‹ Histoire de l'éloquence (volume 3)Chapitre 9 sur 63 · ROBESPIERUE JUGÉ PAR TIMON · texte numérisé non relu

ROBESPIERUE JUGÉ PAR TIMON

Robespierre, orateur disert, rompu aux harangues des clubs et aux luttes de la tribune ; patient, taciturne, dissimulé, envieux de la supériorité des autres et vain de lui-même, ne laissant d'issue à ses passions que par des exclamations sourdes; ni si médiocre que ses ennemis l'ont fait , ni si grand que ses amis l'ont vanté; pensant beaucoup trop avantageusement et parlant beaucoup trop longuement de soi, de ses services , de son désintéressement, de son patriotisme, de sa vertu, de sa justice; se ramenant sans cesse sur la scène après de laborieux circuits, et surchargeant tous ses discours du poids fatiguant de sa personnalité.

Robespierre éciùvait ses rapports, récitait ses harangues et n'improvisait guère que dans ses répliques.

Il savait tracer avec talent le tableau extérieur du monde politique. Il avait peut-être, plus que ses collègues, des vues ë'hommc d'Etat, et, soit vague instinct d'ambition, soit système»

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