CHAPITRE XllI
Création des tribunaux exceptionnels. Travaux publies. Traité de Lunéviile. Essor donné aux
sciences et à l'industrie. Traités de paix avec l'Espagne , Napleset Parme.
Concordat. Paix d'Amiens. Te Deum à Notre-Panie.
ES écrits destinés à préparer les esprits à une nouvelle révolution dans la forme du gouvernement n'ayant pas été accueillis comme de- ^ valent le faire supposer la faveur populaire dont jouissait le consul , et le discrédit dans f lequel étaient tombées les idées et les institutions républicaines , on en dissimula l'origine ofticielle, et Ton ajourna sagement les projets qu'ils faisaient pressentir. Mais la machine infernale fournit l'occasion de créer des tribunaux spéciaux et des juridictions exceptionnelles , qui devinrent les instruments rapides du pouvoir absolu que le premier consul exerçait en réalité sur la France. Cette institution redoutable souleva dans le tribunal l'opposition courageuse de Benjamin-Constant, Daunou , Cinguené, Chénier, Isnard , etc. l'rois ou quatre voix généreuses , celles de Lambrechts ,
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Lanjuiiiafe, Garai et Lcnoir-Laroche se lireiit aussi cnlendre dans le sénat. Mais les défenseurs des libertés pubiiriues furent en tiès-iirando minorité et les désirs du eonsul furent faeileinent convertis en dispositions législatives.
A côté de ces mesures réaclionnaii-es, on voyait clia(|ue jour des actes marqués au coin du génie (|ui devait porter si haut la gloire et la puissance de la France. Les routes et les canaux s'ouvraient de toutes parts; les beaux-arts acquéraient une splendeur nouvelle; les découvertes scientifiques étaient encouragées; le commerce et lindustric entraient dans des voies jusque-là inconnues.
Le 17 janvier 4 801 , le rétablissement delà compagnie d'Afri(|uc fut ordonné , et le premier consul , transportant sa pensée de l'Atlas aux Alpes, et embrassant dans sa vaste sollicitude les intérêts de la civilisation chez les peuples policés et chez les barbares, chargea , par un décret du même jour , le général Turreau de pré-sider au confectionnement de la belle route du Simplon.
Le 9 février , la paix continentale fut signée à Luné\ ille. Bonaparte en prit occasion craccuser le cabinet anglais d'être le seul obstacle à la pacification universelle. « Pourquoi, dit-il au corps législatif et au tribunal dans son message , pourquoi faut-il que ce traité ne soit pas le traité de la paix générale? C'était le vœu de la France ; c était l'objet constant des efforts du gouvernement ; mais tous ces efforts ont été vains. L'Euro[K» sait tout ce que le ministère britannique a tenté pour faire échouer les négociations de Lunéville. » En répondant ensuite aux félicitations que le corps législatif lui adressa , il laissa dès-lors apparaître la gigantesque conception du blocus continental. « Toutes les puissances du continent, dit-il , s'entendront pour faire rentrer TAngleterre dans le chemin de la modération , de Téquitéet delà raison. »
Le consul, s' applaudissant aussi du retour de la paix intérieure qui avait précédé la paix extérieure, témoigna son contentement de l'accord et de l'union qu'il avait remarqués dans les départements qu'il venait d(> visiter , et il ajouta : <( Ainsi on ne doit attacher aucune importance aux harangues inconsidérées de quelques hommes. » C'était une allusion aux discours hardis prononcés au tribunal à l'occasion des tribunaux extraordinaires. Ce corps fut considéré dès ce moment comme le dernier refuge de l'esprit républicain, et l'on dut songer à l'y étouffer, d'abord par l'élimination, plus lard par la suppression complète.
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Le traité de Lunéville , conclu principalement avec la cour de Vienne , fut suivi de traités particuliers avec Naples, Madrid et Parme. Ce fut vers le môme temps que Bonaparte créa les départements du Roër, de la Sarre, de Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre ; et, comme Tagrandissement et la pacification de la république devaient concourir avec sa prospérité matérielle, le consul se fit autoriser par une loi à établir des bourses de commerce, et il ordonna qu'il serait fait chaque année, du \7 au 22 septembre , une exposition publique des produits de l'industrie française.
Libre de toute préoccupation du côté des puissances continentales , et parvenu à isoler l'Angleterre , du moins en apparence , dans le nouveau système que la révolution victorieuse venait d'imposer à la diplomatie européenne , Bonaparte avait fondé de grandes espérances sur T amitié personnelle qui l'unissait au czar Paul I", L'assassinat de ce prince , dans la nuit du 25 au 24 mars , renversa tous ses projets. Dès qu'il fut instruit de cet événement , il eu témoigna la plus \ive affliction , et fit insérer au Monileur la note suivante :
'( Paul V" est mort dans la nuit du 25 au 24 mars. L'escadre anglaise a passé le Sund le 50. L'histoire nous apprendra les rapports qui peuvent exister entre ces deux événements. »
C'était la seconde fois que Bonaparte voyait déjouer par des accidents les vastes desseins qu'il avait conçus pour ruiner la puissance anglaise dans les Indes.
Cependant, il ne suffisait pas au premier consul d'avoir vaincu l' Europe , pacifié la France , ranimé le commerce et l'industrie , donné un nouvel essor aux arts et aux sciences. Au milieu de ses immenses et glorieux travaux etde ses grandes créations , il sentait que son plan de réoiganisation était incomplet , et qu il manquait encore quelque chose à son édifice : une place pour la religion. Jusque-là, sans doute, il ne Tavaitpas méconnue et dédaignée ; mais rien n'était encore réglé pour elle, soit dans les traités , soit dans les lois ; et si le clergé avait eu aussi sa part dans les faveurs consulaires , sa nouvelle position , quelque avantageuse que Bonaparte l'eût faite, n'en était pas itîoins précaire. Pour la fixer sur une base légale , le premier consul entra en négociation avec Rome , et conclut un concordat avec Pie VIL Les philosophes de son entourage , qui avaient accepté la révolution de brumaire parce qu'elle avait donné de la stabilité à leur fortune soudaine , se récrièrent contre la réaction religieuse. Us auraient voulu que Bonaparte se proclamât chef de la religion
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çallicane,et«iu'ilr()nii)it(l(''lini(iv('m('iila\r(U'sainl-siï'g('. MaiSjlepiduior consul comprenait mieux rimpoitaïuc de la religion delà majorité, et le danger de blesser le gros de la nation sur une matière aussi délicate.
Déjà , pendant le cours de la révolution , et sous le règne du pliilosopiiismc persécuteiu- de la montagne et du directoiiv , le vide que laisse dans rétat raltsence de la religion s élait lait sentir à quelcjucs hommes {|ui avaient successivement et vainement essayé de le combler , les uns avec des fêtes à lÈtre suprême, les antres avec le culte des théopliilanthropes. « Celui qui pourrait remplacer la Divinité dans le système de l'univers , avait dit liobespierre , serait à mes yeux un prodige de génie , mais celui qui , sans l'avoir remplacée, cherche à la bannir de l'esprit des hommes , n'est plus ({u'un prodige de stupidité ou de perversité. »
Quelques années plus tard, l'un des esprits les plus élevés et les pins profonds du parti de l'émigration , de IMaistre , déplorant le relâchement des liens sociaux , l'affaiblissement des principes moraux , l'instabilité des souverainetés qui man(|uaient de base , avait attribué le désordre universel à la dispai'ition de la foi , et il s'était écrié qu'on présence dun spectacle aussi afiligeant tout vrai philosophe devait opter entre l'une de ces deux hypothèses, « ou que le christianisme serait régénéré par quel- (|ue voie extraordinaire, ou qu'il se formerait une religion nouvelle. »
Bonaparte, il faut le dire, malgré la sublimité habituelle de son génie, ne \'d pas la pressante alternative que le penseur catholique avait posée à tout vrai philosophe. A ses yeux , les croyances religieuses, si diverses parmi les nations , n'étaient guère que des superstitions consacrées par le temps, des imaginations de l'enfance des peuples, toutes combattues par la raison, dont elle n'avait fait que contrarier les progrès, et (jui imposaient toutefois dans leur vieillesse des ménagements à riiomme d'état. Il disait du christianisme même, qu'il appelait pourtant la vraie religion , que « l'instruction et l'histoire étaient ses plus grands ennemis.
C'était juger le colosse divin qui fut pendant quinze siècles le dépositaire de la science et le précepteur de la raison humaine, non sur le magnifique tableau de son influence civilisatrice à l'époque de sa grandeur , mais sur le triste spectacle de ses débats avec la science et la raison , à l'époque de sa décadence. En opposant ainsi l'instruction et 1 bistoij'e au christianisme , sans distinction de temps et de heux , Bonaparte oubliait, l'étroite liaison qui exista entre la religion et la science, entre la religion et la politique, à la naissance des sociétés modernes, dans la lutte des
croyances chrétiennes et des mœurs chevaleresques contre les traditions dégoûtantes du monde païen et les grossières sui>erstitions des nations idolâtres: alliance incontestable pourtant, et que signalent avec éclat les noms des Paul, des Clément, des Augustin, des Jérôme, des Bernard, comme ceux de Hildebrand , de Charlemagne et d'Alfred.
11 fallait sans doute que la haute intelhgence de Bonaparte sommeillât, comme fait parfois le génie d'Homère, lorsque, donnant pour un fait permanent l'antagonisme actuel des dogmes chrétiens et des doctrines philosophiques , il en venait à nier, non-seulement le concours suprême de l'élément religieux au développement rationnel et au perfectionnement politique des sociétés humaines dans le passé, mais la perfectibilité même de Tesprit humain en matière religieuse ; ce qu'il exprmiait sous cette forme vulgaire , que « chacun devait demeurer dans la religion dans laquelle il avait été élevé, dans la religion de ses pères (O'Méara ) , et qu'il ne voulait pas qu'il s'en établît de nouvelles (Pelet de la Lozère).
Si Bonaparte eût cru à l'influence sociale de la religion dans l'avenir, il eût songé peut-être que cette religion ne pouvait plus être, après trois siècles de protestations et de doute philosophique , après Bacon et Descartes, après Voltaire et Rousseau, ce qu'elle avait été au moyen âge, et il eût pu ajouter à sa mission de conquérant législateur et de révolutionnaire politique celle de réformateur rehgieux. 11 eut compris alors la nécessité d'option à laquelle de 3Iaistre prétendait soumettre les philosophes , et , portant dans le domaine de la religion la sollicitude active et féconde de son génie, il eut favorisé ou provoqué la régénération du christianisme, ou l'apparition d'une croyance nouvelle , selon qu'il se fût décidé pour l'une ou l'autre de ces deux hypothèses , selon qu'il eût embrassé la voie dans laquelle l'illustre Lamennais est entré plus tard, ou celle qu'ont tenté d'ouvrir des novateurs dont les hardiesses ont mérité parfois d'êtie accueillies par les plus grands poêles de la France , Béranger et Lamartine.
Mais Bonaparte , simple théiste , et bornant sa religion personnelle à une croyance abstraite, ne voyait, nous le répétons, comme philosophe, dans les religions positives , que les éternels ennemis de la raison et de la science, et, comme homme d'état, que les moyens d'action sur le peuple, ou des embarras pour le pouvoir , suivant la nature de leurs rapports avec les gouvernements. Partant de là, et trouvant la majorité de la nation française attachée au catholicisme par cette considération qui lui
faisait dire à lui-même que chacun devait vivre et mourir dans la religion de ses pères , il était naturel quil s'occupât de régler a^ec le saint-siége les intérêts du culte catholique , qu'il alTectàt de vouloir rendre à lÉglise et à répiscopat leur ancienne splendeur, et qu'il consentît à cacher ses opinions intimes , son indilïérence et son incrédulité sous les démonstrations fastueuses d'une foi oflicielle. Aussi , bravant les sarcasmes de sa cour toute voltairienne , fit-il chanter un Te Deum à IVotre-Dame à Toc-
casiou du concordat et delà paix a\ec lAngleterre, qui venait d'être signée à Amiens. Jous les personnages marquants de ré|)oque assistèrent à cette fête religieuse. Lorsque Lannes et Augereau, qui faisaient partie du cor-
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tége des consuls , surent qu'on les conduisait à la messe , ils voulurent se retirer. Bonaparte leur intima Tordre de rester, et il s'amusa , le lendemain, à demander malicieusement à Augereau comment il avait trouvé la cérémonie. Mais l'intrépide soldat d'Arcole et de Lodi lui renvoya sa plaisanterie : « Fort belle, répondit-il ; il n'y manquait qu'un million d'hommes qui se sont fait tuer pour détruire ce que nous rétablissons. »
11 y avait de l'exagération dans cette amère réponse. Le million d'hommes ne s'était pas fait tuer pour anéantir la religion, mais pour empêcher le i-etour des abus de la religion, le retour des dîmes , des immunités , des ])iiviléges ecclésiastiques ; et rien de tout cela n'était rétabli par le concordat. Sans doute la révolution avait paru un instant en vouloir à la religion elle-même , et poursuivre l'aboUtion complète des cultes chrétiens pour leur substituer le culte de la raison ; mais c'était précisément ce souwmv qu'il fallait effacer. Sa destinée n'était pas de déplacer seulement l'oppression et l'arbitraire , d'assurer le triomphe d'un parti sur l'autre , d affranchir les esclaves pour asservir les maitres , de fournir à la philosophie Toccasion d'odieuses représailles contre Tintolérance religieuse , et de ne donner au monde que le scandale d'une longue saturnale. Loin delà, elle ne pouvait triompher délinitivement qu'en prouvant que sa cause était celle de la société tout entière ; que le droit nouveau qu'elle avait créé protégeait tous les membres de l'état , sans distinction de classe , d'opinion et de croyance, et qu'il y avait sous son drapeau des garanties pour toutes les traditions qui pouvaient être encore l'objet des respects populaires, pour tous les intérêts, matériels ou moraux, qui cessaient de lui être hostiles. Plus elle avait été rigoureuse , implacable envers les prêtres quand il s'était agi de leur enlever la riche part que l'ancien régime leur avait faite dans la distribution des privilèges sociaux , ou qu'il avait fallu combattre et punir leur résistance, plus elle devait s'attaclier à montrer que ses rigueurs ne s'appliquèrent qu'aux inégalités monstrueuses établies au profit du clergé , et à Fliostilité active des privilégiés dépossédés contre le nouvel ordre de choses; car, si cette hostihté opiniâti'c avait amené la clôture des temples , provoqué les orgies des apôtres de la raison, et fait changer les églises en clubs tant qu'a- \ait dui'é la lutte, il était indispensable que la révolution victorieus<' exprimàtd'une manière éclatante, au retour de la paix et de la concorde, qu'elle n'avait été qu'accidentellement et par nécessité l'ennemie du sacerdoce et du culte, qu'il n'y avait point incompatibilité entre elle et la
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leliglon (lu plus grand nombre, et que, loin de pi'ofesser l'athéisme . eoniine on l'en accusait vulgairement, elle était disposée, non-seulement à tolérer , mais à pratiquer les croyances existantes aussi longtemps qu'elles ne seraient pas remplacées par des croyances nouvelles au sein du peuple,;» qui il faut autre chose que le scepticisme ou la théosopjiic pour aliment religieux. C'est cette manifestation solennelle et nécessaire que fit la révolution en traitant avec Rome, en i)ul)liant le concordat , et en allant eu grande pompe h la messe, dans la personne du plus glorieux de ses enfants, du plus illustre de ses interprètes. Si le parti de la conti'erévolution sen applaudit comme d'un succès pour sa cause , ce fut une grave erreur de sa part. Lorsque Henri IV trouva que Paris valait « une messe, » et qu'il consentit à faire profession publique de catholicisme, cet actes de condescendance . en faisant tomber des mains de ses ennemis larme la plus dangereuse qu'ils pussent employer conti-e lui, ne releva point, mais acheva de ruiner le parti de la ligue.
« Le concordat de 1801 , a dit Napoléon dans ses Mémoires , était nécessaire à la religion, à la république, au gouvernement Il fit cesser
le désordre , dissipa tous les scrupules des acquéreurs de biens nationaux , et rompit le dernier fll par lequel l'ancienne dynastie communiquait encore a\ ec le pays » Dans une des conférences qui précédèrent
cet acte , il lui était échappé de dire : <i Si le pape n'avait pas existé , il eût fallu le créer pour cette occasion, comme les consuls romains faisaient un dictateur dans les circonstances difficiles. »
RéconciUé avec la papauté , Bonaparte donna du reste un nouveau gage de durée à cette alliance en fondant des royaumes sur le sol italien, qu il avait voulu autrefois couvrit' de républiques. La Toscane devint une petite monarchie au profit d'un infant de Parme, auquel on avait enlevé ses états pour les réunir à la Lombardie. Ce prince , paré du litre de roi dÉtrurie, visita la capitale de la France sous le nom de comte de Livourne. On lui donna des fêtes brillantes, où l'élégance et les manières de Taucienne aristocratie reparurent. Toute la magnificence de cet accueil ne pouvait cacher la nullité du personnage qui en était l'objet; et comme on témoignait un peu de surprise à Bonaparte de l'élévation d'un aussi pauvre homme au rang suprême , il répondit : « La politique l'a voulu; et d'ailleurs il n'y a pas de mal à faire voir à la jeunesse, qui n'a pas vu de rois , comment ils sont fait.<. »
IN'était-ce pas dire que ses arrière-pensées de reconstruction monar-
chique portaient toujours Tempreinte du cachet révohitionnaire , et que si TAsseinhlée législative et la Convention avaient attaqué la royauté daiis le roi, il était appelé , lui , à continuer leur œuvre , et à détruire le prestige protecteur de la royauté en faisant des rois?
Mais si le premier consul laissait apercevoir sous les dehors d'une hospitalité fastueuse le mépris que lui inspirait le royal [personnage qu'il venait d'imposer à rÉtrurie, il mit, d'autre part, moins de pompe et d'étiquette , et plus de véritable empressement , dans l'accueil qu'il ht à un nouvel hôte qui lui vint des rives de la Tamise. Ce n'était pas une nullité princière , cachant sous les insignes du rang et le luxe des cours la pauvreté de son esprit et les misères de son ame; c'était une liante intelligence dans un noble caractère, un homme tout à fait supérieur, chez lequel, a dit Napoléon, « le cœur réchauffait le génie, tandis que, chez Pitt, le génie desséchait le cœur. » C'était Fox !
Bonaparte prodigua à l'illustre Anglais les plus vifs témoignages d'affection et d'estime. « Je le recevais souvent , dit-il dans le Mémorial ; la
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renommée m'avait entretenu de ses talents; je reconnus bientôt en lui une belle âme , un bon cœur, des vues larges , généreuses , libérales , un ornement de l'humanité. Je l'aimais. Nous causions souvent sans nul préjugé , et sur une foule d'objets Fox est un modèle pour les hommes d'état, et son école, tôt ou tard, doit régir le monde »
].a sympathie que le preuiier consul inaDifesta pour Fox fut généralement partagée en France. « On le reçut comme un triomphateur dans toutes les villes où il passa. On lui offrit spontanément des fêles, et on lui rendit les plus grands honneurs dans tous les lieux où il fut reconnu. » (O'Meara.)
La révolution française ne devait pas moins à son ami persévérant, et trente-sept ans plus tard elle sera largement payée de sa brillante hospitalité envers Fox par la réception que le peuple anglais fera à un soldat de Napoléon , à un vétéran de la république. C'est que VécxAe de Fox et de Mackintosh, populaire en France en ^ 80!, le sera devenue en Angleterre, en ^838.