‹ Histoire de l'église. Tome douzièmeChapitre 36 sur 64 · II I S T O J R B · texte numérisé non relu

II I S T O J R B

mille hommes de cavalerie , et quatre cent mîlîtf d'infanterie, avec une flotte de douze cent cinquante vaisseaux , sans compter soixante et dix galères.

Les rois de Castille , d'Aragon et de Portugal

1 'oignirent leurs forces pour les opposeï; à ce dëuge d'inûdèles ; et à la demande du Castillan , le plus exposé des trois , le pa}>e accorda la croir sade, non-seulement poiu' ces Irois royaumes, mais encore pour ccu« de Navarre et de Majorque , c'est-à-dire, pour toutes les Espagneschrétiennes(i). Il permitaussi d'y lever pendant troisanslesdecîmes ecclésiastiques, à condition que dans les terres que Ton conquerrait sur les Maures, on établirait des églises calliédralcs avec un clergé convenable , et d autres moindres églises , selon l'exigence des cas et rimporlance des lieux. Pour obvier aux dangers dumélange à venir des fidèles avec les musulmans^ ce qui inquiétait le pape Benoît, il ordonna que dans les lieux conquis o^ù il resterait des Maures, on ne leur permettrait point de faire le pèlerinage de la Mecque , ni d'appeler à là .prière , en prononçant à voix baute le nom de Mabomet. Il sta-

tua aussi que, dans toutes ces conquêtes, on ferait

Sayer les aimes et les j es ecclésiastiques (2).

>ayer les dîmes et les prémices pour la subsistance

L'armée d'Albobacem , aussi considérable par les a]>provisionnemens de toute espèce que par le nombre des combaltans, mit cinq mois entiers à passer en Espagne. Enfin elle aborda. tout entière près d'Algésire , sur le détroit de Gibraltar. On en fit de vifs reprocbes à Gilbert, amiral d'Aragon, qui commandait Tarmée navale des cbrétiens , et qui, voulant réparer sa faute , attaqua imprudemment les infidèles , ruina sa llolte , et ])érit luimême. Un début si malheureux, loin dcj.ouvanter les fidèles, leur inspira un courage d'autant plus indomptable, qu'il n'avait plus pour base que leur

(i) Mariau. ibid. (2) Raiu. au. i34o , u. ^1.

D JB l' E G L I S E. Salj

confiance au Dieu des armées. Les deux roîs dé Castille et de Portugal, fils et petît-fils de là sainte reine Elisabeth , s'approchèrent de Tarif, que les rois de Maroc et de Grenade tenaient assiégé , et rangèrent leurs bataillons à Salado , lieu à jaijiais mémorable par ceUe journée. Dès la pointe du jour , ils se confessèrent et communièrent, ce qui fut imité par la plupart des combattans. Dans la mêlée , Gilles d'Albornos , archevêque de Tolède, ne quittait point le roi de Castille : d'autres évêques étaient répandus dans les rangs pour soutenir la confiance religieuse du soldat, et un chevalier français , cemmîs par ordre du pape , • portait le signe sacré de notre rédemption , qui faisait Tétendard principal. En quelques momens tous les bataillons mahométans furent renversés avec tant d'effroi de leur part, que les chrétiens ne perdirent que vingt hommes. Les historiens varient prodigieusement sur la^perte des infidèles. Villani (i) ne la porte qu'à vingt mille hommes , tandis que les Espagnols la font monter jusqu'à deux cent mille ; difTérence qui , tout énorme qu elle est , peut ne provenir que d'un chiffré dans le dénombrement qui nous en a été transmis. Mais il est hors de doute que les chrétiens firent une infinité de prisonniers , et enlevèrent , avec tout le bagage y des richesses inestimables. Le roi de Maroc retourna précipitamment cacher sa honte dans ses déserts d'Afrique. Alfonse de Castille continua la guerre avec avantage les années suivantes . gagna plusieurs batailles sur terre et sur mer , et força le roi de Grenade à lui livrer Algésire, commet une clef propre à l'introduire , quand il lui con^ viendrait , chez cet inquiet voisin.

Le pape Benoît soumit les Bolonais par des moyens non moins efficaces , quoique bien plus , analogues au ministère et au caractère pacifique dont il était revêtu. Il leur envoya d'abord un in-

(i) Yillan, 1. xi , c. 19.

[ÏS T 0 T R Ê

tirnonce, pnnrlesexliorterpalernellementàrentrei^ dansleiir devoir. Les

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marques :aln

de la bienveillano r la fei

douceur ii ayant pu calmer la lerinentatton. qui coiilinuatt d'agiler les esprits, il révoqua par tioe huile en forme tous les ]>riviléges de l'université de Bologne , etordonna , sous peine d'excommunication , latiLaux éludians qu aux nrofesseurs , de s'en retirer (i). Il fut obéi. C'était là ravir à cette ville presque toute sa splendeur , et tarir la source de ses richesses , comme ceux qui ia gouvernaient ne tardèrent point à s'en apercevoir. Ils implorèrent la clémence du pape par des ambassadeurs chargé^ de leur plein pouvoir , reconnurent que leur ville et son territoire , même pour le temporel , appartenait à l'église romaine , convinrent de lui payer un cens annuel debuit mille Horins d'or, et promirent de ne recevoir chez eux, ni Louis de Bavière , ni aucun empereur , sans la permission du eaint siège (a). Benoit leva l'interdit , rétablit Tuni- ■versité , et donna l'absolution. Il eut même la condescendanee d'établir gouverneur de Bologne pour trois ans , Thadée Popolj qui avait été à la tête d^j ses concitoyens dans le temps des troubles.

Cette sage modération gagna plusieurs villes de Lombardie qui avaient suivi le parti dcLouis de Bavière et de l'antipape , en particulier celles de Côrae , de Novare et de Yerceil ( 3 ). Elles revinrent à l'obédience du pape Benoit , et déclarèrent qu'elles se soumettraient à ses ordres , toucbant la punition même des excès commis contre lui et l'église romaine; qu'elles ee croyaient pas que l'empereur pût jamais déposer un pape e], en jaire un autre; mais qu'elles tenaient cette maxime pour hérétique. El les promettaient de ne plus adhéj ïer à Louis de Bavière , ni à aucun schismatique ^ elles demandaient pardon d'avoir obéi à ce prince,, ainsi qu'à' Matthieu Visconli , et d'avoir reçu

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les nonces cle Pierre de Corbière. Après tant d'assnrAnces d'un repentir sincère , Benoît les fit* absoudre des censures.

Enfin la ville de Milan , soumise à Jean Visconti , nls de Matthieu , rompit aussi tous les liens qui rattachaient au schisme. Jean, de concert avec son frère Luquin , évêque de Novare , qui avait déjà donné les mains à l'abjuration de cette ville , . envoya vers le pape pour faire la sienne. A l'exemple de ses voisins , il promit de ne ])lus adhérer à Ijouisde Bavière , ni à aucun empereur qui ne fût reconnu par le pape', et de payer cinquante mille florins d'or , tant au pontife qu'aux cardinaux , en dédommagement des torts faits par lui ou par sa famille aux légats çt aux nonces romains. Il reconnut même que l'empire était vacant , et qu'en pareil cas le pape en ayant l'administration , il voulait tenir du saint siège le gouvernement de Milan et de ses dépendances. Le pape l'accorda en effet pour les deux frères leur vie durant , avec toute juridiction temporelle , comme vicaires de l'église romaine pendant la vacance de l'em-: pire. Il fit absoudre le gouverneur et tous les citoyens , en leur imposant pour pénitence du passé, quelques fondations pieuses , avec des aumônes annuelles.

C'est ainsi que tout réussissait à la vertu pacifique de Beiioît XII , quand un mal de jambes dont il souffrait depuis long-temps, le conduiiiit tout à coup au tombeau. X»es médecins ayant voulu arrêter l'humeur qui coulait plus qu'à l'ordinaire , il en fui étouffe le jour de saint Marc 25 d'Avril 1342. A sa mort , comme pendant sa vie , ses proches ne reçurent de Itii que des exemples de modestie et de toutes les vertus chrétiennes. Mais la grande leçon qu'il a laissée , c'est ce que nous apprend toute la suite de son pontificat , savoir , qu'avec la sagesse et 'la simplicité évangélique , sans employer le manège des cours , on peut conduire les peuples et les princes dans les voies du

salut, et leur plaire même eti les contretlisanÇ quand le devoir y oblige. Les historiens du temps^^ assurent qu'il s'est opéré des guérisons m ii'aciileuses à son tombeau , etrles écrivains postérieurs lui ont donné le titre de bienheureux , uniquement fondés néanmoins sur l'éclat de ses vertus, et non sur aucun jugement de l'église (i). Douze jours .après sa mort, le ■; de 3Iai , on lui donna pour Buceesseur, sous le nom de Clément VI, le cardinal Pierre Roger , cet aucien archevêque de Sens qui avait défendu le clergé avec tant d'applaudîseement contre Pierre de Ciinières. ^

Il s'était fuit moine bénédictin dès s.i jeunesse j<^^ à l'abbaye de la CUaise-Dieu en Auvergne , inais>^| élevé dans la solitude comme son prédécesseur , il» ■ n'en avait pas conservé comme lui- la régularité rigide et le gOût de la simplicité. Accoutumé de-

Suisà vivre à la cour où il avait été carde des sceaux e Philippe de Valois , ayant d'ailleurs le naturel facile, ouvert, complaisant, et environ cintjiiaDte ans lorsqu'il parvint au pontilîcat, il aima toujours à se voir un cortège nombreux , et conserva toute sa vie une habitude de magnilicence qu'il signala principalementpar sa libéralité: noblesse de sentiment vraiment digne du trône , moins propre peut-être à l'empire spîriluel du Christ , où toutefois il compensa ces défau is par tant d'amabi li té et de bienfaisance, qu'il lesnl presque entièrement oublier. Clément eut par excellence le don de se faire aimer de fous ceux qui l'approchaient.

Guidé par ce bon naturel , il n'eut rien plus À.JM cœur, après avoir fait part de son élection auiç.^^ princes chrétiens , que de rétablir la paix eutrÇ^ ceux de France et d'Angleterre. Maïs l'animositriJ de ces augustes et puissans rivaux'nétait pasileçl nature à céder aux remontrances paciliques des^ prêtres du Seigneur. On ne combattait plus pour quelques domaines particuliers , mais pour la

les^

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couronne même de Philippe, dont ^EJouaril s'était arrogé le titre , poussé par uil vil brouilloa flamand et par l'empereur Louis de Bavière. Tout ce que purent gagner les évêques de Palestine et de Tusculum, envoyés par le pape, ce fut une trêve de trois ans , presqua aussitôt violée que conclue, La France n'en était pas encore au point d'humiliation où elle devait tomber, sous le même règne à la funeste journée de Créci , et qui put eneore ' paraître léger, en comparaison des maux réservés

au règne suivant.

Clément VI ne tarda point à témoigner la même affection pour sa patrie, dans la nomination qu'il fit de dix cardinaux , dont un son frère , un soa neveu , un son cousin , et deux autres ses compatriotes , c'est-à-dire Limousins, en tout neuf Français et un seul Italien , savoir, André Malpighi , depuis long-temps habitué en France, où il fonda le collège qui porte encore à Paris le nom des Lombards. Quelque temps après. Clément fit encore deux Français cardinaux, et dans ce petit nombre il n'oublia point un second neveu dont il avait conduit lui-même l'éducation , et à qui tout le sacré collège témoigna prendre un intérêt égal à celui du pape. La manière dont se fit cette promotion , et dont Clément s'en exprima dans le consistoire , peint au naturel la facilité et l'ingénuité de ce pontife. Dieu sait, disait-il le samedi, <jue jeudi matin je n'avais pas la première pensée de faire une promotion. Mais le soir et presque à la nuit fermée , on me remit de la pai'tde la reine de France , des lettres où elle me pressait de Lui accorder le chapeau qu'elle m'avait déjà demandé avec beaucoup d'instance pour Pierre Bertrand(i). C'était le neveu de celui qui avait si bien secondé Clément, alors Pierre Roger , contre Pierre de Cugnières. Si j'avais prévu , ajoute-t-il , que je fisse une promotion , je l'aurais faite plus nom-.

(i) Baluz. vit. p. 869.

II I s T o r R E breuse , et jVui'ais choisi quelques Italiens, voit qu'il senlail Jui-mème les intonveniens de préclilcc'tiun pour les aspiians fra

Cependant les Romains lui envoyèrent tine atnhassade solennelle, ptjiu- le conjurer de ne pas laisser plus long-leinps ses enfans propres gémir de l'ahsence de leur père et de leur pasteur. A la tête de la dnputation , composée de dix-huit œeinljres desdilTérens ordres de la république , ils avaient

ange

François Petrai

'qot

et Nicolas Rienzi , deux

personnages des plus dislingue's , soit par le talent enchanteur de la persuasion , soit par celte e'nergie et cet enthousiasme qni sont aussi propres à triompher de la résistance de l'esprit que de celle des armes. Les deux chefs de la députation haranguèrent le pape , chacun selon son génie ; Itienzi , en pi'ô>e , d'un style véhément et plein de chaleur; Pétrarque en vers aussi faciles que le langage ordinaire, avec toute l'aménité et le sentiment qui devaient caraclériserle père- de la poésie italienne. 11 s'attacha sur-toutà lui représenter l'église romaine comme une épouse qui .lui paraissait chère avant qu'elle eût été unie avec lui , et qui ne pourrait que languir dans la confusion , si depuis leur engagement réciproque et indissoluble , son inclination Sour elle se montrait changée en dégoût et en inifférenee (i). Le pape traita les ambassadeurs avec son affabilité ordinaire, mais sans déférer aux Tœux du peuple romain. Tout ce qu'ils obtinrent, entre les objets divers qu'ilsavaiunt à demander , ce fut la réduction dn jubilé séculaire à cinquante ans , al-j tendu te peiitnombre de personnes qui potivaienki atteindre à la centième année.

Pétrarque , avec ses compagnons d'ambassade s'en retourna peu satisfait dans l'Italie , qu'il avai

firéférée à la France quelques années auparavant orsque Rome et Paris lui olfrant en un même jour la couronne poétique , il aima mieux l'aller recevoir

la

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dans rancîenne demeure d'Horace et du Virgile , cjue parmi les nouveaux emulateurs des Muses anciennes. Il n'accorda pas néanmoins une pre'férence sans retour aux rives au Tibre fur celles au Rbône, qu'il avait encore dédaignées plus anciennement , sous le pontificat de Jean XXII , après en avoir attendu sans succès quelque place considérable : mais bientôt après ^ la cour d'Avignon , ou plutôt le château de Vaucluse avait eu pour lui un nouvel attrait. Ce fut là qu'il composa ses poésies les plus intéressantes, jusqu'à ce que la mort dç la célèbre Laure de Sade lui rendît le séjour de Provence insupportable, et le, contraignît à se retirer dans ses terres paternelles près de Padoue , dont il fut clianoine , ainsi qu'archidiacre de Parme. Il était natif d'Arezzo , avait étudié^en France , et .devait en particulier le goût de la poésie à l'école de Montpellier.

Rienzijd'ungéniebienplusexaltéquePélrarque, fit da parlement qui se tint à Rome pour entendre le rapport de l'ambassade d'Avignon , une vraie faction deconjurés contre la puissance pontificale. Ce fils audacieux d'un meunier , et pour qui la charge de notaire avait autrefois été une fortune , persuada aux Romains de rétablir l'ancienne dignité de tribun du peuple , et s'y fit nommer par acclamation. Illes flatta de l'espoir chimérique de rétablir Rome dans son antique splendeur , d'en étendre de" nouveau la dom ination sur toutl'uni vers, et déclara que l'empire et l'élection de l'empereur appartenaient à ce peuple roi , ci tant devant Itii , pour un terme (ixe , tous les princes qui prétendaient droit à l'empire ou à l'élection de l'empereur. Il exerça d'abord une justice exacte , poursuivit sans relâche lesbrigands protégés par différens seigneurs , et prit des mesures si ellicaces pour la tranquillité publique , qu'on pouvait aller par-tout en pleinesureté, la nuit aussi-bien que le jour. Bientôt il se rendit universellement odieux par son insolence , son avarice et sa cruauté. IX fut chassé de Rome , eria

33(r Histoire

quelque temps fugitif, puis tomba au pouToîr âtÉpape qui le fit emprisonnera Avignon , où il demeura clans les fers jusqu'à la mort de Clément YI. Le pape suivant Yen tira , et le renvoya comme » sénatenrà Rome , dans Tespërance de vs'en servir avec avantage contre un second tyran nommé Baroncelli , qui fut mis en pièces par le peuple. Au tout de quatre mois , Rienri eut le même sort , poiir s'être abandonné de nouveau à rinjustice , aux eîiactions et aux violences de lout genre. Tels étaient les effets sans cesse renaissans de l'espèce d'anarchie où R.ome se trouvait réduite par la Ion-giie absence des papes.

La libéralité , ou plutôt la prodigalité de Clément Vl qui ne savait rien refusera Tavid^jet nombreux corlége de prélats qni l'obsédaient sans cesse, prolongea aussi Tabus des réserves, des expectatives et des commendes. Magnifique sur-l'out dans ses dons, il voulut pourvoir , selon son goût , le grand nombre d'amis et de parens qu'il avait honorés du cardinalat, et donna des bénéfices jusqu'en A^ngleterre à deux cardinaux limousins de naissance. Le roi Edouard le Grand n'était pas d'humeur à voir passer ainsi leproduit le plus clair de ses états, à des étrangersqui n'y rendaient aucun service et n'y mettaient pas même le pied. Il fit arrêter les

Erocureurs qu'ils y avaient envoyés , et les chassa onteusement de son roj'^aume. Aussitôt le pape écrivit à Edouard en ces termes (i) : Il n'est rien de plus raisonnable, en instituant denou\eau\ cardi- • naux que de leur fournir de quoi subsister selon leur état, comme partageant avec nous les travaux du gouvernement de l'église ; et , tout bien considéré , nous n'avons point trouvé de moyens moins onéreux aux fi^dèles , que de pourvoir ces dignes coopérateurs, de bénéfices ou déjà vacans , oa qui viendront à vaquer en dilférens pays , jusqu'à une certaine somme. Vous pouvez vous

(i) Thom. Yalslcg. p. 63.

DE T^' E G L I S E. 33r

enquérir si nous n'avons pas accordé de pareilles firâces , dans presque tous les états catholi-

qiies , aux autres cardinaux de nouvelle creation-

EUes n'ont occasionné nulle part, ni rébellion ,nî violence. Pensez-y bien , notre cher fils : il est autant de votre intérêt et votre honneur , que les cardinaux si bien affectionnés à votre service , vous soient inséparablement attachés parles liens du bienfait. Le roi , sans s'arrêter à ces considérations de pure convenance , reprit la chose , dans sa réponse , pnrr les premiers principes. Il est notoire , dit-il (i), que dès la naissance du christianisme ^ les églises ont été fondées avec des biens et des privilèges, afin d'y.entretenir des ministres actifs qui instvuisissent les peuples et procurassent la propagation de la foi. Qu'il est donc trisle, que par les provisions qui émanent de Rome , ces biens tombent aux mains de sujets indignes , ou du moins d'étrangers qui ne résident point dans leurs bénéfices., ne connaissent pas leurs troupeaux , n'en entendent pa^ même la langue , et cherchent uniquement le lucre dans la maison de Dieu î Ainsi le service divin perd sa majesté , le soin des âmes se néglige , l'hospitalité s'anéantit , les droits des églises s'abrogent, et les batimens tombent en ruine. Cependant les hommes doctes et vertueux de notre royaume , qui pourraient conduire utilement les amcs , abandonnent les études , par le désespoir d'obtenir aucun bénéfice. D'ailleurs le droit de patronage , tant de nous 2ue de notre nobleSvSe , est éludé , les droits même e notre couronne dépérissent honteusement , les richesses de l'Angleterre passent à des étrangers, et peut-être à nos ennemis. Tous ces désordres ontété mis depuispeu sous nosyeux , dans notre parlement; ils lui ont paru intolérables ^et il nous a prié tout d'une voix , avec les plus vives instances , d'y apporter un prompt remède. Ayez donc pour agréale que les élections libres aient lieu daiîs nos

(i^ Id. p. 191. Hain. an. i343^ u. 90.

reH

éf^lises calhcdrales et autres ; c'est en favpiir de l'clle liberté que nos ancëties ont.l)iet» voulu ^e diJsisLef de leur droit de col!;ilif>ri , et nuUemei pour favoriseï- les prélf ntions élrani^ères.

Non ob-^ tant ces dispositions du roi d'Angleleri le pape dans ces conjoiiclares se réserva l'évêché' <l«ISor\vich. puisen donna la provision àGuillaume Barrman. Edouard ne voulut pas rompre avec le ponlifepour celte entreprise particulière , et accorda njain-levée du temporel à Barcman, tant par Fonsidéi-ation pour son mérite personnel, que par ri'spfct pour le chef de l'église. C'est du moins •TÎnsi qu'il s"en exprima dans la lettre qu'il en ëcii- \it aussitôt à Clément : mais il le pria , d'un ton

? pas la

iSser espérer I

la même déférence pour la suite, de surseoir absolument aux r^erveset auï visions des evêcbés , et de laisser aux chapitres la liberté des élections que ses ancêtres leur avaient cédées, ce qui a été roufirmé , ajoutait-il, par le saini siiîge. Il ne lui dissimula point qu'il rej^arderait les procédés contraires comme autant d'usur-

Îiations des droits de sa couronne ; que son parement s'en tiendrait pour le moins aussi offensé; que lous les seigneurs et les prélals même ne l'avaient pas vu d'un bon œil recevoir l'évêque de Norwich. Vous semblez me vouloir faire entendre, répondit le pape, qu'il est permis à vos parltmens de staliier toucbant les reserves et les provisions de» bénéfices , et que celles que fuit le saint siège dépendent de votre volonté , comme si vous pouviez à votre gré restreindre notre puissance. Nous ne prétendons toutefois user de ces provisions, qu'en notre qualité de pasteur universel. Mais pouvcz-vous ignorer ce que les papes nos prédécesseurs ont fait en ce genre , sans que jamais on s'y soit opposé en Angleterre? Vous nous avez quelquefois demandé vous-même des réserves , et vos conseillers doivent connaître les peines canoniques por(ées contre ceux qui font des règlemens préjudiciables à la liberté ecclésiastique. Elle vient du

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