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l'huile , nous n'en dirons pas autant de ses impro\isations qui couraient à brève haleine. Quel naturel! quelle vive et puissante ironie! Quel incroyable bonheur de riposte! Et cela en toute occasion, à chaque pas, à chaque interruption, et toujours le mot juste , le mot décisif.
A ceux qui lui reprochaient de regretter la cocarde tricolore :
< Ah! dit-il, ce ne serait pas les ombres de Philippe- Auguste et de Henri IV qui s'indigneraient, dans leurs tombeaux, de voir les fleurs de lis de Bouvines et d'Ivry, sur le drapeau d'Auslerlitz. »
A ceux qui lui demandaient : Quest-ce donc que l'aristocratie ?
« L'aristocratie! je vais vous le dire : l'aristoratie , c'est la ligue , la coalition de ceux qui veulent consommer sans produire , vivre sans travailler, occuper toutes les places sans être en état de les remplir, envahir tous les honneurs sans les avoir mérités , voilà l'aristocratie ! »
A ceux qui criaient : La clôtui'e, la clôture !
< Vous voulez des clôtures et non des vérités. Les vérités vous submergent. >
Aux loups-cerviers qui lui disaient : Envoyez vos nouvelles étrangères à la Bourse :
t Je ne connais pas les jeux «ïe Bourse : je ne joue , moi, qu'à la hausse de l'honneur national ! »
Aux députés qui prétendaient que la commission de censure avait été mise à demi-solde :
c Si cela est vrai , je désire qu'elle soit traitée comme les officiers à demi-solde le sont depuis deux ans. Je désire qu'elle ne soit jamais rappelée au service ! »
Aux ministres qui défendaient le luxe ridicule et les sinécures du département des affaires étrangères :
« Faites-nous donc connaître vos diplomates qui n'ont servi ni avant, ni après, ni pendant notre héroïque révolution ; vos pensions accordées à celui-ci pour qu'il fasse un livre; à celui-là pour qu'il n'en fasse pas ; vos médecins qui n'ont jamais de malades à soigner; vos historiographes, qui n'ont pas d'histoire à écrire ; vos paysagistes qui n'ont pas d'autre paysage à peindre que le jardin de l'hôtel de Wagram. »