‹ Histoire de l'éloquence (volume 2)Chapitre 56 sur 89 · POLYBE · texte numérisé non relu

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succès qu'en porlanl la conviction dans l'esprit , ou la persuasion dans les cœurs. C'est en vain qu'un froid sophiste épuise les ressources de son art pour nous attendrir sur des malheurs imaginaires ; c'est en vain qu'il veut nous faire délihcrer sur une entreprise qui n'existe que dans son idée, sur une situation dont lintérèt est effacé depuis plusieurs siècles; nous remarquons ses efforts pénibles et nous n'en sommes point émus ; nous entendons des mots , lorsque nous espérions voir des choses , et l'harmonie de ses périodes nombreuses ne peut nous tirer de notre indifférence. Voilà l'elfet (pie produisaient et que devaient produire tous ces vains déclamateurs , qui ne traitaient que des sujets supposés. On disait d'eux qu'ils avaient de l'esprit , qu'ils avaient du talent, mais personne ne pleurait à leurs discours; on n'éprouvait aucun frémissement, aucun transport; on ne s'élançait point, on ne courait point aux armes. L'élo(pience perdait toute son énergie en s'éloignant de son véritable but. La noble simplicité des orateurs anciens était remplacée tantôt par un luxe ambitieux d'ornements qui cachait, sous la |)()mpe des paroles , la stérilité des idées, tantôt par une profusion ridicule de sentences qui couvraient ainsi, sous la gravité déclamatoire, le vide des conceptions.

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