SIRE
Je prends la liberté de présenter à Votre Majesté l'histoire d'un règne qui ne serait pas indigne de l'attention d'un monarque , juge à la fois et protecteur du mérite littéraire, si les talents de l'historien répondaient à la grandeur du sujet.
Le privilège de l'histoire est d'offrir des leçons aux rois et aux peuples. Il ne m'appartient pas de prévenir les réflexions que le règne de Charles-Quint fera naître dans l'esprit de Votre Majesté ; mais vos sujets ne pourront observer les calamités diverses qu'attira sur les États de ce prince l'ambition qu'il eut d'être conquérant, sans être pénétré du bonheur dont ils jouissent et sans tourner avec
reconnaissance leurs regards vers on souverain, qui, dans l'ardeur de la jeunesse et au milieu des victoires, a montré asseï de droiture d'esprit et d'empire sur lut-qtèiue poujf ratre Aes bornes à ses propres triomphes, et préférer les biens dp la paix à l'éclat de la gloire militaire.
La postérité, en louant la sqgossédè cette conduite, se rappellera toutes les vertus qui caractérisent votre règne, surtout cet attachement inviolable a tous les devoirs imposés au souverain d'un peuple libre.
Nous avons le bonheur de jouir du fruit de ces vertus, et de vivre sous la domination d'un prince qui se plaît bien plus à étendre le bien public qu'à recevoir le tribut de louanges dû à sa bienfaisance royale.
Je suis ,