CAZALÈS
moitié, mais de laquelle il faudrait supprimer dix ans pour en effacer une grande tache. *
Cazalés. (1752—1805.)
Apres l'abbé Maury, Cazalés est regardé comme le plus grand orateur du côté droit à l'assemblée constituante. Rejeton d'une famille noble et peu fortunée du Languedoc , il était entré dans l'état militaire dès Tàge de seize ans, et avant d'avoir terminé ses études. Aussi en arrivant à l'assemblée, il était loin d'avoir la conscience de sa force. Un jour que plein de défiance en luimême , il osait , dans l'un des bureaux , contredire une opinion émise par Mirabeau , le redoutable athlète mesura des yeux son jeune adversaire , l'écouta , le devina et lui dit avec un sentiment d'admiration et de jalousie : « Vous êtes un orateur. Monsieur! > et il ne s'était pas trompé. Cazalés aborda la tribune; il y déploya un talent jusqu'alors ignoré des autres , et surtout de luimême ; ses paroles vives et entraînantes secondaient les élans d'un cœur généreux, et servaient merveilleusement un enthousiasme que la menace et l'injustice redoublaient encore , loin de le décourager ou de l'abattre; mais ce qui étonnait davantage, c'est qu'au milieu de ces discussions passionnées, où les principes les plus vénérés étaient livrés aux querelles des partis, pendant que son improvisation rapide saisissait au vol les doctrines ennemies, et que son âme bouillonnait d'indignation et de colère, Cazalés, toujours maître de sa pensée et de son raisonnement , trouvait le secret d'allier la puissance de la logique avec ces illuminations soudaines qui jaillissent d'un cœur sincèrement épris du beau et du grand.
On trouve ces qualités diverses dans le discours qu'il fit pour défendre l'inviolabilité royale. L'assemblée examinait ce qu'il faudrait faire dans le cas où le roi sortirait du royaume et refuserait d'y rentrer, nonobstant les sommations du corps législatif. Le comité de constitution demandait que , dans cette hypothèse, le roi fut censé avoir abdiqué. Cette disposition indignait le côté monarchique.
« Le comité , dit Cazalés , demande que si le roi sort du royaume
* Dans une séance de racadémie française , le conventionnel Cliénier, qui le détestait , affectant de lui donner le titre d'abbé , quelqu'un l'avertit de l'appeler cardinal : < Je lui fais trop d'honneur, reprit Chénier ; il aurait mieux (ait de rester toujours l'abbî Maury. •
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et refuse d'y rentrer, il soit censé avoir abdiqué la royauté! Je n'examinerai pas d'abord si , en cherebant avec une coupable industrie de semblables liypothèses, on peut trouver un cas légitime où le peuple puisse détrôner son véritable souverain. Cette question était enveloppée d'un voile religieux : ceux-là sont coupables qui ont déchiré ce voile. Il est démontré qu'il n'est pas nécessaire qu'une loi ait prononcé la déchéance du trône. Dans la circonstance qu'on ose prévoir, la volonté suprême de la nation prononcerait plus sûrement que la loi. Cette prévoyance est une espèce de délit. » (11 s'élève des murmures. L'orateur reprend :) « Et comment se pourrait-il que , si le vœu de tout gouvernement est d'assurer la tranquilité et le bonheur du peuple, il ne fût pas coupable de discuter ces questions qui apprennent au peuple à mépriser l'autorité suprême , qui apprennent au peuple quel est le cas précis où il doit désobéir à son souverain ? j> (Ici de nouveaux murmures éclatent , et l'on crie à gauche : Le peuple n'a pas de souverain. L'orateur poursuit) :
< C'est à ces spéculations téméj-aircs , c'est aux maximes trop souvent soutenues dans cette assemblée, que vous devez la tendance à l'insurrection , l'anarchie à laquelle le royaume est livré , une partie des crimes qui ont souillé la révolution. Vous recueillez les fruits très-amers de cette indiscrète conduite...
» L'hérédité du trône a été fondée par le peuple français. Je ne pense pas que le roi tienne sa couronne de Dieu et de son épée ; je n'admets point ces contes ridicules : il la tient du vœu du peuple. Mais il y a huit cents ans que le peuple français a délégué à la famille royale son droit au trône. Vous avez reçu l'ordre de reconnaître ce droit : vous avez obéi à une autorité supérieure à vous , vous auriez été traîtres à la nation , si vous aviez hésité dans votre obéissance. 11 suit de là que vous n'avez pas droit d'apposer une condition à un acte qui est au-dessus de votre puissance , à un bienfait qui vous a précédé... Vous ne pouvez donc imposer une condition à l'hérédité du trône... Osez déclarer que vous aviez le droit de changer le gouvernement français ; il ne faut pas , pour me répondre , confondre la nation et ses représentants. Si le cas arrivait où le peuple voulût que le gouvernement fût interverti et le roi détrôné , il faudrait que ce vœu fût exprimé par le peuple d'une manière unanime; il faudrait, pour que ses représentants en fussent l'organe , qu'ils en eussent reçu l'ordre formel.... Dans le cas contraire qui jugerait entre l'assemblée nationale et le roi ? Le pouvoir exécutif peut-il être jugé par
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le pouvoir législatif? C'est la chose la plus contraire à la constitution, la plus opposée à la séparation des pouvoirs. Le pouvoir exécutif une fois dépendant, la liberté est dctruile. Le peuple a le malheur de ne pouvoir exercer sa puissance : forcé de la déléguer, il a dû balancer les pouvoirs qu'il confie. Au milieu d'eux, il règne, il juge, il est souverain (on applaudit). Mais si l'un des pouvoirs est anéanti, le peuple est esclave, il n'est plus rien. Ainsi toutes les fois que vous donnerez de l'ascendant à un des pouvoirs sur l'autre, vous serez traîtres envers ce peuple , dont on parle lant , et qu'alors vous asservirez. »
Un des discours les plus remarquables de Cazalès est celui qu'il prononça en faveur des ecclésiastiques , lorsque l'assemblée exigea d'eux le serment à la constitution civile du clergé, sous peine de perdre leurs bénéfices.
e Je voudrais , dit-il , en s'adressant aux députés réformateurs, que cette enceinte pût s'agrandir à ma volonté , et contenir la nation individuellement assemblée. Elle nous entendrait , elle jugerait entre vous et moi.... Je dis qu'une scission se prépare, je dis que l'universalité des évoques de France, et que les curés, en grande partie,, croient que les principes de la religion leur défendent d'obéir à vos décrets, que cette persuasion se fortifie par la contradiction , et que les principes sont d'un ordre supérieur à vos lois , qu'en chassant les évèqucs de leurs sièges et les curés de leurs presbytères , pour vaincre celte résistance , vous ne l'aurez pas vaincue , vous serez au premier pas de la persécution qui s'ouvre devant vous. Doutez-vous que ces évcques chassés de leurs sièges, n'excommunient ceux qui ont été mis à leur place? Doutez-vous qu'une grande partie des fidèles ne restent attachés à leurs anciens pasteurs et aux principes éternels de l'Eglise? Alors le schisme est introduit, les querelles de religion commencent; alors les peuples douteront de la validité des sacrements; ils craindront de voir fuir devant eux cette religion sublime, qui, saisissant l'homme dès le berceau, et le suivant jusqu'à la mort, lui offre des consolations touchantes dans toutes les circonstances de la vie; alors les victimes de la révolution se multiplieront, le royaume sera divisé. Vous verrez les catholiques errants sur la surface de l'empire , suivre dans les cavernes , dans les déserts , leurs ministres persécutés... Si vous vouliez sentir les maux incalculables que vous attirerez sur notre patrie , si vous vouliez montrer votre amour pour le peuple, vous temporiseriez , vous attendriez l'adhésion de l'Eglise de France... La question qui nous
divise est une vile question de forme et d'orgueil. Pourquoi craindriez-vous de dire que vous vous êtes trompes, quand l'exécution de la constitution civile du clergé , sans résistance , peut être la conséquence de cet aveu? Pourquoi refuseriez-vous de revenir sur un décret , quand vous voyez qu'une folle obstination vous perd , et que l'Eglise de France vous a montré l'erreur dans laquelle vous êtes tombés... Aux murmures qui s'élèvent, je vois que je suis obligé de déclarer en mon nom et en celui de mes collègues , que nous ne voulons prendre aucune part à cette délibération ; que nous n'abandonnerons jamais, que nous reconnaîtrons toujours pour nos dignes pasteurs, ceux que l'Eglise a reconnus. >
Ce fut dans la même circonstance que M. de Montlosier prononça ces paroles :
t Je ne crois pas qu'on puisse forcer les évoques à quitter leurs sièges. Si on les cbassc de leur palais cpiscopal , ils iront dans la cabane des pauvres qu'ils ont nourris. Si on leur ôte une croix d'or, ils porteront une croix de bois. C'est une croix de bois qui a sauvé le monde, i
Le parti modéré de l'assemblée constituante avait pour organes principaux Monsieur, Troncbet , Mallouet , Clermont-Tonnerre et Lally-ToUendaK
DÉBATS DE l'aSSEMBLÉE CONSTITUANTE.
Pour nous faire une idée des débats de l'assemblée constituante, écoutons M. Lacretelle : « L'assemblée agitait aubasard toute sorte de matières, car elle gouvernait tout par ses comités, ou à l'aide de pétitions qui lui arrivaient de toutes parts. Depuis 3Ioïse et Lycurgue, il n'avait jamais existé un pouvoir de législation plus absolu ; ses articles de constitution se décrétaient suivant telle circonstance donnée. Le plus souvent on les faisait précéder par une discussion solennelle , mais qui était d'abord froidement dogmatique. Les discours écrits étaient ordinairement des traités de droit public dans lesquels on se faisait une loi de remonter au premier état du genre humain , aux conventions des deux premiers hommes. Lors même que ces discours étaient plus précis, plus positifs, ils avaient rarement le puissant attrait d'une réfutation réciproque et subite. Mais , à mesure que la décision approchait, le débat devenait plus vif entre les mains des principaux orateurs qui recouraient à l'arme brillante de l'improvisation. La tribune, assiégée par l'élite des deux camps, était emportée
DÉBATS DE l'aSSEMBLÉE CONSTITUANTE. 49
tantôt par la rapidité de la course , tantôt par un combat athlétique, tantôt par l'avantage d'une voix aiguë ou d'une voix tonnante. Ce poste était peu sûr. L'homme le plus éloquent ne pouvait s'y faire entendre sans être vingt fois assailli par une tempête de vociférations, de murmures, de huées, ou par des sarcasmes plus cruels encore qu'un bruit injurieux. Figurez-vous le frémissement alternatif d'un millier d"hommes dont plusieurs voyaient leur existence mise en problème , qui combattaient pour leur Dieu, pour leur roi, et dont les autres procédaient avec fureur, avec fanatisme , à ce qu'ils appelaient leur régénération sociale. Le désespoir des vaincus s'exprimait souvent par un rire sinistre, et la joie des vainqueurs par un rire inhumain ; on se lançait des cartels qui devenaient bientôt tellement collectifs , qu'ils eussent appelé deux cents combattants sur le pré. Ajoutez à ce bruit celui de deux mille spectateurs , pour la plupart acteurs éprouvés dans les scènes de la révolution , auxiliaires , juges et tyrans du parti démocratique. Dès qu'ils avaient fourni une salve d'applaudissements : Entendez , entendez la voix du peuple souverain l s'écriaient des courtisans démagogues. Se taisait-on un moment , on entendait du dehors le bruit , les menaces , les cris de fureur de dix ou vingt mille hommes stationnés par groupes dans le jardin des Tuileries , sur la terrasse des Feuillants, et qui portaient leurs clameurs jusqu'aux oreilles du roi. Les députés du côté droit avaient à traverser ces formidables rangs pour se rendre à leur poste. C'étaient les croix épiscopales qui appelaient le plus l'outrage et la malédiction , et jamais les prélats n'avaient plus à craindre les violences populaires que lorsqu'ils venaient de se dévouer à la pauvreté par un sacriiice fait à leur conscience. Toutefois, pendant le cours de l'assemblée constituante, le peuple n'effectua point ses menaces envers les députés , et n'alla point jusqu'à des crimes que ses chefs ne lui demandaient pas. Si telles étaient les séances du matin, qu'on juge de celles du soir. Quand le tumulte était au comble , le président , dont la voix était lassée et la sonnette impuissante, proclamait, en se couvrant, l'interruption de la séance , et l'ordre renaissait par degrés. Il est difficile d'imaginer combien de vives et piquantes saillies s'échappaient d'un tel désordre ; quel effet produisaient les expressions chevaleresques de plusieurs militaires, tels que MM. d'Ambli et de Lautrec ; l'onction et la dignité pastorale de certains prélats , tel que M. l'évèque de Clermont ; le choc des réparties brillantes qui s'engageaient entre Mirabeau et le vicomte son frère , M. de Tallcyrand et l'abbé Maury ; l'agréable surprise que causaient des
traits (le grâce, de politesse, de générosité; le respect que certains présidents de l'assemblée, et particulièrement MM. de Clermont-Tonnerre , le marquis de Bonnai, l'abbé de Montesquieu, d'André et Bureau de Puzy, inspiraient par leur fermeté et leur impartialité courageuse ; enfin tout ce qu'offrait de curieux , d'affligeant, de comique, d'étourdissant, le contraste entre les anciennes mœurs françaises qui brillaient de leur dernière grâce , et les mœurs nouvelles qui se dirigeaient vers la liberté, avec des illusions dignes de la jeunesse. J'ai vu d'illustres étrangers qui assistaient aux débats de l'assemblée constituante , s'étonner également, et qu'une délibération si tumultueuse ne produisît pas des lois plus violentes, plus anarchiques, et qu'une telle réunion d'hommes de talent et de probité ne produisit pas des lois plus justes, plus prudentes et mieux coordonnées. » [Histoire de la révolution. )
l'assemblée constituante selon m. de lamautine.
« Cette assemblée avait été la plus imposante réunion d'hommes qui ait jamais représenté, non pas la France, mais le genre humain. Ce fut en effet le concile ocuménique de la raison et de la philosophie modernes. [Sic.) La nature semblait avoir créé exprès, et les différents ordres de la société avoir mis en réserve , pour cette œuvre , les génies , les caractères , et même les vices les plus propres à donner, à ce foyer des lumières du temps , la grandeur, l'éclat et le mouvement d'un incendie destiné à conserver les débris d'une vieille société , et à en éclairer une nouvelle. 11 y avait des sages comme Bailly , des penseurs comme Sieyès, des factieux comme Barnave, des hommes d'état comme ïalleyrand , des hommes époques comme Mirabeau, des hommes principes comme Robespierre. Chaque cause y était personnifiée par ce qu'un parti avait de plus haut. Les victimes aussi y étaient illustres. Cazalès , Malouet , Maury, faisaient retentir en éclats de douleur et d'éloquence les chutes successives du tx'ône, de l'aristocratie et du clergé. Ce foyer actif de la pensée d'un siècle fut nourri , pendant toute sa durée , par le vent des plus continuels orages politiques. Pendant qu'on délibérait dedans, le peuple agissait dehors et frappait aux portes. Ces vingt-six mois de conseils ne furent qu'une sédition non interrompue. A peine une institution s'était-elle écroulée à la tribune, que la nation la déblayait pour faire place à l'institution nouvelle. La colère du peuple n'était que l'impatience des obstacles , son dé-
l'assemblée constituante. si
lire n'était que sa raison passionnée. (Sic.) Jusque dans ses fureurs, c'était toujours une vérité qui l'agitait. {Sic.) Les tribunes ne l'aveuglaient qu'en l'éblouissant. Ce fut le caractère unique de cette assemblée, que cette passion pour un idéal qu'elle se sentait invinciblement poussée à accomplir. Acte de foi perpétuel dans la raison et dans la justice ; sainte fureur du bien qui la possédait et qui la faisait se dévouer clle-mcmc à son œuvre , comme ce statuaire qui, voyant le feu du fourneau où il fondait son bronze, prêt à s'éteindre, jeta ses meubles, le lit de ses enfants, et enfin jusqu'à sa maison dans le foyer, consentant à périr pour que son œuvre ne périt pas.
> C'est pour cela que la révolution qu'a faite l'assemblée constituante est devenue une date de l'esprit humain , et non pas seulement un événement de l'histoire d'un peuple. Les hommes de cette assemblée n'étaient pas des français, c'étaient des hommes universels. On les méconnaît et on les rapetisse quand on n'y voit que des prêlres, des aristocrates, des plébéiens, dcg sujets fidèles, des factieux ou des démagogues. Ils étaient, et ils se sentaient eux-mêmes mieux que cela : des ouvriers de Dieu , appelés par lui à restaurer la raison sociale de l'humanité , et à rasseoir le droit et la justice partout l'univers. Aucun d'eux , excepté les opposants à la révolution , ne renfermait sa pensée dans les hmiles de la France. La déclaration des droits de l'homme le prouve; c'était le décalogue du genre humain dans toutes les langues. La révolution moderne appelait les gentils comme les juifs au partage de la lumière et au règne de la fraternité.
» Aussi , n'y eut-il pas un de ses apôtres qui ne proclamât la paix entre les peuples. Mirabeau, Lafayette, Robespierre luimême effacèrent la guerre du symbole qu'ils présentaient à la nation. Ce furent les factieux et les ambitieux qui la demandèrent plus tard; ce ne furent pas les grands révolutionnaires. Quand la guerre éclata, la révolution avait dégénéré. L'assemblée constituante se serait bien gardée de placer aux frontières de la France les bornes de ses vérités, et de renfermer l'ame sympathique de la révolution française dans un étroit patriotisme. La pairie de ses dogmes était le globe. La France n'était que l'atelier où clic travaillait pour tous les peuples. Respectueuse et indificrentc à la question des territoires nationaux , dès son premier mot elle s'interdit les conquêtes. Elle ne se réservait que la propriété ou plutôt l'invention des vérités générales qu'elle mettait en lumière. Universelle comme l'humanité, elle n'eut pas l'égoïsrae de s'isoler. Elle voulut donner et non dérober. Elle voulut se répandre par
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le droit et non par la force. Essentiellement spiritualiste , elle n'affecta d'autre empire pour la France que l'empire volontaire de rimilation sur l'esprit humain.
» Son oeuvre était prodigieuse , ses moyens nuls ; tout ce que l'enthousiasme lui inspii'e , l'assemblée l'entreprend et l'achève; sans roi 5 sans chef militaire, sans dictateur, sans armée, sans autre force que la conviction , seule au milieu d'un peuple étonné, d'une armée dissoute , d'une aristocratie émigrée , d'un clergé dépouillé , d'une cour hostile , d'une ville séditieuse , de l'Europe en armes ; elle fit ce qu'elle avait résolu : tant la volonté est la véritable puissance d'un peuple, tant la vérité est l'irrésistible auxiliaire des hommes qui s'agitent pour elle ! Si jamais l'inspiration fut visible dans le prophète ou dans le législateur antique, on peut dire que l'assemblée constituante eut deux années d'inspirations continue. La France fut l'inspirée de la civilisation. (Sic. ) > {Histoire des Girondins.)