LIVRE QUARANTE-DEUXIÈME
Depuis F établisse ment des papes à jévi gnon en iSog, Jusqu'au schisme de Pierre de Chrbièreen iSaS.
xjE premier acte émané de ]a chaire apostolique , après la transmigration des papes au Comtat Ye* naissin , fut un coup de sévérité qui nMmprima qu'une morne terreur. Les Vénitiens en furent 1 objet , et le marquisat de Ferrare en était l'occasion. Après la mort du marquis Âzon d'Esté ^ François son frère et Frisque son bâtard se disputèrent cette seigneurieavecuneégalitédeforceetde fureur qui fit présager leur ruine mutuelle , et fixa les re<^
gardsinléressésdes puissances voisines .^Perrare était sur- tout à la bienséance de l'état ecclésiastique et de celui de Venise. Frisque et François en a^^ant été chassés tous les deuiL , comme auteurs d'une dissention qui ruinait l'état, ce fut à qui du pape ou de Venise pourrait y établir sa puissance. Clément V, qui prétendait que Ferrare était du domaine de 1 église , gagna de vitesse , applaudit par lettres aux citoyens constitués en autorité, de s'être délivrés de leurs oppresseurs , et les exhorta , sous les ^ promesses les plus engageantes , à se jeter, libres enfin de Tesclavage ^ entrç les bras de léglise leur
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mère. Peu après îl envoya rleux nonces f[in prirent si bien lesFerrarois , qne ceux-ci se rerimnnrent Bujels dn pape, et remireiU aux nonrrs les clefs (le iciir ville. Ces négociateurs hahiles firent aussitôt prêter serment au pontife par les mngistrats", ety mirent garnison , ainsi queclans les foiteressea «lu pavs. Ces succès rie firent pas perdre espéi-ante juix^^'enîlîens ,quiopposanlla fOrce et le coiirujfK ;i l'adresse et à la célérité, enlrèi-ent bien armoâ (tans le Ferrarois , assiégèrent et prirent Ferrarc , sous la conduite de Jean de Snpérancê (i).
Le pape avait d'abord essayé de lea arrèler par (les lettres pleines de douceur; mais quand îl cift appris qu'ils s'étaîenl rendus maîtres <!e Fcrrare et en avaient chassé les nonces avec tous leurs gens , il publia contre les conquérans une bulle foudroTânl'e , diitéè d'A'vignori'le'jeudi saint 27 Mai's iSog.Ilsv sont traduits comme des monstres d'ingralitudeet d'un orgueil infernal, tels que Lucifet', Datban , Abiron et Absalon (3). Il leur est commandé de quitter dans un mois la ville de Ferraré et ses dépendances , sous peine d'excommunication , réservée au pape seul, contre le doge et tes sujufs de la république, avec interdit sur toutes les terres de spn obéissance. Sous la même peine d'excommunication et d'interdit , il est défendu à tous les ^dèles de porter et de vendre aucun vivre, aucune étoffe , aucune autre marchandise aux Vénitiens, d'en rien recevoir ou acbeler , en un mot , d'aioir avec eux aucune espèce dt; commerce. De plus, 1« pape prive le doge et la lépubtiqiie de toiit privilège à eux accordé par le saint siège , ainsi que de tous les fiefs et de tous les biens qu'ils tiennent ,soit de l'église romaine , soit des autres églises. Il absout tous leurs sujets du serment de fidélité ; il déclare tout Vénitien, infâme, incapable de tester et de toute action en justice , d'exercer aucune juridiction ni aucune autre fonction publique , à