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deux partis n'en était encore venu aux voies de fait ; et quoique la dispute fût très-échauffée des deux côtés, on n'avait encore employé que les armes théologiques, c'est-à-dire des thèses, des arguments et des réponses. Cette querelle avait fait cependant sur l'esprit des peuples des impressions profondes ; leur respect pour les doctrines et les institutions anciennes était fort affaibli, et les matériaux de l'incendie qui devait embraser l'Allemagne étaient déjà rassemblés. Les étudiants accouraient en foule de toutes les provinces de l'empire à Wittemberg* Mélanchton, Carlostad et d'autres mattres d'une réputation distinguée, allèrent puiser sous Luther des opinions qu'ils répandirent à leur retour parmi leurs compatriotes , et ceux-ci les reçurent avec cette vive attention que s'attire la vérité relevée du charme de la nouveauté f.
Pendant tout le cours de ces événements, la cour de Rome, quoique gouvernée par un de ses plus habiles pontifes , ne montra ni cette profonde sagacité dans ses projets, ni cette constance dans l'exécution, qui l'avait rendue aux yeux de l'Europe le plus parfait modèle de sagesse et de politique. Lorsque Luther commença à déclamer contre les indulgences, le pape avait deux routes à choisir : en suivant l'une, il étouffait dans sa naissance l'entreprise de Luther ; en prenant l'autre, il la rendait innocente , et n'avait plus de coupable à punir. Au premier éclat de Luther, il fallait sur-le-champ l'arrêter et faire tomber sur lui tout le poids des censures ecclésiastiques ; la terreur qu'elles inspiraient aurait pu contenir l'électeur de Saxe , et l'empôcher d'accorder sa protection à un sujet excommunié ; éloigner le peuple de ses prédications, et même en imposer à Luther lui-même ; et son nom , comme celui de tant d'hommes de bien qui l'avaient précédé , ne serait aujourd'hui connu de l'univers que par l'effort louable , mais prématuré , qu'il aurait tenté pour réformer les abus de la cour de Rome. L'autre moyen qui restait au pape était de marquer de bonne heure son mécontentement des vices et des excès de ceux qui avaient été chargés de publier les indulgences , de défendre de parler des points contestés dans les prédications publiques, d'imposer silence aux deux partis, et de se garder de compromettre l'autorité de l'Eglise en décidant des articles qui jusqu'alors étaient restés indécis : alors il est probable que Luther n'eût pas poussé plus
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M HISTOIRE I>E CBAM3MJUIWT.
loin «es recherches, et que n'étant pas forcé à chercher de nouvelles ressources par te nécessité de se défendre, tonte^odtte cfispute -se serait insensiblement assoupie , eu aurait été reléguée 'dans l'obscurité des feules. Elle eût pu s'y entretenir sans faire plus de tort & l'autorité et à la pak de l'église romaine, -que n'en a fait scelle qirîsribsisfte centre las franciscains et les dominicains sur l'immaculée conception, ou cette qui divise les jansénistes et les jésuites sur les opérations de la grâce. Mais Léon, toujours flottant entre les deux systèmes opposés, et revenant sans cesse de l'un à l'autre, sans en suivre un avec persévérance, manqua l'effet de l'un et de l'autre, dne sévérité déplacée ne servît qu'à aigrir Luther sans le réprimer. L'indulgence employée à contre-temps donna le temps à ses opinions de se propager sans le ramener au sein de l'Église; et la sentence même d'excommunication, qui dans un autre moment aurait pu être décisive, fut si longtemps différée qu'elle devint à peine un objet de crainte.
Tant de fausses démarches de la part de cette cour, à qui on a rarement reproché de se méprendre sur ses vrais intérêts, ne sont pas plus étonnantes que la sagesse que montra Luther dans toute sa^sonduite; quoiqu'il fût très-peu instruit desanaxhnesde la prudence humaine, et que l'impétuosité de son caractère le rendit incapable de les suivre, l'ordre dans lequel il fit ses découvertes successives, conduisit naturellement ses opérations d'une manière qui contribua beaucoup plus à leur succès <pie si toutes ses démarches eussent été dirigées par la politique la plus étudiée. La première fois qu'il s'avisa de s'opposer à Tetzei, il était loin de songer h cette réforme générale qui en fut la suite ; il eût Alors frémi d'horreur à 1a seule idée de l'ouvrage qu'ensuite il se fit gloire d'avoir accompli. La science de la vérité ne fut pas versée tout à la fois dans son Ame par une révélation particulière. Elle fut le fruit de ses études et de ses méditations, et il n'y avança que par degrés. Tout le système de la doctrine romaine est si •étroitement lié, que la découverte d'une première -erreur le conduisit naturellement h la découverte de toutes les autres; et comme toutes les parties de cet édifice artificiel se tenaient ensemble, il *uî suffit d'en abattre une pour ébranler les fondemetfts des autres et les préparer à une ruine entière. Afin de réfuter les opinions etftaavagantes-qu'en avait sur les indulgences, il fut obligé de chercher la vraie cause de notre justification. Cette cause une fois connue, il en déduisit par degrés l'inutilité des pèlerinages, de riritercearion
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des saints et du culte qu'on leur rendait l'ahusdela confession auriculaire et la non-e&istence du purgatoire. La recherche 4e toutes cas erreurs le porta (naturellement à examiner te caractère du clergé gui las enseignait. Il «rut voir les sources principales de sa corruption dans ses richesses excessives, dans la loi sévère qui lui imposait le célibat, et dans la rigueur intolérable des vœux monastiques. De là âl nteut plus .qu'un pas à faire pour révoquer .en doute la divinité de ltoigine de cette puissance papale qui autorisait et soutenait un tel .système d'erreurs ; par une conséquence nécessaire il en vint à nier .l'infaillibilité du pape, «et à rqjeter les décisions de l'école et toute autre autorité humaine, pour s'en tenir à la parole de Dieu comme à la seule règle des vérités thécdogiques. Ce fut à cette progression d'idées , que Luther dut aes succès,; il, ne révoltait point ses auditeurs par des propositions tcop directement opposées à leurs anciens préjqgésou trop éloignées xlee opiuionsitahttes; il les conduisait insen~ sihlainen&, et pas à pas, 4'un dogme à un autre ; leur Soi et leur convictta» jnarchaientd'un pas égal avec ses découvertes. Ce lut aussi la cause du peu d'attention .que Léon fit aux premiers pas de Luther et de l'indifférence avec laquelle il vit ses progrès. Sixe réformateur eût attaqué directement «et avec éclat l'autorité de J'figlise, il eût attifé sur sa tète tout le poids de sa vengeance ; mais comme ce projet était km de.sa pensée et qu'il témoigna longtemps Je plus grand respect pour le jupe, qu'il -réitéra .même pluaiauraiois ses offres de se soumettre à. ses décisions, il ne paraissait pas qu'on dût craindre de le «air un jour ae porter à une révolteouvecte. On le laissa donc avancer pasà^aSf nt miner .lentement la constitution de l'Église : on sentit à la fin la ^nécessité d'arrêter le mal; omis le remède vint trop tard pour {produire aucun effet.
Quelques avantages que la cause de Luther ait retirés des fausses démarches de ses adversaires et delà prudence de sa conduite, ii ne faut pourtant pas attribuer à ces deii* seules .causes les rapides progrès rt rétablissement de *a doctrine. iLa .même corruption qu'il condamnait dans le clergé de Borne axait été attaquée longtemps avant ta (naissance, et les mêmes opinions qu'il répandait avaient été publiées en divers lieux et soutenues des mêmes arguments. Yaldus, dans le douzième siècle, Wiclef, dans le quatoraièmcw et Jean Hua» dans le quiorième* avaient $ucce6aive*ient attaqué les erreurs de l'église romains avec beaucoup de Jbardiessç, et les avaient réfutées
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ayec plus de science et d'adresse qu'on n'avait lieu d'en attendre des siècles d'ignorance où ils vivaient. Mais toutes ces tentatives de ré* forme échouèrent, parce qu'elles étaient prématurées. Ce ne furent que des lueurs faibles, incapables de dissiper les ténèbres profondes dont l'Église était alors couverte, et qui s'éteignirent bientôt ; si la doctrine de ces hommes pieux fit quelque impression et laissa quelques traces dans les pays où elle fut enseignée, elles ne furent ni profondes ni étendues. De leur temps, plusieurs des causes qui facilitèrent les progrès de Luther, ou n'existaient point encore, ou n'agirent point dans toute leur force : au lieu que Luther parut dans un moment de crise et de maturité où des circonstances de toute espèce concoururent au succès de toutes ses entreprises.
La longue durée du schisme scandaleux qui divisa l'Eglise pendant le quatorzième siècle et le commencement du quinzième affaiblît beaucoup les idées de vénération et de respect sous lesquelles le monde était accoutumé à considérer la dignité papale. Deux ou trois pontifes, errant à la fois dans l'Europe, flattant les princes qu'ils voulaient gagner, opprimant les pays qui reconnaissaient leur autorité, excommuniant et chargeant de malédictions leurs rivaux et tous ceux de leur parti, décréditèrent singulièrement leur infaillibilité prétendue, et exposèrent au mépris et leur personne et leur dignité. Les laïques, au tribunal desquels toutes les parties en appelaient, apprirent par là qu'il leur restait encore quelque droit de s'en rapporter à leur propre jugement, et exercèrent cette liberté jusqu'à choisir parmi ces guides infaillibles celui qui leur plaisait le plus. Les actes des conciles de Constance et de Bàle augmentèrent de plus en plus ce mépris pour le siège de Rome, et par l'usage hardi qu'ils firent de leur autorité, en déposant et en élisant les papes, ils apprirent à l'univers qu'il était dans l'Église une juridiction supérieure à l'autorité papale, qu'on avait longtemps regardée comme suprême.
La blessure que reçut à cette occasion l'autorité des papes n'était pas encore fermée, lorsque les pontificats d'Alexandre YI et de Jules II, qui furent des princes habiles, mais des ecclésiastiques détestables, excitèrent un nouveau scandale dans toute la chrétienté. Le libertinage du premier dans sa vie privée, les fraudes, les injustices et les cruautés de son administration publique, l'ont fait mettre au rang des tyrans qui ont le plus déshonoré la nature humaine. Le second, quoique exempt des passions odieuses qui avaient fait corn-
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mettre à son prédécesseur tant de crimes révoltants, s'abandonnait aux impulsions d'une ambition effrénée, qui méprisait tous les droits de la reconnaissance, de la décence et de la justice, -dès qu'ils traversaient l'exécution de ses desseins. Il était difficile de rester convaincu que la connaissance infaillible d'une religion dont les premiers préceptes sont la charité et l'humanité, fût déposée dans le cœur de l'impie Alexandre et de l'insolent Jules. L'opinion de ceux qui mettaient l'autorité d'un concile général au-dessus du pape fit de grands progrès sous ces deux pontificats. L'empereur et les rois de France, qui se trouvèrent alternativement aux prises avec la cour de Rome, permirent à leurs sujets de s'élever contre les vices de ces pontifes entreprenants avec toute la violence et toute l'amertume de la satire ; de sorte que les oreilles des peuples, accoutumées aux invectives contre les papes , ne furent point choquées des déclamations hardies, ni des railleries de Luther et de ses sectateurs contre l'église de Rome.
Ces excès n'étaient pas particuliers au chef de l'Église. La plupart des chefs du clergé, tant régulier que séculier, étant des cadets de familles nobles qui n'avaient choisi l'état ecclésiastique que dans l'espérance d'arriver aux grandes dignités et d'en posséder les revenus, étaient accoutumés à négliger totalement les devoirs de leurs places, et se livraient sans réserve à tous les vices qui sont les suites naturelles de l'opulence et de l'oisiveté. A l'égard du bas#clergé, sa pauvreté l'empêchait d'imiter le luxe dispendieux de ses supérieurs ; mais son ignorance grossière et ses débauches crapuleuses le rendaient aussi méprisable que les premiers étaient odieux * . La loi du célibat, cette loi rigoureuse et contre nature qui assujettissait tous les ordres, causa tant d'excès, qu'en plusieurs endroits de l'empire on se vit obligé, non-seulement de permettre, mais même d'ordonner aux prêtres le concubinage. L'emploi d'un remède si contraire à l'esprit du christianisme est la preuve la plus forte de la multitude et de l'é-
1 La corruption du clergé, avant la réformation, est avouée par un auteur qui était hien en état d'en juger, et dont l'aveu n'est certainement pas suspect, a Quelques années ayant les hérésies de Luther et de Calvin, dit Bellarmin, il n'y avait plus, suivant les témoignages de tous les auteurs contemporains, ni sévérité dans les tribunaux ecclésiastiques, ni discipline dans les mœurs du clergé, ni connaissance des sciences sacrées, ni respect pour les choses divines : il ne restait enfin presque plus de religion. » (Bellarmin, Concio XXVIll, oper., t. VI, col. 396, edit. Colon. 1017: apud Gerdaii HUt. Evang. nnwati. vol. I, p. Î5.)
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norraité des crimes qu'on veoMt arrètw par œ moyen, longtemps, avant le seMème siècle; plusieurs autew* célèbres et respcekHhi avaient feiH, cfes meure dissolues du clergé, des peintures qui paraissent presque incroyables dans le nAtre * . Lelitertinage des écrit* «astiques ornait le plte grand scandale r et ce n'était pas seulement parce que de pareilles mœurs ne pouvaient pas s'accorder arec te «* «ictère sacré de leur état-, les faïques, aesoufemés & voir plurian* ecclésiastiques s'élever d* sein* de te bassesse aux dignité» «ti Pop» leneev n'avaient pas pour les excès de ees:nwf9eaurpsnrveimrla indulgence que pour eeuat qui étaient nés dhnsla richesse et dm* grandeur ; et comme ils voyaient avec plus de* jntouste fa fortune premiers, ils censuraient aussi leur conduite avec ptas de rigueur tf d'amertume. Ken n'était donc plus propre à plaire m auditeurs et Luther que ta *»tence avec taquelfeit- dédamait contre les excès* clergé ; chacun de ceux qui récontaient trouvait dans'&s propre* ok* servations des preuves de la justice de ses censures.
Le scandale des crimes du clergé éttM encore considérablement augmenté par la facilité d'en obtenir le pardta. ftans tous le» Èttft de l'Europe, le magistrat n'avait presque plus d'autorité; sous M* forme de gouvernement si singulière et si tumuttueine, ft était tarai de se relâcher <fes rigueurs (Tune exacte justice , et de remettre 11
1 Centum gmvomma. Nat. Germaiu m fateieuh ter. ewpeL et fugiend* par Q+ tuinum Gratium, vol. I, p. 361. Voyez un grand nombre d'autres passages sur k même sujet, dans l'appendice otr detrcième voflime publié' par E<f. ftuinr. Vtrjct aussi Herm. Von der Hardt,,Jtitf . tftL.mporm~.pars lit, ettoTOftflUtatttnes tfoBta tions de Walchiusrdaas ses quatre volumes de Monument* Moin jM+ù ttetHaft 1707. Les auteurs que j'ai cités font l'énuméralion des vices du clergé. Lorsque les ecclésiastiques ne craignaient pas d"e commettre cfes crimes, ils ne devaient pas éta Jhrt scruputamsav ta décence.
Une conduite si «oiumir* a** caractère de leur prof esaie* ttfvafc «voir eseiftéus* indignation générale. Pour le prouver, je vais transcrire le passage d'un auteur qsi ne se proposait pas d'attaquer Tes dérèglements des prêtres, et qu'on ne peut pat soupçonner d'avoir exagéré les choses par prévention ou par artifice, pour les rendrt odieux. L'empereur Charles IV, dans une lettre qu'if &rit à Tarclïetéque (feMrjreiiee, «11359, et où il L'eihorte à< réformer les désordres du clergé, s'etptiine err ees De Chritii palrimtmio, haéos, fwstiludia et torneamenta exercent; habitem tarem eum prœtextis aureis et aryenteis gestant, et cafeeos militons; cwmam ex barbamwtttriuni; et niKil quod ad vitam et ordmem ecntesiasHcum speetat, ostomthmt. MUitaribus se dwMOJM* et seeufaribus actiSus, vitâ et moribus, m suce sahab dispendmm, et çeneretfe pnpuli scandalwn, immiscent. (Codex diplomatie**' dotorum, per Y al. Ferd. Gudenum, \a~&, voL 111^ p. 438.?
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peina des crimes mène les plus atroee»„ moyennant une amende on composition fixée par la toi. La cour de Rome» toujours attentive au moyens d'accroître ses revenus , suivait cette pratique , et par un alliage monstrueux., introduisant ces sortes d'indemnités dans las affaires de religion ,. elle accorda ses- pardons à tous las coupables* <pi pouvaient les acheter. Gomme l'idée de racheter les crimes» par ces compositions pécuniaires était, alors familière, cet étrange: trafic choqua* si peu. les esprits, que l'usage en. devint universel ; et,, pom prévenir les fraudes qui pourraient se commettre „ les officier» de la chancellerie romaine publièrent un livre qui contenait un tarif exact de» somme» nécessaires pour obtenir le pardon de chaque péchés Un diacre coupable, de meurtre était ahsoua pour vingt écus : un évêque et un abbé pouvaient assaasinei pour trois cents livrer Tant écriée siastique pouvait s'abandonner aus excès de l'impureté r même avec les circonstances les plus aggravantes > pour le tiers de cette somme. Ce» «rimes monstrueux , dont la> vie humaine ne. fournit qne des exemples très-rares , et. qui peut-être n'existent que dans l'imaginah tioa impure d'un easuiste* étaient, ta&é» à fort bas prix. Mais lorsque enfin- la justice s'administra, d'une manière plus parfaite et miens réglée dans les cour» séculières, r usage de ces amendes pour rachetés le» crimes s'éteignit peu k peu i et dès que les homme» entent aeqrâ des notions pin» saines et pins exactes- sur le» principes de la religion et de la morale, les condttwtfia auxquelles Borne accordait se» pardons parurent impies* et fusent regardées Gamme la principale saura» de la corruption dt* clergé i.
©a eût peut-être tetiré: mm plus d'inchilge&ce. cette dépravation des; mmuc* dit clergé,, sa km» richesse» et leur pefluvetp exorbitant ne Veussent nés en état d'opprimer toutes, le» autre» classe» de la société*. C'est un <hs caractère* de superstition que d'aimer In pompe e& foi grandeur, de ne mettre aucune? borne k sa libéralité cgmrer» les p*p~ sonne» qu'elle regarde* coma» satnées , et de croire qttf * man<pe toujours* qpelque chose aus marques de. son respect pour elles:, jusqu'à ce qu'elle tes ait élevées au comble de Fopntence et de Van* torité. Telle fut le. source de ces immenses richesses et de cette jnrir dictien inimitée que possédait, l'Église dan» tous le» pays de l'Europe,
1 Fascicul. rer. exp étend, et fugiend., vol. I, p. 355. J. G. Schelhornii Amœnit. litler. Francof. 1725, vol. II, p. 369. Dict. de Bayle, art. Bunck et Tuppius. Taxa cancellor. Roman, Ed. Francf., 1651, pass\m.
et qui devinrent à la fin insupportables aux laïques, quoiqu'elles (talent leur première origine à leur aveugle générosité.
C'était sur les Allemands qu'était tombé le plus grand poids de l'oppression ecclésiastique ; et , par cette raison , malgré la constance de leur caractère et leur attachement à leurs anciens usages, ils forent plus disposés qu'aucune autre nation de l'Europe à écouter ceux qui leur proposaient des moyens de recouvrer leur liberté. Pendant la longue durée des contestations qui s'élevèrent entre les papes et les empereurs sur le droit d'investiture , et des guerres qui en furent la fuite , la plupart des plus puissants prélats de l'Allemagne prirent le parti du pape ; et tant que dura leur révolte contre le chef de l'empire, ils se saisirent des revenus de l'empereur , et exercèrent sa juridiction dans leurs diocèses. Quand la paix fut rétablie, ils continuèrent de retenir ce qu'ils avaient usurpé , comme si la longue durée d'une possession injuste avait pu former en leur faveur un droit légitime. Les empereurs, trop faibles pour arracher leur propre bien des mains de ces usurpateurs, furent obligés de leur céder en fiefs ces vastes territoires, et de les laisser jouir de toutes les immunités et prérogatives qui appartenaient aux barons dans le système féodal. Par là un grand nombre d'évèques et d'abbés d'Allemagne furent non-seulement des ecclésiastiques, mais encore des princes , et leur caractère et leurs mœurs participèrent beaucoup plus de la licence qui régnait trop généralement alors dans les cours laïques , que de la piété et des vertus qui convenaient à la sainteté du sacerdoce ' .
D'ailleurs , l'état toujours flottant du gouvernement d'Allemagne, qui n'avait encore pris aucune consistance fixe , et les guerres fréquentes qui désolaieht cette contrée, contribuaient encore à l'agrandissement des ecclésiastiques. Il n'y avait que les domaines de l'Église qui pendant ce temps d'anarchie fussent à l'abri de l'oppression des grands et des ravages de la guerre. On les épargnait autant par le respect profond qu'on avait alors pour le caractère ecclésiastique que par la crainte superstitieuse de l'excommunication, que le clergé était toujours prêt à lancer contre ceux qui envahissaient «es possessions. C'est ce qui détermina plusieurs seigneurs à céder leuis terres aux ecclésiastiques, pour les tenir ensuite en fiefs de l'Église : en devenant ses vassaux, ils acquéraient une sûreté qu'ils ne pouvaient se procurer par leurs propres forces.
1 Fn-Paolo, de Bmtficiis.