‹ Histoire de l'empereur NapoléonChapitre 14 sur 51 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

DciUiis le li;iil('' d'Ainicnb ,23 mars I80i) jusqu'à la ru|ilure de la France avec rAnglolcni

(22 mai 1803).

1^ E vide que la révolution Irançaise avait produit, selon l'expression de Burke, dans le vieux système européen, était loin d'être comblé. S'élargissant au contraire au nord et à l'est, par nos conquêtes en Allemagne et en Italie, il devait effrayer plus que jamais les cabinets étrangers. hVTais l'épuisement des finances, la lassitude des peuples , le besoin de réparer les désastres de tant de batailles perdues et de tant de campagnes mallieureuses , la crainte de nouveaux revers, et aussi une espèce de croyance superstitieuse à la fortune de la république et de son chef , tout cela avait fait céder l'Europe chrétienne et féodale à l'ascendant irrésistible de la France révolutionnaire; et désormais le peuple libre,- qui fut si longtemps assailli par les nations esclaves , et frappé de leur réprobation comme impie et comme régicide, était parvenu à se rc^oncilier avec la papauté et la royauté , sans rien rétracter de ses principes ni de ses actes, envers le pape et envers les rois. Quelle admirable position que celle delà république française! Après avoir supporté avec un héroïsme de dix années le poids souvent accablant d'une longue guerre , pour échapper à la domination du privilège, elle se voyait enfin au faîte de la puissance , jouissant, fîère et tranquille, des bienfaits de régaiité, et pouvant étonner le monde par les merveilles

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de la paix , comme elle l'avait étonné par les prodiges de la guerre. Si ses armées se composaient des plus ljra\es soldais et des meillenrs capitaines du temps, ses administrations comptaient aussi dans leur sein toutes les notabilités qui s étaient révélées par l'expérience des affaires publiques; ses assemblées politiques renfermaient l'élite des orateurs et des publicistes européens ; son Institut était sans égal parmi les coi-ps académiques ; ses savants présidaient aux découvertes dont ils avaient conquis linitiative; ses littérateurs , ses poètes, ses peintres, ses sculpteurs, tenaient le sceptre dans le domaine des arts; son commerce et son industrie, dotés en quelques jours de routes , de ponts, de canaux innombrables , venaient étaler leur ricliesse sous les voûtes du Louvre , counne pour faire pâlir le faste stérile de l'ancienne monarchie devant le luxe fécond de la France nouvelle ; la jeunesse , pour s élever digne de celte grande époque, voyait s'ouvrir des écoles pour chaque degré d'instruction, et trouvait dans le trésor public un appui pour entrer dans les lycées ; ses musées et ses bibliothèques s'enrichissaient du fruit de ses conquêtes , et la victoire lui amenait à Paris la Vénus de Médicis et la Pal/as de Velletri. Son nom , enfin , redouté des rois , était un objet de respect et d'admiration pour les peuples. Ainsi , gloire militaire , gloire politique , gloire littéraire , triomphe de la civilisation par les armes , par la science , par les arts , par l'industrie; tranquillité parfaite au dedans, paix universelle au dehors, et avec tout cela pour premier magistrat BONAPARTE!... l'elle était la situation de la république française après la paix d'Amiens ! Rien ne manquait donc alors à la grandeur et à la prospérité de la France. Mais cet état florissant , qui faisait l'envie de l'Europe , trouvait dans la constitution môme des chaoces inévitables d'instabilité. Tout le monde était convaincu que les victoires , la pacification , la puissance et la splendeur de la république étaient en grande partie l'œuvre de Ihomme extraordinaire que la Providence avait en\oyé au secours de la révolution ; et tout le monde pensait aussi que la durée et la conservation de cette splendeur et de cette puissance reposaient actuellement et reposeraient longtemps encore sur le génie dont elles étaient l'ouvi-age. Fallaitil donc que ce génie créateur et conservateur pût être écarté du timon de l'état et dépouiUé de sa mission providentielle par le jeu du mécanisme constitutionnel, et par l'intervention de la cabale et de l'intrigue? Étaitil raisonnable de supposer que, le premier par lés services, par la gloire, par rintclligence, parla volonté, par toutes les facultés du gueriier et de

l'homme d'état, il put être i-ejeté dans un rang secondaire par une nécessité légale? Le sénat avait cru faire assez lorsque , sur la proposition du tribunat , qui demandait un gage éclatant de la reconnaissance nationale pour le premier consul , il avait nommé Bonaparte consul pour dix ans. Mais cette prolongation n'en laissait pas moins la suprême magistrature avec son caractère temporaire , et ne faisait par conséquent qu'ajourner des inconvénients et des dangers qu'il s'agissait de prévenir et d éloigner indéfiniment. Un homme tel que Bonaparte , avec la position qu'il avait faite à la France et avec celle que la France lui avait faite à lui-même , ne pouvait pas plus , après dix ans qu'après cinq ans , redevenir simple citoyen, ou se réduire à n'être que le second dans l'état. Il n'y avait que sa séparation d'avec la France, par l'exil ou par la mort, qui pût l'empêcher d'être le premier en France. Lui et la France le comprirent; car lorsque dédaignant le vote par lequel le sénat lui avait décerné le consulat pour dix années , il en appela au peuple et lui posa cette question : (c Bonaparte sera-t-i! consul à vie? » le peuple accourut en foule au scrutin , et répondit par plus de trois millions de voix : « Oui. «

Le sénat, poui- faire oublier autant que possible sa l'éserve intempes-

Dl' \AP0L1£0N. 22!)

tive, se hâta de proclamer le vœu du peuple, en y ajoutant même Tatlribution d'une nouvelle préroi;;ative pour le premier consul , celle de choisir sou successeur. Bonaparte réi»()udit à la députatiou de ce corps : « Sénateurs,

') La vie d'un citoyen est à sa patrie. Le peuple français veut que la mienne lui soit consacrée J'obéis à sa volonté

» En me tlonnant un nouveau gage , un gage permanent de sa con- (iance, il m'impose le devoir d'étayer le système de ses lois par des institutions prévoyantes.

') Par mes efforts, par votre concours, par le concouisde toutes les autorités, par la confiance et la volonté de cet immense peuple, la liberté, régalité , la prospérité de la France seront à Tabri des caprices du sort

et de lincertilude de Tavenir Le meilleur des peuples sera le plus

heureux , comme il est le plus digne de Tétre , et sa félicité contribuera à celle de TEurope entière.

» Content alors d'avoir été appelé par Tordre de celui de (pii tout émane à ramener sur la terre la justice, Tordre et légalité, j'entendiai sonner la dernière heure sans regret et sans inquiétude sur Topinion des générations futures. »

L'opinion des générations contemporaines était en effet pour lui un gage éclatant et un signe précurseur de Tapothéose que lui réservait la postérité. Cependant le vœu populaire qui lui avait assuré la jouissance viagère de la suprême magistrature rencontra quelques protestations isolées, qui ne servirent (ju'à mettre en relief de nobles caractères, sans atténuer TuniversaUté et la nécessité du vote national. 11 n'était guère possible qu'il en fût autrement. Le consulat à vie semblait attacher les destinées de la république aux destinées d'un homme, et constituait une espèce de monarchie viagère qui plaçait la république sur les confins de la monai'chie héréditaire : comment les susceptibilités ombrageuses , les méfiances systématique^, les convictions persévérantes des diverses écoles libérales qui s'étaient produites depuis i 780 , auraient-elles disparu tout à coup pour laisser établir avec l'apparence d'une approbation unanime ce qui leur était essentiellement antipathique? Maison eût pu croire alors que la France , en investissant Bonaparte d'un immense pouvoir , ne cédait pas seulement à l'empire des cù'constauces , et qu'au lieu de faire tout simplement un acte provisoire de sagesse et de nécessité par l'installation d'un dictateur, elle entendait agir en principe, se donner

une constitution définitive , et renoncer , en faveur de ses chefs à venir, à toutes les doctrines de pondération et de garantie qu'elle avait in- Noquées et défendues si glorieusement contre ses anciens maîtres. M fallait que la révolution , en exaltant Bonaparte comme le plus glorieux et le plus fidèle représentant de ses intérêts actuels et de ses exigences nouvelles, ne se reniât pas elle-même dans ses représentants passés, et qu'elle poussât au contraire quelques vétérans de nos assemblées nationales a justifier leur grande œuvre , et à réclamer pour les droits abstraits du peuple contre Tengouement passager du peuple. Le consulat n'avait pas seul sauvé et illustré la révolution : avant lui, cette double tâche avait été merveilleusement remplie par T Assemblée constituante et par la Convention. La Convention et TAssemblée constituante devaient donc trouver des organes pour protester en leur nom contre rentraînement des esprits vers le pouvoir absolu , et pour empêcher que les maximes libérales proclamées en 1789, et dont l'exagération avait été une condition de salut pubhc en i 795, ne fussent mises tout à fait en oubli et ne se perdissent par la prescription . L'Assemblée constituante reparut dans La Fayette pour n'accorder qu'un suffrage motivé et suspensif sur la question du consulat à vie; tandis que l'ombre de la Convention donna un vote absolument négatif par la bouche de Carnot.

L'opposition de La Fayette était prévue par le premier consul, qui , dans plusieurs entreliens qu'il avait eus avec le prisonnier d'Olmutz, depuis sa rentrée en France , n'avait jamais pu le déterminer à accepter la dignité de sénateur. Si Bonaparte eut mieux connu La Fayette , il se fût épargné toute tentative de prosélytisme à son égard. Non-seulement La Fayette était le même qu'en ^789 , mais il tenait aussi à ce que Ton sût bien, en France, en Europe, en Amérique, qu'il était toujours le même. Plein du souvenir du rôle important quil avait si noblement rempli , soit à côté de Washington , soit à côté de Mirabeau , il s'était fait une pei'sonnaUté politique de premier ordre , dont la conservation intacte l'occupait sans cesse, et qu'il n'était nullement disposé à subalterniser envers qui que ce fût. Sa prétention était de représenter aussi une époque, d'êtie l'expression d'une idée , le drapeau vivant des patriotes de 89 ; et quand cet homme s'apparaissait ainsi à lui-même, le front rayonnant de la gloire du Jeu-de-Paume et de la Bastille , avec les hautes proportions que la reconnaissance nationale lui avait faites aux beaux jours de l'Assemblée constituante ; lorsqu'il considérait à juste titre comme une po-

Dr: NAPOI.KON.

sition historique, irrévociibk'ment ac(iuise, celle qu'il occupait au premier plan (lu tableau des plus gi-andes scènes qui marquèrent le Iriomplie (le légalité sur le pt'iviléj,e,e<)nnnent cet honnne aurait-il pu eonsenlir à descendre du piédestal que lui avaient dressé les vain(iueurs du I '«juillet, pour aller se jeter et disparaître dans la foule des serviteurs qui entouraient le vainqueur du 18 brumaire? Sans doute dans les vues du régulateur suprême et mystérieux des affaires humaines, le 18 brumaire et le \'i juillet se liaient au développement d'un même dessein , au succès d'une même cause; mais celle relation intime , cachée dans les profondeurs du système révolutionnaire de la Providence, n'en laissant pas moins subsister entre les instruments divers dont la Providence s'était tour à tour servie , selon les circonstances , pour arriver à une même tin , toutes les incompatibililés et les antipathies individuell(\s qui pouvaient résulter de la différence des situations , des caractères et des intelligences. Ainsi, le patriote de la première fédération , jaloux de son immuabilité, ne pouvait guère s'entendre avec le dictateur de 1802; ainsi La Fayette dut refuser la toge sénatoriale , et s'effacer noblement dans sa retraite de Lagrange, an lieu de se perdre élourdiment dans le monde brillant des Tuileries.

Ce fut entre le sénatus-consulle qui décernait le consulat à Bonaparte pour dix ans et le plébiscite qui rendit viagère cette prorogation que le premier consul fonda l'ordre de la Légiou-d'Honneur.

« Cette institution , lît-il dire à ses interprètes devant le corps législatif, efface les distinctions nobiliaires, qui pla(^aient la gloire héritée

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avant la gloire acquise , et les descendants des grands hommes avant

LES GRAKDS HOMMES. =>

C'était rendre un nouvel hommage aux principes de la philosophie moderne , et constituer la vraie égalité sur la hase de la récompense selon le mérite: mais Bonaparte jetait cette grande création au milieu d'un peuple qui comptait encore dans son sein quelques partisans des distinctions héréditaires, -^iaturellement jalouses des distinctions personnelles , et quelques niveleursqui voyaient la renaissance de l'ancienne aristocratie, ou la fondation d'une aristocratie nouvelle dans la distinction la plus légitime. C'en était assez pour que rétablissement de la Légion-d'Honneur ne passât pas sans opposition ; et, nous devons le dire, il fut môme attaqué par des hommes qui ne pouvaient être soupçonnés ni de rivalité aristocratique, ni d'exagération démocratique. Bonaparte en fut étonné, et s'en prit aux orateurs qui avaient défendu le projet. Il disait que « si la diversité des ordres de chevalerie et leur spécialité de récompense consacraient les castes. Tunique décoration de la Légion-d'honneur, avec l'universahté de son application , était au contraire le type de l'égalité. )' C'était par cette considération qu'il avait repoussé les conseils de ceux qui voulaient ne faire de la Légion-d' Honneur qu'un ordre exclusivement militaire. « Celte idée, dit-il, pouvait être bonne au temps du régime féodal et de la clievalerie , ou lorsque les Gaulois furent conquis par les Francs. La nation était esclave ; les vainqueurs seuls

étaient libres ; ils étaient tout ; ils l'étaient comme militaires ïl ne faut

pas raisonner des siècles de barbarie aux temps actuels. Nous sommes trente millions d'honnues réunis par les lumières, la propriété et le commerce. Trois ou quatre cents militaires ne sont rien auprès de cette masse. Outre que le général ne commande que parles quaUtés civiles, dès qu'il n'est plus en fonctions, il rentre dans l'ordre civil. L'armée c'est la nation. Si l'on considérait le militaire abstraction faite de ses rapports avec l'ordre civil, on se convainci-ait qu'il ne connaît point d'autre loi que la force, qu'il rapporte tout à lui, qu'il ne voit que lui Le propre du militaire est de tout vouloir despotiquement ; celui de Thomme civil est de

tout soumettre à la discussion, à la vérité, à la raison Je n'hésite

donc pas à penser, en fait de prééminence, qu'elle appartient incontestablement au civil Ce n'est pas comme général que je gouverne, mais

parce que la nation croit que j'ai les qualités civiles propres au gouvernement. Si elle n'avait pas cette opinion, le gouvernement ne se soutien-

(Irait pas. Je savais bien ce que je faisais lorsque, cénéral d'armée, je prenais la qualité de membre de T Institut; j'étais sûr d'être compris , même par le dernier tambour

» Si la Légion-d'Honneur n'était pas la récompense des services ci- ^^ls comme des sernees militaires , elle cesserait d'être la Légiondllonneur »

« Le jour où l'on s'éloignera de l'organisation pr^iière, a-t-il dit depuis, on aura détruit une grande pensée, et ma Légion-d'llonneur cessera d'exister. »

Cétait en effet une grande pensée que celle d'exciter et d entretenir l'émulation parmi les citoyens en ouvrant à tous également la carrière des distineticms honoriflques comme celle des dignités et des fonctions. Désormais le mérite était tout, et le liasard de la naissance n'était plus rien : c'était le triomphe de la révolution dégagée de ses prétentions accidentelles , et curieuse de consacrer ce qu'elle avait essentiellement et constamment voulu. Il est donc permis de penser que , si la Légiond'Honneur trouva de nombreux adversaires parmi les plus illustres patriotes , c'est qu'ils ne crurent pas au bien indiqué par les orateurs du gouvernement, et qu'ils ne virent qu'un moyen pour Bonaparte de se faire des créatures et de ramener insensU)Ienient la nation aux anciens titres , là où Bonaparte leur montrait seulement les premiers serviteurs du pavs à récompenser , et les principes de légalité à mettre en pratique par la fondation d'un ordre accessible à tous. De cette manière , l'on peut dire que l'opposition énergicpie manifestée au sein du tribunat dériva lîioins de ce que les tribuns indociles comprirent mal le premier consul que de ce qu'ils pressentirent et devinèrent très-bien 1 empereur.

Mais parmi les créations consulaires, il en est une du moins qu'il n'est au pouvoir d'aucune susceptibilité de parti ou de secte d'atténuer dans la mémoire et la reconnaissance des peuples : c'est le Code civil. En vain voudrait-on prétendre que ce fut l'œuvre spéciale et exclusive des grands jurisconsultes que la révolution avait mis en relief. Tout le monde sait que, dans les discussions les plus importantes , Bonaparte donna son avis , et qu'il lui arriva même souvent de trancher, par un mot heureux , par un de ces éclairs qui n'appartiennent qu'au génie, des difficultés dont les légistes avaient peine à sortir. C'est ainsi qu'il Gt ajouter le chapitre V au titre des actes de l'état civil, pour fixer d'une manière spéciale et sûre la condition civile des mihtaires hors du territoire de la républi(jue. On di-

sait, pour se dispenser de cette addition , qu'il suffisait que les actes con cernant ces militaires fussent revêtus des formes usitées dans les pays étrangers où ils se trouveraient. « Le militaire, repartit promptement Napoléon , n'est jamais chez l'étranger lorsqu'il est sous le drapeau; là où est le drapeau, là'estia patrie, »

Cependant la paix d'Amiens laissait oisives dans les mains de Bonaparte toutes les ressources militaires de la France. Ce fut alors que le premier consul songea à profiter du calme européen pour porter la guerre en Amérique et conquérir Saint-Domingue. Il donna le commandement de l'expédition à son beau -frère Leclerc. Elle ne fut pas heureuse. Son principal résultat fut l'enlèvement du chef des noirs,

Toussaint Louverture, homme remarquable parmi les siens , et qui.

transporté en France, y mourut au fort de Joux. Leclerc périt avec le regret de s'être chargé d'une entreprise désastreuse. Rocharabeau , qui lui succéda , perdit la colonie par sa dureté.

L'Italie, berceau de la gloire et de la puissance de Bonaparte, occupait aussi sa pensée. Il avait reçu de la consulta, réunie à Lyon au commencement de 1802, la présidence de la répubhque Cisalpine, dont nul, parmi les Italiens , n'aurait été capable de supporter le poids , alors même qu'il ne fût pas entré dans les vues de Bonaparte de le garder pour lui. " Vous n'avez que des lois parliculières , dit-il aux députés de cette nation ; il vous faut des lois générales. Votre peuple n'a que des habitudes locales ; il faut qu'il prenne des habitudes nationales.» Dans le courant de la même année Bonaparte réunit le Piémont à la France , et le divisa en six départements : le Pô , la Doire, la Sésia, la Stura, le Tanaro, et Marengo.

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