‹ Histoire de l'Empereur Charles-QuintChapitre 45 sur 56 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Les Italiens ne doutaient pas que la défaite des Français, chassés à la fois du Milanais et des États de la république de Gènes, ne terminât la guerre entre l'empereur et le roi de France ; et, comme ils ne voyaient plus de puissance capable de résister à l'empereur en Italie» ils commencèrent à craindre l'accroissement de ses forces et à former des vœux ardents pour le rétablissement de la paix. Contents d'avoir procuré à Sforcela restitution de ses États héréditaires, objet qui avait été le principal motif de leur alliance avec Charles , ils ne dissimulèrent plus l'intention où ils étaient de ne pas contribuer plus long* temps à augmenter la supériorité qu'il avait sur son rival, et qui commençait à exciter leur jalousie. Le pape surtout, qui, par la timidité naturelle de son caractère, se méfiait le plus de l'ambition de Charles, chercha par le ministère de ses ambassadeurs et par ses remontrances, à lui inspirer des sentiments de modération et à le disposer k la paix.

Mais l'empereur, enivré de ses succès, excité par Bourbon, qui ne cherchait que l'occasion de se venger, et violemment entraîné par sa propre ambition , méprisa les avis de Clément, et déclara que sa résolution était prise, qu'il allait faire passer les Alpes à son armée et attaquer la Provence, celle des provinces de France où son rival craignait le moins une attaque, et où il était le moins préparé à la soutenir. Ceux de ses ministres qui avaient le plus d'expérience cherchèrent à le dissuader de cette entreprise , en lui représentant la faiblesse de son armée et l'épuisement de son trésor : mais il comptait sur le secours du roi d'Angleterre ; et d'ailleurs Bourbon , plein de cette confiance et de cette présomption naturelles aux exilés, lui promettait qu'un corps nombreux de ses partisans se joindrait aux troupes impé-

ff4 HISTOOUt M CW» H1JWT.

riales, dès l'instant qu'elles entreraient en France. Charles, séduit par ces espérances, persista obstinément dans son dessein. Henri se chargea de fournir dix mille ducats pour subvenir aux frais de l'expédition pendant le premier mois, après lequel il se réservait le choix ou de continuer de payer la même somme tous les mois, ou d'entrer en Picardie avant la fin de juillet avec une puissante année. L'empereur s'engagea, de son côté, à attaquer.la Gaienne en même temps avec un corps de troupes considérable; et, si ces entreprises réussissaient, Bourbon devait rentrer dans les terres qu'il avait perdues, et de plu» être mis en possession de la Provence avec le titre de roi, en faisant hommage de ces nouveaux États à Henri comme au souverain légitime 4e la France.

Det(Mtesle«partie»d«cepla»iiva«teetsieitw««wt,lÉDWSK«

4e la Provence lut la seule exécutée. Charles ne diminua ries de soa «rdeur pour cette entreprise malgré le» scrupule» de Bourbe* qui, par une ééUcaten* ou'™ ne devait pas attendre du rôle qu'il avait pria, refus» positivement de reconnaître lesdroitede Henri àte cosronae de France, et par là affranchit ce monarque de tousteaeae»- «■Beats qu'il avait «entractes. L'année que l'empereur employa peu Ste expédition ae montait qu'à dix-huit mUle homme», dort 0 éanna te conmandemeat au marquis de Pescaàre, m te» oreVMaant ««avoir, dan» toutes se» opératioas, ta plu» grande défeence pour te» »v»4e Bourbon. Pesoaire passa les Atoes sans trouver 4e résistance ; il entra 4aas la Provence et alla mettre le siège devant KarseèUe. Bourbon voulait qu'on marchât droit à Lyo», parce que «as teara étaient dans le voisinage de cette ville, et que, par cette raison, a» crédit y aérait plu» efieace et plus étendu ; mai» lempawur était si •ateux 4e laposwwion A*m port qui lui assurait dans tous la» teaafs «ne entrée facile de» la France, auMon autoril* prévalut pour cette lofeew l'avis de Bourbon, et détermina Pejcaire à regarder la rédaction 4e MaweiUe comme son objet puas* ^ Franco», qui prévit bien le dessein de l'empereur, mais qui n'était pas ea état de te «ceveair, s'attacha à prends» te» «emrej te» plus pjepies à le faire échouer. 11 ravagea te pays adjacent, afin d'oter eut «suante te» moyens d'y subsWer ; il rasa tes faubourgs de la ville, ajouta 4e d» vettes fortifications aux anciennes, et jeta dans la place «ne forte

« GuU*.,liv. rv, p. «3, «*fe Mém. *«»JMiay.B>«a»

garnison ceromandée par des officiera teavesit expérimentés. Neuf mille habitants» à qui la crainte de tomber sous le jc^g «qpagnol fit màpriscx le danger, se joignirent à la garnison t et s'armèrent pour défendre la place. Leur bravoure et leur habileté réunifia triomphèrent 4e tonte la science militaire de Pescaire et 4e l'activité du ressenti* ment de Bourbon. Pendant «e temps-là François eut tout le loisir d'assembler une armée nombreuse sous les murs d'Avignon, et lorsqu'il avança vers Marseille , les impériaux déjà épuisés par les fatigues d'un siège de quarante jours, affaiblis par les maladies 9 et près de manquer de provisions, se retirèrent avec précipitation vers

l'Italie1.

Si, pendant ces opérations de l'arméede Provence, Charles et Henri «usent afcUfué la France de la manière qu'ils l'avaient projeté, ce royaume eût couru le plus grand danger. Mais, dans cette occasion, enoune dans beaucoup d'autres, l'empereur trouva que ses revenus n'étaient pas proportionnés à la grandeur de sa puissance et à l'activité de «on ambition ; et le défiant d'argent le força, quoiqu'è regret, de sétséoir son plan et d'en laisser toujours la moitié sans exécution « Hewi, blessé du refus qu'avait bit Bourbon de reconnaître ses droits à la couronne de France, alarmé par les mouvements des Écossais qui, 4 la seUmitation du roi de France, s'étaient déterminés à marcher vei* les frontières de l'Angleterre, et n'étant plus excité par son ministre Woteey > qui s'était extrêmement refroidi sur les intérêts de l'eqpereur, ne prit aucune mesure pour seconder cette même entreprise, qu'il avait d'abord adoptée avec toute l'ardeur que lui inspirait tottpursnn projet nouveau2.

Si le roi de France se fût contenté d'avoir préservé ses siyets des «ûtes de cette invasion formidable, et d'avoir montré à l'Europe combien la force intérieure de ses États lui fournissait de ressources pour rçpoussor les attaques d'un ennemi étranger, secondé même des talents et des efforts d'un sujet puissant et rebelle , il eût encore, malgré b perte du Milanais, fini la campagne avec honneur. Mais ce qKiaee, qui avaitplutût le courage d'un soldat que celui d'un.général, «quittait entraîné par son ambition, et que son caractère portait plus à la témérité ou'à la prudence, se laissait trop aisément éblouir par

1 Guicb., Ut. xv, p. 277. Ulloa, Vida de Cari. V, p. 93. J Fiddes, Life of WoUty, append., n<» 7a, 9t, 1S«

flO ' B1ST01BB D« CHÀlLM-QOTttT.

le succès, et séduire par tonte entreprise, qui demandait dé Fandaoe et qui présentait de grands dangers. L'état où étaient alors ses affaires lui offrait naturellement une entreprise de ce genre. Il se trouvait i la tète d'une des années les plus puissantes et les mieux entretenues que jamais la France eût mises sur pied : il ne put 'se résoudre à It congédier sans avoir tiré quelque avantage de ses forces. L'armée impériale avait été obligée de se retirer ; les fatigues l'avaient presque ruinée ; le mauvais succès l'avait découragée ; le Milanais était sa» défense; il n'était pas impossible de s'y rendre avant que Pescaire pût y arriver avec les débris de son armée ; ou si la crainte avait rendu sa retraite plus prompte, il n'était pas en état de tenir contre des troupes fraîches et nombreuses ; et, dès lors, Milan était obligé de se soumettre sans résistance , comme elle avait fait plusieurs fois, « quiconque aurait la hardiesse de l'attaquer. Ces conjectures étaient par elles-mêmes assez plausibles : elles parurent décisives au bouillant François. En vain les plus sages de ses ministres et de ses généraux lui représentèrent le danger de se mettre en campagne dans nne saison si avancée , avec une armée composée en grande partie de Suisses et d'Allemands, aux caprices desquels il serait obligé de» prêter dans toutes ses opérations , sans avoir d'autre sûreté de leur fidélité ; en vain Louise de Savoie se hâtait à grandes jcunées d'arriver en Provence pour employer tout son crédit à le détonner d'une entreprise si téméraire ; François méprisa les représentations de ses sujets ; et afin de s'épargner le désagrément d'une entrevue avec sa mère, dont il était bien résolu de rejeter les conseils, il se mit en marche avant qu'elle arrivât : mais, pour réparer en quelque sorte ce manque d'égard, il la nomma régente du royaume pendant son absence. Bonnivet ne contribua pas peu par ses conseils à affermir François dans la résolution qu'il avait prise. Ce favori, qui avait tous les défauts de son maître, était porté par l'impétuosité naturelle* son caractère à appuyer fortement cette entreprise : il était impatiat d'ailleurs de revoir une dame de Milan dont il avait été violemment épris dans sa dernière campagne ; et l'on prétend que, par les récite séduisants qu'il faisait à François de la beauté et des agréments de a maîtresse, il avait enflammé l'Ame de ce prince, toujours ouverte am impressions de l'amour, et lui avait inspiré le même désir de la voir ♦

! OEuvr. de Brant., tome VI, p. 859.

livbi it (1524). 177

Les Français panaient les Alpes au mont Genis , et ♦ comme te succès dépendait de leur diligence 9 ils marchèrent à grandes journées. Pescaire , qui avait été obligé de prendre un chemin plus long et plus difficile, par Monaco et par Final 9 fut bientôt informé de leur dessein ; convaincu qu'il n'y avait que la présence de ses troupes qui pût sauver le Milanais , il marcha avec tant de célérité 9 qu'il atteignit d'AIbe le même jour que l'armée française arrivait à Verceil. François, instruit par la faute qu'avait faite Bonnivet dans la première campagne , marcha droit à Milan. L'approche inattendue d'un ennemi si puissant jeta la ville dans un si grand trouble et dans une si grande consternation 9 que Pescaire , qui était entré dans la ville avec ses meilleures troupes, sentit l'impossibilité de la défendre avec succès ; et , après avoir jeté une garnison dans la citadelle , il sortit par une porte 9 tandis que les Français entrèrent par l'autre *.

La célérité de la marche du roi de France déconcerta tous les plans de défense que les impériaux avaient formés. Jamais généraux n'avaient eu à résister à une invasion si formidable et dans des circonstances si désavantageuses. Charles possédait des États beaucoup plus étendus qu'aucun autre prince de l'Europe , et il n'avait alors d'autre armée à soudoyer que celle de Lombardie 9 qui ne montait pas à seize mille hommes; mais son autorité était si limitée dans ses différents royaumes 9 et ses sujets , qu'il ne pouvait imposer à aucune taxe sans JeuMonsentement 9 montraient tant de répugnance à se charger |^j*apitions nouvelles ou extraordinaires, que sa petite année se trou^J tout à la fois sans paye , sans munitions, sans vivres et sans habits. Dans ces circonstances 9 il fallait toute la sagesse de Lannoy, toute l'intrépidité de Pescaire et la haine implacable de Bourbon 9 pour empêcher les troupes impériales de se livrer au désespoir, et pour j)eur inspirer la volonté et le courage de tenter les ressources qui lejur restaient encore pour se tirer d'un si grand danger. Ce fut aux efforts de leur génte et à l'activité de leur zèle, plutôt qu'à ses propres forces, que l'empereur dut la conservation de ses Etats d'Italie *. Lannoy 9 en engageant les revenus de Naples, se procura quelque argent, qui Ait aussitôt employé à pourvoir aux plus

1 Miém. d$ ê* BéUay, p. 8t. Gnich., lit. xr, p. 278. 9 Guicb., Ut. xy, p. 380.

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pressants besoins das troupes. Pescsire, qui était chéri et frafe adoré des trompas espagnoles, lai edmrla à montrer à l'£mâf», a s'ongfltfeant à servir l'empereur dans cette situation périltaue uv demander leur aolde, qu'elles étaient animées par des soatimofi d'honneur, bien supérieurs à ceux d'une troupe mercenaire; «ton braves soldats acceptèrent la proposition avec une générante m e&emple '. Bourbon, de son cété, mit ses bijoux en gagepearne somme considérable, et partit aussitôt pour l'Allemagne oi il anï beaucoup de crédit, afin d'accélérer, par sa présence, la levés d'à corps de troupes pour le service de l'empereur *.

François commit une faute irréparable en donnant aux géoénn de l'empereur le temps de profiter de toutes ces opérations. As Ses de poursuivre l'ennemi qui se retirait vers Lodi sur f Adda, poste p ne pouvait tenir, et que Pesceire était résolu d'abandonner à m approche, il donna la préférence à l'avis de Bonnivet, quoique ou» traire à celui des autres généraux:, et alla mettre le siège demi Pavie, ville située sur le Tésin : c'était à la vérité une place imp* tante, et dont la possession lui aurait ouvert toute la fertile eoità qui borde la rivière ; mais elle était bien fortifiée; il était daapM d'entreprendre un siège difficile dans une saison ai avancée; et is généraux de l'empire, qui sentaient l'importance do cornera cette place, y avait jeté une garnison de six mille vieux soldats «w te ordres d'Antoine de Lève, oflfcier d'un rang distingué, d'nae gnofc expérience, d'un courage aussi patient qu'actif, fertile en leaoon* jaloux de se signaler, accoutumé depuis longtemps à obéir cou* à commander, et, par conséquent, capable de tout souffirirettri tenter pour réussir.

François pressait le siège avec une vigueur égale à la témérité^ levait porté à l'entreprendre. Vendant trois mois, tonte is tffetf* <iue pouvaient avoir les ingénieurs de ce siècle, tout ce que peut M* la valeur des soldats, fut mis en usage pour réduire la place. Lidwj <* Pescaire, hors d'état de traverser ses opérations, étaient obttflés * i ester dans une si honteuse inaction, qu'on répandît à ftomeuse p* qninade, dans laquelle on offrait une récompense àquiconqee poarnft déooui rir l'armée des impériaux, qui s'était perdueau mobd'eclok'

• Jovius, Vita Davali, tome V, p. 386. Sandoy., vol. I, p. «SI. Ulloa, Tito* Cart. V, tome V, p. 04, etc. VUéêi'mmp.Ch. V, ptr Abu de Yei*etMgt.f.&

* Atari, de du Bellay, p. 83.

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dan* les montagnes qui séparent la France de la Lamhaadic, mua qu'on en eût depuis aucune nouvelle '•

Lève, qui connaissait tout l'embarras on se trouvaient aea compatriotes, et l'impuissance où ils étaient de ieuir tête eu rase campagne à une année aussi puissante que celle des assiégeants, sentit que sa sûreté dépendait uniquement de sa vigilance et de sa valeur- Il donna de Tune et de l'autre des preuves extraordinaires et proportionnées à l'importance de la place dont la défense lui était confiée. 11 retardait les approches des Français par des sorties fréquentes et vigoureuses. Derrière les brèches que faisait leur artillerie, il élevait de nouveaux ouvrages dont la force paraissait égale à celle des premières fortifications- il repoussait les assiégeants dans tous leurs assauts; et l'exemple qu'il donnait encouragea non-seulement la garnison, mais les habitants mêmes à soutenir, sans murmurer, les fatigues les plus excessives, et à affronter les plus grands périls. La rigueur de la saison vint seconder ses efforts, pour retarder les progrès des assiégeants. François essaya de se rendre maître de la ville en détournant le cours du Tésin, qui la défendait d'un cêté ; mais une inondation subite de la rivière détruisit en un jour l'ouvrage de plusieurs semaines, et entraîna toutes les levées que son armée avait faites après des travaux immenses et des dépenses énormes *.

Malgré la lenteur des progrès du siège, et la gloire dont se couvrait Lève par sa belle défense, on ne doutait pas que la ville ne fût à la fin obligée de se rendre. Le pape, qui regardait déjà l'armée française comme dominante en Italie, se hftta de rompre les engagements qu'il avait contractés avec l'empereur , dont les projeta «citaient sa jalousie, et de se lier d'amitié avec François. Comme la tirade circonspection de son caractère le rendait incapable de suivre le plan hardi qu'avait formé Léon X, de délivrer l'Italie du jeog des deux princes rivaux, il revint au projet plus simple et plus facile d'employer la puissance de l'un à balancer et à renverser celle de l'autre. Dans ces dispositions, il ne dissimula point la joie qu'il avait de voir le roi de France recouvrer Milan, dans Tolérance que la -crainte d'un si puissant voisin mettrait un frein à l'ambition de l'empereur, qu'aucune puissance d'Italie n'était alors on état de con-

1 Sendov., i,608.

1 Guich., liV. xv, p. 280. Ulloa, Vida de Cari. F, p. 09.

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tenir. Il s'occupa avec beaucoup d'ardeur à procurer une prix qui assurât à François la possession de ses nouvelles conquêtes ; nui Charles, toujours inébranlable dans la poursuite de ses projets, rejeta avec dédain sa proposition, et se plaignit amèrement du pape, qri l'avait lui-même engagé à envahir le Milanais, lorsqu'il n'était encore que le cardinal de Médicis. Sur son refus. Clément conclut aussitôt avec le roi de France un traité de neutralité, où la république de Florence fut comprise 4 •

Par ce traité , François enleva & l'empereur deux de ses pins puissants alliés , en même temps qu'il s'assurait un passage pour » troupes par leurs États : ces avantages lui inspirèrent l'idée d'attaquer le royaume de Naples, et lui firent espérer qu'il s'emparerait aisément d'un pays abandonné et entièrement sans défense, ouqn'io moins cette invasion imprévue obligerait le vice-roi à rappeler <h Milanais une partie de l'armée impériale. Dans cette vue, il y envoya six mille hommes sous le commandement de Jean Stuard, duc d'Albanie ; mais Pescaire, prévoyant bien que le succès de cette diversion dépendrait entièrement du succès des armées qui étaient dans le Milanais, engagea Lannoy à ne faire aucune attention 1 e» mouvements, et à tourner * tous ses efforts contre le roi de France, qui, en détachant de son armée un corps considérable, s'était affaibli mal à propos, et justifiait encore le reproche qu'on lui a toujours fait de s'engager témérairement dans des projets chimériques et extravagants.

Cependant la garnison de Pavie était réduite aux dernières extrémités : les munitions et les vivres commençaient à lui manquer ; te Allemands, qui en composaient la plus grande partie, n'ayant reçu aucune paye depuis sept mois entiers \ menacèrent de livrer la ville aux ennemis ; et Lève , avec toute son adresse et son autorité, est bien de la peine à les empêcher de se révolter. Les généraux de l'empire, qui connaissaient tout l'embarras de sa situation, sentirent II nécessité de marcher sans délai à son secours : c'est ce qu'ils pouvaient faire alors. Doute mille Allemands, que le zèle et l'activité de Bourbon avaient fait marcher avec une célérité extraordinaire! étaient entrés en Lombardie sous ses ordres, et, en se joignant »

1 Guich., Ihr. xv, page 385.

> Id.Jbid.

• Gold., Polit, impérial, p. 879.

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