M. PARISIS
témoignages contre les saints livres, mais voilà que le plus savant des naturalistes, l'étonnant auteur de l'anatomie comparée, Cuvier déclare que, de tous les travaux géologiques , on ne peut conclure qu'un fait, celui d'un déluge universel qui ne remonte guère audelà de cinq mille ans. Or ce fait n'est-il pas tout biblique?
> Les impies avaient dit que le sein de la terre révélait des enfantements et des révolutions antérieures , et par cela même contraires aux dates les plus reculées de l'histoire sainte. Sans discuter sur la valeur de leurs découvertes, la science leur a fait voir qu'ils attaquaient une histoire dont ils ne comprenaient pas le premier mot, puisque ces paroles : In principio, étant parfaitement distinctes de ces autres paroles, dies unus, le récit de Moïse qui est destiné au genre humain , et qui pour cela même, commence à la naissance de ce qui, dans le monde, est préparé pour l'homme , nous apprend en même temps que la création proprement dite s'est faite à une autre époque, à cette époque du premier commencement où il plut à Dieu de sortir de son repos, d'exercer sur le globe de la terre le jeu de sa puissance, ludens in orbe ierrarum; époque éloignée autant qu'il sera nécessaire pour expliquer toutes les révolutions de ce cahos dont la tradition se trouve chez tous les peuples, époque inconnue dans sa date, mais dont Moïse révèle l'existence dans un lointain mystérieux qui laisse un abime entre le premier jour de l'homme et ce point de l'éternité divine où Dieu plaça l'origine des choses : au commencement, in principio!
> Et ce qui au besoin rend encore plus complet cet hommage involontaire de la science moderne à la foi, c'est qu'elle avoue avoir trouvé les créatures fossiles superposées dans l'ordre précis marqué par les formations successives du récit biblique; en sorte que la géologie, cultivée pour contredire la Genèse, en est devenue l'explication la plus textuelle, et pour que cette vaine science n'ait en aucune manière, même indirectement, l'honneur de cette explication , on peut lui faire voir que les Augustin, les Grégoire de Nazianze, les Basile, les Césaire l'avait donnée il y a quatorze cents ans.
> Maintenant nous demandons aux Géologues ce qu'ils pensent de ce Moïse qui d'un mot a signalé toutes leurs recherches et dissipé tous leurs raisonnements trente trois siècles d'avance?
» Et bien, mes cnfans, il en fut ainsi de toutes les sciences; elles étaient devenues folles en se faisant impies ; elles recouvrent toute leur lumière et toute leur puissance en redevenant chrétiennes.
» Que n'avait-on pas dit de cette diversité presque infinie de la
langues parlées chez les diverses peuplades du monde ! que d'inductions n'en tirait-on pas contre l'unilé originelle du genre humain! et voilà que des savants infatigables, reprenant pour les compléter les travaux de Leibnitz, rattachent les uns aux autres par des conformités radicales, les idiomes les plus indépendants , et déclarent que les trois groupes auxquels ils se réduisent tous, l'Indo-Européen , le Sémitique et le Malay, sont trois sœurs issues d'une même mère.
» Quels cris de triomphe n'a pas poussés l'impiété à la découverte du zodiaque de Denderah et d'Esneh ! C'était à des milliers d'années qu'il fallait rattacher ces monuments prétendus astronomiques. Celui d'Esneh devait avoir trente-cinq mille ans de date, ce qui avait l'avantage de rendre la famille humaine beaucoup plus vénérable par son antiquité ; mais voilà qu'il est prouvé que ces titres savants d'une antiquité si effrayante pour la foi , ne sont autre chose que des amulettes astrologiques, c'est-à-dire des instruments de superstition à l'usage des devins du paganisme sous les derniers des Césars. Quelle humiliation pour des esprits
forts !
» Et ce fameux livre sanskrit trouvé dans l'Inde en 1728, cet Ezour-Védam renfermant les dogmes principaux du Christianisme, quel éloge n'en fit pas l'école de Ferney ! Quelle autorité pour ceux qui affirmaient que le Christianisme n'était qu'un composé des traditions païennes et des philosophies spiritualistes de l'Asie ! Il fut d'abord établi par de brillantes dissertations que ce commentaire du Vedam était delà plus haute antiquité, et surtout bien antérieur à l'Evangile. Quel triomphe contre la foi! Mais quelle honte quand, après tous ces chants de victoire, il fallut reconnaître que cet ouvrage, dont l'origine devait se perdre dans la nuit des temps, avait été composé en 4624 parle savant missionnaire Robert de nobilibus, neveu du cardinal Bcllarmin, et que c'était un modeste catéchisme en langue sanskrite destiné à faciliter la conversion des naturels!
» Oh! par combien d'autres sujets de confusion la divine Providence a châtié celte science audacieuse qui a voulu mettre le Dieu delà nature en opposition avec le Dieu des chrétiens! Non ! ce dualisme impie n'obtiendra jamais le moindre témoignage avoué par la science. Non , mes chers enfants , il n'y a qu'un Dieu , c'est le Dieu vivant et véritable; il règne sur le monde spirituel comme sur le monde visible ; c'est lui qui a fait les cieux et la terre, et c'est aussi lui qui a fait l'Evangile et l'Eglise. La science qui cherche à mettre Dieu en opposition avec lui-même