de l'église , mais en sa

Qualité particulière de patriarche d'Occident. La ivision en Illyrie orientale et occidentale, faite sous l'empire d'Arcade , n'avait rien changé à ce régime ecclésiastique. C'était l'évèque de Thessaïonique qui exerçait l'autorité du pape sur ces coa* i trées , en qualité de légat du saint siège. '

Boniface , averti qu'on transférait à l évêque de Constantinople des droits tout nouveaux sur les églises de 1 Illyrie orientale, écrivit d'abord à Rufus , évêque de Thessalonique , de ne rien céder de son autorité à ceux qui en innovant voulaient l'envahir (1). Le pape apprit en même temps, que

Eour cette innovation on devaitassembler en concile s évêques des différentes provinces de la Grèce ,

(i) Tom. ^Cons.p. i-^ot

igt même ceux de la Dacie» Il se plaignit Tirement d'un pareil complot^ en leur demandant quel supérieur parmi eux s'arrogeait le droit de les convoquer. Si vous Usiez , dit«-il , les canons , c'était la manière de citer le concile de Nicée (i) , vous -Verriez à quel prélat il appartiendrait d'exercer après moi l'autorité ; vous apprendriez quel est le second et le troisième siège. Ces grandes églises d'Alexandrie etd'Antioche ont été maintenues dans leur prééminence par ces anciens canons. Ont-elles cependant jamais entrepris ce qu'on veut vous faire oser ? Ne les vit-on pas tout au contraire recourir à l'église romaine , dans les grandes affaires , telles que celles d'Athanase et de Flavien d'Antioche ? Pour entendre ce raisonnement de comparaison \^| il faut saiioir que le différent de l'Illyrie venait de ce que les lUyriens occidentaux ne voulaient pas s'en tenir à ce que le pape avait ordonné touchant l'élection de 1 évéque de Corinthe. Cette affaire était de celles que l'on appelle majeures , et dans lesquelles le recours au successeur de> Pierre était d'usage , aussi-bien que de droit , non - seulement pour les églises du patriarcat d'Occident , mais pour toutes les autres ; parce qu'en sa qualité de premier pasteur , il lui appartient de veiller à l'ob-*^ servation constante et générale des saintes règles / sur-tout dans les cas qui intéressent l'ordre épisr copal y dont il est singulièrement le chef.

Pour conclusion , Boniface défend eii pro-

{)res termes aux évêques d'Illyrie de s'assembler à 'effet de remettre en question ce qui avait été statué ?ar lui , ou par Rufuis de Thessalonique , touchant érigène j évéque de Corinthe. Il leur enjoint au contraire d'obéir en tout àAufus; il menace les obstinés de les séparer de la communion du saint siège.

Mais afin de maintenir plus sûrement les privilèges de l'église romaine , il envoya une dépu«

{i) Ibîd. 1706.

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(>a8) Histoire

tation à Honoiius , oncle du jeune empereur d« Constanlinople. Ce prince , toujours prêt à servir l'église , éclaira son neveu sur les suites dangefeuses de ce qu'on venait d'extorquer de lui. C'est pourquoi Tliéodose revenant de bonne foi sur seS pas , répondit à son oncle , que sans égard à ce que tes Illyriens avaient obtenu ])ar surprise , il maintiendrait les anciens privilèges de l'église romaine suivant les canons, et qu'il chargeait des ce momensïes préfets du prétoire d'y veiller.

Si cette constitution impériale ne se trouve pa» dans la compilation de Juslinien , ce n'est pas une raison d'infirmer l'autorité de rexemplaire qui s'ea est conservé dans les archives romaines avec tout les caraclèresde l'authenticité. On a soigneusement inséré dans le code Théodocien , et dai^g celui de Justinien ,'la constitution que celle-ci révoquait. Mais comme ces recueil'! ont été faits dans la nou- Telle Rome , rivale très-jalouse alors de l'ancienne , il n'est pas étonnant qu'on n'y ait laissé que ce qui ptait àTavantage de cette émule superbe. Quoi €{u il en soit , le saint siège ,au temps de Tliéodose le jeune, retint toute sa juridiction sur llllyrie, qu'il adipinistva touts entière encore très - longtemps après. Mais on peut entrevoir dès-lors jusqu'où s'étendaient les vues ambitieuses des Grecs, et a quels excès ils porteraient un jour la jalousie et le scliisme.

Dans les Gaules, le même pontife réprima la témérité de Patrocle , métropolitain d'Arles (i), qui s'était ingéré à ordonner , hors de sa province , vn èvèque pour le siège de Lodève. Le pape écrivit ^ Hilaire de Narbonne , de se transporler sur lei lieux , et de faire ce qu'il conviendrait , tant en sa qualité d'archevêque qu'en vertu de la commission apostolique, et d'en référer ensuite au saint siège, lîonifaee s'autorise encore ici des dispositions de Kicée, qui conservent religieusement , dit-il , les

Îirérôgâtîtes de chdqùè métropole , ef ^î nç soufr rent pas que dent pirotîncés ^dîéttt iiotimidés àâ triême prélat ; en quoi il est aièë d^ réihài'iluér , ^ti^ le concile de Nicee assure tëlltèinêht à chatrué inéh tropolitain sa jurrdictiôh pt^J)rë , tjiiMl ii'ote rieù au souverain pontife des droits, dë^prïmauté iiàc eux tous. Patroele périt quelque^ iannéêS après, stiJaÈfe les coups d'un tribun , qu'oti crbît àVoîr été Téxl^ cuteur des ordres secrets du J>réfet dte la milice (i).

Le pape Boniface mourut , èul^ant la meilleure chronologie , le ^5 Octobre 4^^? après avoir tenu le saint siège trois ans et huit mois. Une ancienne épitaphe nous apprend qu'il parvint au pontificat dans Un âge très-avancé; mais que dès sa jeunesse il avait servi utilement le sirégeapostolique^ et soulage la ville de Home dans une année de stérilité. Son caractère était la clémence ^ la douceur et la modestie : vertus engageantes , qui servirent beaucoup mieux que n'aurait pu faire la sévérité , à éteindre le schisme qu'occasiona son élection, mais

3ui ne l'empêchèrent pas de soutenir avec force la ignité de son siège. Neuf jours après sa mort , le trois de Novembre , on élut Célestm , Romain de naissance , qui occupa près de dix ans la chairç de saint Pierre.

L'année suivante , Fempereur Honorius mouru|t d'hydropisie , à l'âge de trente-neuf ans , dont il en avait régné vingt-huit depuis la mort du grand Théodose son père, de qui , dit-on , il eut toutes les qualités religieuses , et nulle des qjaalités impériales. Si cependant on fait attention à la longue aurée de son règne , sans cesse agité dans ces temps malheureux, soit par les attaques des Barbares innombrables , soit par la révolte des plus dangereux tyrans qu'il réussit a dompter ; il faut, ou que sa piété n'en ait pas fait un prince aussi faible qu'on le prétend , ou qu'il ait su discerner et maintenir en place les grands capitaines de son règne , avec une

(i) Prosp. Chron. an. 4^»

SlSTOISE BB i'EgiiSB.

istance

; qui ne ferait un paradoxe guère moin»

le que le premier. Quoi qu'il en soit des

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lO sa personne ou de la diOiculté des con-

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l'empire de l'ancienne Rome, dui-ant

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ne de cet empereur , se soutint au moins ire masse , ou par la solidité de sa cons- Ze ne fut qu'après Honorius, et par la rapide des vains fantômes de Césars qui

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t sa place , que Rome fit la chute dont

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