CONFÉDÉRATION DU RHIN
titres qui expriment des rapports quelconques avec ledit empire. Indépendants de toute puissance étrangère à la confédération , les princes ne pourron t prendre du service que dans les Ëtats confédérés ou alliés à la confédération. Les intérêts communs des Ëtats confédérés seront traités dans une diète qui siégera àFrancfort-sur-le-Mein, diète divisée en deux collèges, celui des rois et celui des princes. Mais de toutes ces dispositions la plus remarquable est l'article 35, portant qu'il y aura entre l'empire français et les États confédérés du Rhin, collectivement et séparément, une alliance en vertu de laquelle toute guerre continentale que l'une des parties contractantes aurait à soutenir deviendra immédiatement commune à toutes les autres. Désormais le midi de l'Allemagne n'est plus en grande partie qu'un vaste contingent militaire de Napoléon et une portion du système fédératif français. Maître de la rive droite du Rhin , le protecteur a pour garant du dévouement des protégés leur intérêt même; car la France seule pourra conserver à ces États ce qu'elle leur a donné; 53,000 hommes fournis par eux seront l'avant-garde permanente de l'armée française.
Il ne manquait plus qu'une seule formalité : François II l'accomplit en renonçant à la dignité et aux prérogatives d'empereur électif d'Allemagne ; il dépose ce titre que trois siècles ont respecté dans sa maison, mille six ans après le couronnement de Charlemagne par Léon III. Ce fut un grand jour pour la France que celui où l'empereur, venant ouvrir, le 2 mars 1806, la session législative, résuma ainsi les événements qui s'étaient passés : « Depuis votre dernière session, la plus grande « partie de l'Europe s'est coalisée avec l'Angleterre; « nos armées n'ont cessé de vaincre que lorsque je leur m ai ordonné de ne plus combattre. La maison de Naples « a perdu la couronne sans retour ; la presqu'île de l'I- « talie tout entière fait partie du grand empire; j'ai ga-
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« ranti comme chef suprême les souverains et les consti- « tutions qui en gouvernent les différentes parties; là « Russie ne doit le retour des débris de son armée qu'au « bienfait de la capitulation que je lui ai accordée ; « maître de renverser le trône impérial d'Autriche, je « l'ai raffermi... Les hautes destinées de ma couronne « ne dépendent pas des sentiments et des dispositions « des cours étrangères... Je désire la paix avec l'An- « gleterre... »
Le 8 mars, la Prusse avait signé un traité qui reconnaissait la paix de Presbourg aux conditions que Napoléon avait faites à l'Europe; mais ce n'était là qu'une concession arrachée par la crainte : le même jour, l'empereur adopta la princesse Stéphanie, nièce de Joséphine, et la donna pour épouse à l'héritier du grand-duc de Bade; mêlant ainsi le sang de sa nouvelle dynastie à celui des vieilles maisons souveraines ; le 30 mars, il rétablit en quelque sorte la féodalité en érigeant en fiefs impériaux, sous le titre de duchés, les provinces de Dalmatie, d'Istrie, de Frioul, de Gadore, de Bellune, de Gonegliano, de Trévise, de Feltre, de Bassano, de Vicence, de Padoue et de Rovigo. Un mois plus tard il fonda l'Université impériale, et le cardinal Fesch , oncle de Napoléon, fut nommé, avec l'agrément du saint-siége, coadjuteur et successeur de l'électeur archichancelier d'Allemagne. Le 9 juin suivant, à la suggestion de l'empereur, les Etats de Hollande envoyèrent à Paris une ambassade extraordinaire; elle vint demander à l'empereur, pour roi de Hollande, le prince Louis Bonaparte, frère de Napoléon et mari d'Hortense de Beauharnais. Déjà le maréchal Bernadotte et Talleyrand de Périgord, ministre des relations extérieures , avaient reçu la souveraineté , l'un de la principauté de Ponte-Gorvo, l'autre de celle de Bénévent, et Napoléon avait signifié sa volonté à l'Europe en ces termes : « Les duchés de Bénévent et de