DISCOURS PRONONCÉS AUX DISTRIBUTIONS DE PRIX
Nous devons rattacher à l'éloquence académique les discours prononcés, soit aux concours généraux des collèges à Paris, soit aux distributions de prix dans les établissements de l'université et dans les écoles secondaires ecclésiastiques, etc. L'enthousiasme qu'ils inspirent ne survit pas d'ordinaire à la cérémonie. Plusieurs cependant mériteraient d'être connus, parce qu'ils traitent avec talent des questions d'un intérêt général.
M. Parlais.
Mgr.Parisis, évêque de Langres, se distingue dans celle carrière. Les discours qu'il adresse, chaque année, aux élèves de son petit séminaire, rappellent, par leur élégance et leur solidité, les plus beaux ouvrages de d'Aguesseau. Voici comment il s'exprimait en 4844, sur l'alliance de la science et de la foi.
€ Messieurs , la fête à laquelle vous voulez bien prêter l'éclat de votre concours et la faveur de vos suffrages, est tout à la fois celle de la religion et celle de la science, puisque cette maison offre en même temps un gymnase aux études et un sanctuaire à l'Eglise.
» Nos efforts ont donc ici un double but : nous voulons faire de cette aimable et ardente jeunesse des hommes croyants et des hommes instruits.
» Dans les siècles passés on trouvait que ces deux tendances, loin de se nuire, se communiquaient naturellement des forces; que ces deux œuvres, loin d'êlre disparates, n'en formaient véritablement qu'une, qui se complétait par leur union.
» Mais de nos jours il s'est trouvé des sages qui ont prétendu que cette union, cimentée par une durée paisible de dix-huit cents ans, était contre nature, que la science et la foi étaient, non pas comme on l'avait cru jusque-là, deux puissances amies, mais deux forces contraires ; que la foi ne pouvait briller qu'en couvrant de nuages le flambeau de la science, et que par opposition la science en se manifestant, faisait nécessairement pâlir les lumières de la foi. >
L'orateur, après avoir raconté comment est venue la dissidence de ces deux alliées, montre que leur réconciliation commence à s'opérer.
c Maintenant que fit le Christianisme pendant le cours de ces fureurs de la raison? Il fit ce qu'il a toujours fait, il plaignit l'humanité malade, il la secourut encore autant qu'il lui fut possible, et il attendit la fin de sa crise. Puis, quand l'orage se fut un peu dissipé, il dit comme autrefois le Seigneur à la vraie Sagesse : Venez, descendons jusqu'à ces éludes humaines où ils s'égarent, et confondons leur orgueil , Venite igitur, descendamus et confondamus linguam eorum. (Gon. xi. — 7.) et cela se fit bientôt.
» Les impies avaient cherché, dans les entrailles de la terre, des