PÉLISSON
tcmpcranls, libéraux même; mais comme elle, nous ne saurions
être cléments Si quelqu'un, Sire (nous ne pouvons le penser),
s'opposait à cette miséricorde, à celte équité royale, nous ne souhaitons pas même qu'il soit traité sans miséricorde et sans équité. Mais pour nous qui l'implorons , pour M. Fouquet, qui ne l'implore pas seulement, mais qui y espère, mais qui s'y fonde, quel malheur en détournerait les effets ! quelle autre puissance si grande, si puissante dans les états de votre Majeté, l'empêcherait de suivre et sa gloire et ses inclinations, toutes grandes et toutes royales , puisque sans leur faire violence et sans faire tort à ses sujets, elle peut exercer toutes ces vertus ensemble? L'avenir, Sire, peut-être prévu, réglé par de bonnes lois : qui oserait encore manquer à son devoir quand le prince fait si dignement le sien?.... Mais pour le passé, Sire, il est passé, il ne revient plus, il ne se corrige plus. Votre Majesté nous avait confiés à d'autres mains que les siennes : persuadés qu'elle pensait moins à nous, nous pensions bien moins à elle ; nous ignorions presque nos propres offenses dont elle semblait ne pas s'offenser. C'est-là, Sire, le digne sujet, la propre et véritable matière, le beau champ de sa clémence et de sa bonté. >