‹ Histoire de l'éloquence (volume 3)Chapitre 15 sur 63 · BIARAT PEINT PAR TIMON · texte numérisé non relu

BIARAT PEINT PAR TIMON

« Marat , homme aux instincts féroces et à la ligure basse et ravalée , que Danton répudiait et dont Robespierre ne s'approchait pas; dénonciateur universel, qui invoquait la sainte guillotine, poussait le peuple à l'assassinat et demandait, par passe temps, deux cent mille victimes , la tête du roi et un dictateur. Homme de qui l'on ne saurait dire s'il fut plus cruel que fou, goguenard et trivial , sans tenue , sans dignité , sans mesure. Il s'agitait sur son banc comme un énergumène , se levait en sursaut, claquait des mains, riait aux éclats, assiégeait la tribune, fronçait les sourcils, et se laissait mettre ridiculement sur la tête, devant la Convention, une couronne de chêne. S'adressant à l'assemblée, il répétait sans cesse avec emphase : i Je vous rappelle à la pudeur, si vous en avez. >

» Il disait de ses adversaires : « Quelle clique ! ô les échappés de Bicêtre! » 11 criait à l'orateur : « Tais-toi, vil oiseau! » ou, t Tu «8 un infâme ! tu es un radoteur ! tu es un imbécile ! »

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> On le lui vendait bien , car de tous côtés partaient ces exclamations : c Taisez-vous , scélérat ! » II était en horreur à la Gironde surtout , et à la plupart de ses collègues qui l'accablaient d'injures, d'abjections et de mépris reçus, il faut le dire, avec calme et même avec une effronterie grossièrement railleuse. Marat n'était pas orateur. Il n'était pas même un parleur vulgaire. Mais ce n'était pas non plus un polémiste sans talent, et il a eu quelquefois assez de perspicacité pour deviner les ambitieux sous leur masque, et assez de courage pour le leur arracher. »

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