‹ Histoire de l'éloquence (volume 3)Chapitre 40 sur 63 · ÉLOQUENCE MINISTÉRIELLE · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE MINISTÉRIELLE

Casimir.Périer. (1777—1832.)

En face de celte double opposition , en face des obstacles et

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des embarras qui firent longtemps vaciller le trône des barricades , aucun ministre ne déploya plus de ressources que Casirair-Périer. Nommé président du conseil , le 15 mars 1851 , il exposa avec vigueur devant les députés le système de politique qu'il prétendait suivre. Il en avait déjà fait l'essai lorsqu'une nouvelle cbambre fut convoquée au milieu de la fermentation générale des esprits.^ La majorité lui était assurée , mais l'Opposition libérale s'apprêtait à stigmatiser sa conduite et à lui adresser de terribles reproches. Il avait fait ce qu'il était possible d'attendre d'un homme ferme et habile ; il dit ce qu'il pouvait trouver de mieux pour se justifier.

Discours de M. Casimir-Périer à l'ouverture de la session de 1831 . (Séance du 9 août.)

< Messieurs, au moment où la chambre se dispose à exprimer son opinion sur le système et sur les actes du ministère , avant que le débat s'engage , elle me permettra , je pense , de lui exposer dans son ensemble la politique que nous avons suivie depuis la fin de la session dernière, de lui en faire apprécier les motifs, de lui en rappeler les résultats.

j Ce n'était point comme ministre que je comptais , il y a peu de jours encore , paraître à cette tribune.

ï Nous avions cru, mes collègues et moi , qu'un motif tout constitutionnel nous commandait de renoncer à une mission difficile en tout temps, mais, j'ose le dire, impossible aujourd'hui , pour qui ne serait pas investi de toute votre confiance.

» A côte de ce devoir parlementaire, qui avait commandé au cabinet de se dissoudre , des circonstances survenues au dehors ont fait naître un autre devoir plus pressant , qui le lui défendait.

> Je m'en félicite , Messieurs ; car si ma conviction politique me portait à déposer le fardeau du pouvoir, il m'en coûtait de voir juger les actes de l'administration que j'avais eu l'honneur de présider, sans être encore à mon poste, pour encourir plus directement , s'il est possible , ma part de responsabilité.

» Trop souvent, depuis cinq mois, d'injustes interprétations ont essayé de dénaturer, aux yeux de la France , l'esprit et la conduite de notre administration. Nous rentrons enfin , grâce à votre présence , dans la véritable carrière de la discussion politique , et vous allez juger si nous n'avons pas quelque raison de persister dans un système que tant de vaincs attaques n'ont pu arracher de noire conviction.

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» Rappelez-vous , Messieurs, dans quelles circonstances le pouvoir fut remis au ministère formé le 13 mars.

» De toute part la situation était sombre et décourageante , et peut-être suiïlrait-il de rappeler que nous osâmes braver les embarras de cette situation, et de vous montrer dans un tableau fidèle ce qu'était la France à cette époque et ce qu'elle est aujourd'hui.

» Mais c'est peu de n'avoir pas [échoué dans nos espérances; c'est peu d'avoir franchi , avec quelque bonheur peut-être , les obstacles que nous avions affrontés. Nos actes accomplis vous répondent pour le passé. Maintenant, Messieurs, c'est du système politique qui a dicté ces actes que nous voulons répondre devant vous, jaloux de vous convaincre que ce système seul peut assurer dans l'avenir les résultats déjà obtenus dans le passé.

» Ce système que nous ne nous flattons pas d'avoir inventé , parce qu'on n'invente pas un système politique, qu'on doit trouver tout écrit dans la nature des choses ; ce système , quel est-il ?

» Dans nos affaires intérieures , la Charte , toute la Charte , rien que la Charte. En empruntant ces paroles à un illustre ami que la France regrette , j'y trouve notre symbole politique.

ï Oui , Messieurs , c'est dans l'enceinte sacrée de la Charte de i830 que nous avons renfermé l'exercice de notre autorité ; nous voulons marcher jusqu'à ses dernières limites , mais les dépasser, jamais.

» Qui pourrait dire que ce système n'est pas conforme à l'esprit de la révolution de juillet, qu'il résiste à son mouvement, qu'il s'oppose à ses conséquences? La révolution de juillet a-t-elle voulu plus que la Charte , Messieurs ? personne , que je sache, n'oserait le soutenir.

» Elle est venue, non recommencer, mais terminer notre première révolution.

ï Elle n'est pas un signal donné à la France et au monde pour les appeler à d'aventureuses expériences et à d'interminables combats.

> Elle doit nous assurer un gouvernement définitif, et la Charte est le seul programme de ce gouvernement. (^Marques d'approbation.)

» Que faut-il donc pour être fidèle au vœu de la révolution de juillet ?

» Il faut exécuter la Charte avec franchise et loyauté.

> Eh bien , Messieurs , nous l'avons fait !

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» Deux choses sont aujourd'hui comprises dans le code politique ; des lois déjà faites et des lois à faire.

» Quant aux lois déjà faites, elles ont été fidèlement observées; vous en êtes témoins , Messieurs ; car une de ces lois vous a appelés à siéger sur les bancs de cette chambre , et vous savez avec quelle loyauté ses moindres dispositions ont été accomplies; il en est de même des autres lois non moins importantes, qui ont pour principe l'élection. Celle delà garde nationale a déjà reçu son exécution dans presque toute la Fj-ance ; celle sur l'organisation des municipalités est à la veille de recevoir aussi la sienne.

> Quant aux lois à faire, elles vous seront immédiatement soumises , et il ne dépendra pas de nous que la présente session n'achève d'accomplir les promesses de l'art. G9 de la Charte.

» Ne nous abusons pas , Messieurs; au-delà de la Charte, audelà de la royauté constitutionnelle, c'est-à-dire au-delà du gouvernement des trois pouvoirs concourant à la rédaction de toutes les lois, de toutes les institutions, il n'y a plus rien qui appartienne en propre à la révolution de juillet ! elle s'est arrêtée là ; et tout ce qu'on vous donne pour les conséquences de cette révolution , ce ne sont que les prémices d'une révolution nouvelle. Or, la France le dit hautement chaque jour : elle a horreur de toute révolution. (^Marques nouvelles d'assentiment.)

» En marchant ainsi de conséquences en conséquences , où arriverions-nous , Messieurs ? à l'anéantissement de la société. Malheur à nous , si , obéissant à cette aveugle logique , les yeux toujours fixés sur un chimérique avenir, nous négligions le fruit de nos victoires pour courir incessamment à d'insaisissables conquêtes? Qu'un exemple récent soit constamment sous nos yeux! Comment s'est perdue la restauration ? Par ceux qui se disaient ses amis exclusifs , par leur insatiable exigence , par les conséquences logigiques du droit divin.

» Messieurs, ce n'est qu'en résistant, quand il en est temps encore, à cette invasion de conséquences toujours réclamées par d'imprudents amis, qu'un gouvernement nouveau peut se fonder un avenir. La France en a le sentiment : car aujourd'hui elle a soif de repos, de stabilité. {Vive adhésion.) Après l'intervalle immense qu'elle a franchi depuis un an , ce dont elle a besoin , c'est de reprendre haleine. Ses habitudes , vous pouvez le remarquer souvent , sont encore en arrière de ses lois ; et ce n'est que dans un avenir éloigne qu'elle pourra trouver insuffisantes les institutions qu'elle vient de conquérir. Il faut donc la préserver d'une de ces croissances trop précoces qui énervent et font dépérir le

corps social. C'est là le devoir que nous nous sommes imposé , mes collègues et moi; c'est à cette mission sévère et laborieuse que nous nous sommes dévoués.

3> Maintenant, Messieurs, c'est à vous d'achever notre ouvrage.

» Nous avons pu , pendant votre absence , entreprendre et soutenir une lutte si difficile. Mais aujourd'hui, quand vous êtes assemblés , nous ne pouvons plus rien sans le concours de vos efforts et de votre confiance. Le pouvoir n'existe qu'au prix de l'harmonie entre les dépositaires de l'autorité et les représentants de la nation, et cette harmonie doit être complète ; car, pour peu qu'elle fût douteuse, où serait la force, où serait l'appui d'une administration sans cesse livrée à la merci de votes imprévus?

j> A de telles conditions, nous nous croirions coupables, Messieurs, de conserver plus longtemps le dépôt du pouvoir. La confiance du Roi ne saurait se séparer de la vôtre.

î En effet, devant cette alliance, devant elle seule tomberont ces partis qui s'agitent aujourd'hui pour troubler le repos de la France. S'ils ont quelque force , ce n'est pas d'eux qu'elle leur vient , c'est du défaut de puissance , c'est-à-dire du défaut d'ensemble de l'autorité. »

L'orateur signale ces divers partis, qui, selon lui , s'agitent pour troubler le repos de la France; il passe ensuite à sa politique extérieure.

^ Ce n'est pas seulement au dedans qu'on nous accuse d'avoir méconnu les conséquences de la révolution de juillet.

ï Le système que nous avons suivi au dehors, est l'objet] d«s mêmes reproches.

ï Ce système , nous l'avons trouvé^établi à notre arrivée aux affaires , par des négociations entamées que nous devions nécessairement poursuivre. Nous sommes donc entrés dans les voies tracées avant nous; seulement, grâce à l'homogénéité que nous avons pu donner au cabinet, nous croyons y être entrés d'un pas plus ferme et avec une intention plus arrêtée.

» Nous avons adopté ce système , auquel nous ne craignons pas de donner son vrai nom , le système de la paix , parce que nous l'avons cru à la fois le plus sur et le plus digne : parce que , tout en comptant sur l'invincible valeur de nos soldats , nous avons pensé qu'une destinée plus belle et une gloire plus durable attendaient notre pays , s'il se plaçait en Europe à la tête de la civilisation, plutôt par l'ascendant de la force morale que par l'eflFrai de ses baïonnettes.

> L'état de l'Europe , les intérêts des puissances , leurs disposi-

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lions , leur conduite , les faits qui se sont passés depuis six mois , depuis huit jours , les guerres mêmes dont nous sommes acteurs ou témoins, tout nous atteste , tout nous donne le droit de penser et d'affirmer ici que la paix du monde peut être conservée, et que c'est de la France surtout qu'elle dépend.

» Est-ce à diie que la France doive la vouloir à tout prix , et par tous les moyens? Non, non Messieurs ; et, pour éviter la guerre, nous ne demanderons à l'honneur de la nation aucun sacrifice, nous n'en demandons qu'aux passions et aux théories. {Très-bien l très-bien ! marques cV approbation.)

» Que disent les théories? que les principes de notre gouvernement étant opposés à ceux des grands Etats du continent , la guerre est la conséquence de cette contradiction. Ainsi , la liberté française ne saurait être sauvée que par la conquête de l'univers.

> Les événements sont là pour démentir cette assertion. Voilà bientôt un an que la France traite avec les divers Etats de l'Europe, quel que soit d'ailleurs leur régime intérieur ; les conventions qu'elle forme avec eux sont fidèlement exécutées, l'accord n'a point cessé de régner entre les grandes puissances, et elles ont travaillé de concert à élever des trônes et à créer des nations !

> Quant aux passions enflammées , soit par de glorieux souvenirs , soit par de patriotiques regrets , elles demandent la guerre , tantôt comme un plaisir, tantôt comme une revanche ; il semble à quelques jeunes courages que ce n'est que dans le sang que peuvent s'effacer des souvenirs de deuil et de revers.

» Ainsi, Messieurs, la guerre serait l'éternelle destinée des nations ; et , de vengeances en vengeances , de représailles en représailles, l'extermination de tous les peuples, sous les coups d'un seul , serait l'unique dénouement du drame sanglant de l'histoire.

» Messieurs, j'en atteste l'immortel éclat de notre révolution, j'en atteste le prompt respect de tous les trônes pour notre indépendance reconquise, la France a repris aujourd'hui en Europe cette position digne d'elle , qu'un gouvernement esclave de l'étranger lui avait trop longtemps ravie.

> Au reste , les résultats de notre diplomatie et de nos armes , dans le court espace d'une année , prouvent assez', Messieurs , que la politique de la paix n'est pas plus un sacrifice qu'une illusion. Je laisse parler les faits. {Ecoutez , écoutez.)

» Le Portugal avait outragé envers des français les droits de

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l'humanité ; le gouvernement avait annoncé à la France satisfaction ou justice; justice à été faite et satisfaction obtenue.

> En Italie, vous avez vu, ainsi que nous l'avions annoncé à cette tribune, les troupes de l'empereur d'Autriche évacuer les Etats romains.

» La Romagne est pacifiée. Cette faible insurrection , qui ne pouvait l'affranchir, n'a point entraîné son oppression. Des réformes utiles ont été obtenues en partie , grâce à nos négociations.

» Qu'y avait-il à faire de plus? Les événements d'Italie étaient commencés lorsque notre cabinet s'est formé ; nous avons trouvé le duché de Modcnc envahi ; les Autrichiens étaient en marche vers la Romagne; le gouvernement promit alors que , s'ils y pénétraient, ils n'y occuperaient pas; cette promesse a été remplie ; l'Italie respire , et sans nous elle serait peut-être aujourd'hui ie théâtre de sanglantes réactions.

ï Plus forte et plus menacée que l'Italie, la Pologne préoccupe bien autrement le monde; nous partageons cette sympathie profonde que la France éprouve pour une nation dont la gloire et [le malheur ont si souvent uni les destinées aux siennes ; sympathie dont l'expression a été hautement professée dans un acte solennel ! (^Sensation.)

» Mais des vœux ne seraient qu'un stérile hommage ; au 13 mars aucune médiation n'avait été offerte encore pour la Pologne. Nous avons conseillé au roi d'offrir la sienne le premier.

» Ses alliés ont été pressés de s'unir à lui pour arrêter le combat, pour assurer à la Pologne des conditions de nationalité mieux garanties. Ces négociations se continuent; nous les suivons avec anxiété, car le sang coule , le péril presse et la victoire n'est pas toujours fidèle. Ainsi , pendant qu'on nous accusait d'une prétendue indifférence, chaque jour nous voyait tenter de nouveaux moyens d'intercession. (Sensation.)

t A quel autre moyen pouvions-nous recourir, Messieurs? Fallait-il, comme nous l'avons entendu dire, reconnaître la Pologne? Mais , en supposant même que la foi des traités , que le respect de nos relations nous eussent donné le droit de faire cette reconnaissance , elle eût été illusoire , si des effets ne l'eussent suivie , et alors c'était la guerre. J'en appelle à la raison de cette chambre ; car ici ce n'est pas l'émotion et l'enthousiasme qui doivent prononcer, c'est la raison. La France doit-elle chercher la guerre? doit-elle recommencer la campagne gigantesque où se perdit la fortune de Napoléon ?

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» Cette guerre qu'on nous demande, y pense-t-on? C'est la guerre à travers toute la largeur du continent européen ; c'est la guerre universelle , objet de tant d'ambitions délirantes , de tant de chimériques passions !

> Si du moins on nous prouvait que cette croisade héroïque eût sauvé la Pologne! mais non, Messieurs , car, si la France fut sortie un moment de sa neutralité , c'en était fait de la neutralité qu'observent d'autres puissances , et quatre jours de marche seulement séparent leurs armées de celte capitale en péril qui se défend à quatre cents lieues de nous ! {Très-vive sensation.)

» En présence de tels faits , qui donc ose demander la guerre , non pour sauver la Pologne, mais pour la perdre? {Marques trèsvives d'assentimejit.)

> Nos explications ne seront pas moins positives sur les affaires de Belgique. Combien de fois , vous pouvez vous en souvenir, n'a-t-on pas prévu dans la royauté belge une cause inAiillible de rupture avec l'Europe entière ? Certes , lorsque nous sommes entrés au ministère , le refus de la couronne pour M. le duc de Nemours, et l'exclusion donnée à M. le duc de Leuchtemberg, limitaient étroitement le choix du souverain destiné à donner enfin l'existence et l'unité à ce royaume naissant : le choix que la Belgique a fait était politique : le caractère personnel du prince qui en était l'objet rendait ce choix désirable. La France a dû l'accueillir avec satisfaction , car elle ne partage pas d'ombrageuses défiances dont la cause n'est qu'apparente.

> D'ailleurs, en reconnaissant le roi Léopold, la France a stipulé des conditions que réclamaient sa sûreté et sa dignité. La démolition des places fortes effacera les derniers vestiges de 1815. L'indépendance de la Belgique a été garantie, sa neutralité ne l'est pas moins : l'une et l'autre seront au besoin défendues : les dernières déterminations du cabinet français viennent de le prouver.

» Une armée française a reçu ordre d'entrer en Belgique , pour repousser l'agression inattendue du roi de Hollande.

» Cette expédition que nous avons résolue à la première dépèche du roi des Belges, est le résultat du concert qui existe entre toutes les grandes puissances de l'Europe ; elle prouve que la France est forte, que ses armées sont prêtes, que ses jeunes soldats et ses vieux généraux sont dignes de l'héritage de gloire déposé dans leurs mains. {Très-bien, très-bien.)

» Elle prouve que la France est la fidèle alliée , l'appui naturel de la Belgique, qu'elle sait protéger son ouvrage, que les traités

ne sont pas un vain mot , et que cette Europe qu'on nous peint conspirant la guerre contre nous , respecte ses engagements , notre indépendance et notre force. C'est en ce sens que la guerre contre la Hollande est la confirmation de la paix générale.

> Ainsi , Messieurs, en dépit des prédictions qui, dès long-temps, nous annonçaient qu'avant peu l'absolutisme européen réduirait la France elle-même à la nécessité de défendre sa propre indépendance , et que Paris reverrait l'étranger ; c'est d'accord avec l'Europe que la France va défendre aujourd'hui , contre un monarque isolé, la cause de l'indépendance d'un peuple voisin et ami, indépendance née de notre révolution ; c'est Bruxelles qui reconnaît des alliés sous l'uniforme français. Quel éclatant démenti pour les prophètes de propagande et de réaction !

» La France protège , de concert avec l'Europe , une révolution née de juillet , et elle verra démolir des forteresses élevées contre la France elle-même par la Sainte-alliance ! Voilà des faits, Messieurs, qui prouvent que , sans la France et ce qu'elle a fait , les Etats du Saint-Siège seraient couverts de soldats étrangers , de proscriptions et de confiscations ; que , sans la France , la Pologne eût été depuis long-temps écrasée par les efforts réunis des trois puissances qui rentourenf; que, sans la France, la Belgique serait en proie à l'anarchie ou tombée sous une restauration! {Longue et vive sensation.)

ï Loin donc que la France ait abandonné les peuples que sa révolution avait mis en mouvement, sans aucune provocation de sa part , elle leur a rendu à tous autant de services qu'une imprudente propagande a pu faire de victimes ! {Marques prolongées d'assentiment.)

» Elle a assuré à la Belgique l'indépendance et la nationalité ; à la Pologne , moins d'inégalité dans une lutte au milieu de laquelle notre intervention en eût appelé de ti*op décisives; elle a épargné à l'Italie les plus douloureuses conséquences d'une tentative manquée ; et la paix générale a été maintenue, et, en maintenant la paix générale, la France s'est mise en état de faire la guerre.

> C'est-à-dire qu'elle a ressaisi son influence , prouve sa sagesse et rétabli sa force !

» Ces résultats , Messieurs , c'est au nom de la révolution de juillet , c'est en nous prévalant de son beau caractère , que nous les avons obtenus.

» Ne vous y trompez pas ; ce qui l'a si rapidement accréditée en Europe, ce qui a imposé silence à ses ennemis, c'est surtout la

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