‹ Histoire de l'éloquence (volume 2)Chapitre 40 sur 89 · XL.MjriiuN. lin · texte numérisé non relu

XL.MjriiuN. lin

« Malheureuse, reprend la Vertu, (|uil bonheur peuv-tu |)rocurer:? quels plaisirs connais-tu, toi tpii ne veux rien faire pour en UM'riler ; toi qui pré\iens tous les besoins (ju'il est doux de satisfaire et jouis sans avoir désiré; toi qui nian<;es a\ant la faim, qui hois a\anl la soif; (jui , pour assaisonner tes mets délicats, enq)loies les ntains les plus savantes ; qui , pour boire avec plus de channes, te procures les vins les plus chers, et coui-s çà et là chercher de la neij;e en été; cpii , pour doi-niir plus fatileinent, imagines de lins tissus, de riches tapis étendus >ur des liis superbes? Tu elierches le sommeil , non par le besoin du repos., mais par oisiveté.

> Tu (*s immortelle; mais les dieux l'ont chassée , et tout homme de bien te méprise. Jamais tu n'as entendu le plus doux concert, car jamais tu n'as entendu tes propres éloges; jamais tu n'as vu le plus doux spectacle, celui d'une bonne action qui vint de toi. (Juel homme \oudrail te croin* «piand tu lui |)arles , le secourir (piand In rinqtlorcN? (pu'l homme sen>é oserait se mêlera tes vils adoniteui-s? Jeunes, ils traincnl un cor|)s lan;;uissant ; plus l'i^tSi, leur raison s'égare; aux plaisirs brillants d'une jeunesse oisi\c, succèdent les ennuis d'une laborieuse vieillesse. Honteux de ce qu'ils ont fait, accablés de ce «pi'ils font , ils «)nl couru, dans Iriir premii-r ày«', de délices vu délices, et résené tous les maux pour leur déclin.

» .Moi, je suis la com|)a^ne des dieux , la compa$;ne des mortels irrépnx hnbles ; sans moi, rien de sublime parmi les dieux ni sur la terre. Je n-eois les plus ;;rauds honneui's, cl des puissances di>ines, et de ceux (pii mil le droit de m'honorer. L'artisan n'a persoimc qui le soulage plus (|uc moi dans ses peines; le chef de famille n'a pas d'économe plus (idcle; l'esclave, d'asile plus assuré; les travaux paciliipies , deneourapemcnt plus eflicace; les soldats , de meilleur garant de triomphe; l'amilié , de nu'ud plus sacré.

• Ceux qui me chérissenl trouvent dans le boire et le mnnger un plaisir qu'ils n'aehrtent pas : ils attendent seulement «pie le |y>soinlciir ail commandé. I.e sonwneil leur est plus af^nablt* qu'aux riches indolents; mais ils se ré\eillent sans chagrin, et l'heure du rc-pos n'est jamais prise sur celle du de>oir. Jeunes , ils ont le plaisir d'entendre les éloges des vieillards; vieux, ils niment à re«iieillir les respects de la jeunesse. C'esl avec joie ipi'ils se rappellent leurs aciimis passiVs ; ils font a\cv joie ce qui leur concilie la fa\eur des dieux, raiïcction de leurs amis, les hommages de leiirii i<incilo\ens. Oitand le terme fatal arrive, l'oubli

» du tombeau ne les ensevelit pas tout entiers ; mais leur mémoire, » toujours florissante, vit dans un long avenir. Mon cher Hercule, î montre-toi digne du sang généreux qui t'a fait naître; tu vois ï quelle gloire et quelle félicité seront le prix de tes travaux. > [Entretiens mémorables , liv. n.)

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