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lî 1 8 T O T R E mais ^lensez sur - tout que si vous mourez an delà des monis , comme il y a toute apparence , les Romains seront maîtres du sacré collège , et lui feront faire un pape bien funeste peut-être à l'église.
IjC pontife suivît son dessein ,el partit d'Âvignoa le i3 de Septembre , avec la plus grande partie des cardinaux, dont sis seulement demeurèrent en France. Il alla s'embarquera Marseille «ur les galères envoyées dlla lie ,ahoi'daàGornetoaprèsavoir essuyé de grandes tempêtes , et , le 17 de Janvier 1377 , se rendit à Rome , qui depuis n'a pins été sans pape. Il y fil son entrée à cheval , et traversa toute ta ville , accompagné de treize caVdinaux , et suivi d'un p<>uple innombrable qui ne savait comment exprimer sa joie. Il n'arriva qu'au soir à l'église de Saint- Pierre , à l'entrée de laquelle on l'attendait avec une infinité de flambeaux , et dont on avait allumé toule^i les lampes, qui montaient à plus de huit mille (i).
Le pape Grégoire eut bientôt lifili de s'occuperà Rome du genre d'alFaires le pUis digne du premier pasteur. Instruit que Wiclef, docteur en théologie et curé de Lutervolt au diocèse ^de Lincoln , osait attaquer le saint dépôt de la foi , il écrivit en même temps à rarchevèi(ue de Canlorbérî , à l'évêque de Londres , à l'université d'Oxford et au roi lidouard (a). Il lit des reproches à l'univei-site et aux prélats, sur leurnégligence à réprimer le novateur ; il veut qu'on le fasse emprisonner et qu'»n implore au besoin le secours du bras séculier , si toutefois , après de sages et secrètes informations, il est avéré que Wiclef ail soutenu certaines propositions qui avaient élé déférées à Rome, et dont on renvoyait copie en Angleterre. La leltreon bulle qui s'adresse au roi Edouard , lui demande sa pro-
(1) Itiner. a^. litoT. «■ 3i.l [a) Volsing. p. i<ji et 1 1. X , Conc. p. a38.
sc^.
tection en faveur des deux prélats commis dans cette affaire parle siège apostolique.
Entre les propositions reprises dans Wiclef au nombre de dix-neuf , et la plupart fort obsciiires, voici les pluç remarquables :8'il y a un Dieu , les seigneurs temporels peuvent légitimement , et doivent y sous peine de damnation , enlever k une église coupanle les biens de fortune. On ne peut, être excommunié , si l'on ne s'excommunie pre-; mièrement soi-même. Les pasteurs et le pape même ne lient ou ne délient que quand ils se conforment aux lois évangéliques. Il est de foi que tout prêtre a pouvoir de conféi^r tous les sacremens , et par conséquent d'absoudre de quelque péché que' ce soit les fidèles qui ont la conirilion. Tout eccléx* siastique et le pape lui-même peut être légitimement repris et accusé par ceux qui lui sont soumis , encore qu'ils ne soient que laïques. Ce dernier article , à la première vue, paraîtra peu répréhensible ; mais , en le rapprochant des autres , on y apercevra les mêmes principes de schisme et lé même renversement de l'ordre hiérarchique.
On pressa inutilement l'auteur de se rétracter. A l'exemple de tous les novateurs , il entreprit de se justifier par des distinctions artificieuses; il s^en^ gagea dans une suite d'explications plus ambiguës encore que les propositions même ; il tenta de donner le change , en se jetant sur l'abus des biens ecclésiastiques et des excommunications muU tipliées. Malheureusement le roi Edouard vînt a mourir dans ces conjonctures , savoir , le vingtunième de Juin i477- 1^ f»^ obsédé pendant toute sa maladie par .une malheureuse concubine qui le détourna de penser aux choses du salut , et qui , 1^ voyant à l'extrémité, lui prit jusqu'aux bagues qu il avait aux doigts-, puis 1 abandonna , prive des ' sacremens , à son mauvais sort. Edouard lll, qui savait si bien l'art de régner, eut au mbina senti^ nonobstant la dissolu(ipn de ses m^^iirs, là i^iécéssi té
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de tenir l'pglise en paix pour prévenir les trotiblei de l'état. Il eut pour successeur Richard II , son petit nis , qui n'avait que onze ans , et qui régna sousia conduite de son oncle Jean duc de Lancastre , protecteur de Wiclef , aussi-bien que Henri de Perci , mai'échal du royaume. Ce nouveau gouvernement favorisa beaucoup le progrès des noii- Teautés hérétiques, dont la poursuite fut encore interrompue parla mort préûiaturéedu pape.
Il n'avait pas encore atteint sa quaraiite-septième année ; mais il était très-faible de complexion , et souvent tourmenté par la gravelle. Au commencement de Février de l'année iS^S, il tomba dans nn état de souifrance qui lui ût pressentir sa fia
Srochaine. Alors la position véritablementcrilique e l'église romaine se peignit à ses yeux sons des couleurs elFrayantes. Il voyait d'une |>art les Français qui formaient presque seuls le sacré coUége, ti'ès-enclins à se maintenir dans la possession delà tiare ; et de l'autre côté , les Italiens , à la merci desquels on se trouvait , infiniment jaloux de la recouvrer. On dit que , prévoyant les horreurs da $chisme , il eut regret d'avoii' quitté la Fi'ance , et
2ue , prenant entre ses mains le corps de Jesasbrisl avant d'expirer, il conjura les asstsians de ne jamais se laisser conduire par les réyélations
Ç rétendues auxquelles il avait trop ajoute' foi (iV elles sont les suites fatales d'un premier renversement dans l'ordre établi : la réparation du mal devient presque aussi dangereuseque le mal même; on n'évite un précipice que pour en rencontrer un autre ; les routes semblent se confondre, les idées se bouleversent , et les meilleures têtes éprouvent une
S erplesitéqui couvre de nuages ju-^qu'aux maximes e première évidence. Les conseils donnés à Grégoire XI par sainte Brigite , par le pieux infant d'Aragon et par sainte Catherine de SieuQe qui
(i) Oer?. Eua». doctria. part, a , CoDsîd. 3.
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Tint à' leur appui, soit qu'ils fussent ou ne fussent pas inspirés d en haut , ne pouvaient pas tromper. Fut-il possible d'errer, en conseillant au pontife romain de résider à Rome ? Le schisme ne pouvait provenir du rétablissement de la chaire de Pierre dans le lieu où elJe a été fondée : il ne vint en effet que du conflit d'intérêts et de passiions entre les cardinaux français et italiens , joint à la roideur du caractère et de la conduite du pape Urbain VI, qui fut le successeur de Grégoire.
Celui-ci , avant de mourir , prit encore quelques mesures pour maintenir la tranquillité dans Téglise. Persuade que la plus sûre , dans la position présente des choses et des esprits , étaft de hâter 1 élection de son successeur , aGn d'ôter aux factieux le temps de lier leur partie ; il ordonna , par une bulle en forme , qu'incontinent après sa mort les cardinaux qui se trouveraient à Rome procéderaient pour cette fois au (É|lix du nouveau pape , en quel lieu ils jugeraient a propos , dans la ville ou hors de la ville , et à la pluralité des voix seulement, sans attendre le concours des deux tiers des suffrages. La> bulle est du dix-neuvième de Mars , et le pape mourut» le vingt-septième du même mois iS^S.
Tous les historiens font l'éloge de la doctrine , de la piété et de la douceur de Grégoire XI. Il fut très-libéral enverS/les pauvres et envers les gens de lettres qu'il protégea d'une manière éclatante. On ne lui reprocne qu'un peu de faible pour ses proches. Il eut perpétuellement auprès de lui son père , ses frères et ses neveux , la plupart assez enrichis par son oncle Clément VI , pour qu'il n'eût point' a augmenter leur fortune; mais il déféra trop à leurs conseils^ et quelquefois à leurs sollicitations en faveur de sujets moins méritans que ceux à qu^; on les faisait préférer.
Grégoire Al fut le septième et le dernier des pontifes que Téglise gallicane , pendant le cours de plus de soixante^dix ans , donna consécutivement à.
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l'éfilise universelle. Dislingues sans exception pî nières, le plus grand nombi
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lanv génie et leurs lun
par !ii sainteté de leur vie, et quelnues-uns par I9 dun des miracles , leurs noms cependant ne sont pas en grande recommandation dans l'église romaine ,
2ui les a rendus responsables des troubles et de la esoLition qu'elle éprouva pendant plus d'un siècle. L'étrange déplacement du siège apostolique imprima lui seul à leur mémoire, et à leur nation peut-être , une lâche que l'éclat de tous les talens , joints à bien des vertus , n'a pu coiivrir , et que le cours de tant de siècles n'a pu qu'affaiblir,
Sitôt qu'il fut question de remplacer le pape Grégoire , les Romains prirent la résolution fixe d'exclure les Friincais du pontificat. Les cardinanx étaient encore dans l'église de Sainte-Marie-la- Nc'uve , dont Grégoire avait porté le litre étant cardinal , et où il venait d'êlre enterré , quand le» bannerets ou capitaines de quartien vinrent leur déclarer qu'ils regardaient l'électiondes papes fran" cals comme la source de tous les malheurs de l'Italie, el leur témoignèrent le plus grand désir d'avoir aa moins pour cette fois un pape italien. Le sacré collège était alors corn posé de viiigt-troiscardinaux, et il s'en trouvait seize à Rome, savoir, quatrO italiens, un e5pagnol et onze français, sans compter les six qui étaient restés à Avignon , ni le cardinal d'Amiens qui était légat en Toscane. Ainsi les cardinaux français n'étaient pas moins en état de dominer dans le conclave que dans la totalité d» sacré collège ; mais ils formaient eux-mêmes deux partis , dont im de Limousins au nombre do sept, à qni les autres donnaient ouvertement l'exclusion , en disant d'un ton peu ménagé , qu'il leuP était bonteux de laisser plus long-temps la dignité pontificale comme héréditaiie dans un coin de 1% France. L'antipalbie ou la jalousie fut si grande , que ceux-ci ne se trouvant a Rome qu'au nombre de quatre , et ne pouvant eux seuls contre- balance^
les Limousins; de peur d'avoir encore un pape de cette province , ils aimèrent mieux se rapprocher dés Itaiie^is et faire cause commune a^vec eux. Cependant tous les cardinaux , de quelque nation qu'ils fussent , répotidirent avec beaucoup de sagesse et de dignité à la députent ion iH)lnaine , que l'affaire qu'on leiir proposait. ne pouvait se traiter que dans le conclave ; qu'ils y choisiraient , sana acception de nation ni de personne, celui qu'ils jugeraient le plus capablecle bien gouverner l'église; que ni les menaces, ni la Contrainte, ne les induiraient à trahir leur conscience , et à faire une élection que le défaut de liberté rendrait nulle.
Ils entrèrcyit tous seize au conclave le septième d'Avril , et dès le lendemain , après quelques délibérations touchant un sujet'romain , ou du moins italien , que le peuple demandait du dehora avec des cris menaçans , ils élurent , hors de leur corps , d'une manière sérieuse ou simulée y Barthelemi de Prîgnano , nati^de Naples et archevêque de Barî. Us l'envoyèrent chercher dans Rome , où il était depuis quelque temps ; il donna son consentement après quelque délai , fut intronisé , et prit le nom d Urbain' VI. Le jour de Pâque , dix-huitième du même mois d'Avril , il fui couronné publiquement avec toutes les cérémonies accoutumées.
Tels sont, dans l'histoire de l'élection d'Urbain YI , les seuls points que nous avons cru devoir présenter. S'ils n'entrent point dans un détail qui satisfasse la curiosité , ils auront du moins le mérite de l'impartialité et de la sage réserve que les con— , ciles oecuméniques se sont eux-mêmes prescrites. Là-dessus , il est vrai , on ne prononcera pas si l'élection d'Urbain fut libre pu forcée ; mais celte* grande question , d'où dépendit la conduite qu'oa eut à tenir durant le long schisme de FOcciaent , la résoudrions-nous mieux en adoptant ,^ soit la relation des Français, soit celle des Italiens , contradictoires l'une à l'autre , et toutes les deux éga«
lement fondées sur les dépositions de témoîns ocn*'^ ]aires et sans reproche ? Mais quelques erremens
3ue nous pulsions fournir, qui oserait décider ans une matière où les pères de Pise et de Cons* tance aimèrent mieux trancher la difficulté^ que de la résoudre ? Si [^ sagesse même doit s'astreindre aux loijs de la sobriété , c'est assurément dans les rerifeontf es où les orcanes même de la Sagesse incréée nous en ont donné l'exemple.
Hi S T 0 1 RE
DE LEGLISE