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et que nous nous retrouverons un jour. — Oui, sire; mais ce sera dans trente ans , quand vous aurez triomphé de vos ennemis et réalisé toutes les espérances de notre patrie... J'ai vécu en honnête homme; je ne me reproche rien. Je laisse une lille, votre majesté lui servira de père. »
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Napoléon , profondément attendri , prit alors la raain droite de Diiroc dans la sienne et resta un quart d'heure la tète appuyée sur la main gauche de son vieux camarade sans pouvoir proférer une parole. Duroc rompit le premier le silence, pour épargner un plus long déchirement à l'àme du grand homme qui n'avait pas cessé d'être son ami en devenant son maître. «Ah! sire, lui dit-il, allez-vous-en! ce spectacle vous peine! » Napoléon céda à celte dernière sollicitude de l'amitié; il quitta Duroc sans pouvoir lui dire autre chose que ces mots : « Adieu donc, mon ami! » et il eut besoin de s'appuyer sur le maréchal Soult et sur Caulincourt pour retourner dans sa tente , où il ne voulut recevoir personne pendant toute la nuit.
Le jour suivant , le général Reynier obtint un nouvel avantage sur les lUisses, au combat de Gorlitz. Le 24 , le maréchal Ney força le passage de la Neiss, et le 23, au matin, il était au delà de la Queiss, faisant son entrée dans Buntzlau , où l'empereur arriva dans la soirée. C'était dans cette ville que le vieux Rutusow était mort depuis quelques semaines.
Un léger échec, essuyé le 26 , par le général Maison, devant la ville d'Jlaynau, n'arrêta pas longtemps le cours des succès et la marche victorieuse de l'armée française. Deux jours après , le général Sébastian! s'emparait, à Sproltau, d'un convoi considérable, tandis que le maréchal Oudinot battait, à Iloyersvverda , le corps prussien de Bulovv.
L'alarme, qui s'était déjà manifestée à Berlin , commençait à gagner Breslaw, menacé par Lauriston. Les souverains alliés, quoiqu'ils fussent toujours résolus à faire la guerre aussi longtemps que le droit public de la vieille Europe n'aurait pas remplacé le système français , sentirent toutefois la nécessité de suspendre les hostilités, soit pour se relever des défaites journalières qu'ils éprouvaient depuis un mois , soit pour donner à la lenteur autrichienne le temps de couver la défection qui devait faire tourner contre Napoléon toutes les chances de la campagne. Le 29 , à dix heures du matin , le comte Schouwaloff , aide de camp de l'empereur de Russie, et le général prussien, Kleist, se présentèrent aux avant-postes français, pour proposer un armistice que le duc de Vicence négocia avec eux , d'abord au couvent de ^Yatelstadt , près de Lignitz , et ensuite au village neutralisé de Peichervvitz , où il fut conclu et signé le A juin , trois jours après l'entrée de Lauriston dans la capitale de la Silésie.
DK NAI'OLI-OX (iô.j
Le terme de Tarmisliee fut (i.\é au 20 juillet. Napoléon insista pour faire accepter l'offre d'un congrès à Prague; et alin de gêner la marche ténébreuse et hostile du conseil auliquc, il proposa de s'en rapporter à la médiation de l'empereur d'Autriche.
La diplomatie étrangère évita de se prononcer. Elle ne voulait que gagner du temps; et, dans ce but, 3L de Mctternich sut proliler des ménagements et de la déférence que Napoléon montrait (Mivcrs son beaupère pour oblenir, du vainqueur de Lutzen et de Bautzen , la prolongation de rarmistice jusqu'au 10 août. Mais, ce délai expiré, la Prusse et la Russie trouvant les consé(juences morales de nos premiers succès suffisamment affaiblies, et l'xVuti'iche ayant pris à l'aise toutes ses mesures pour bien préparer sa défection et la rendre funeste, le plus possible, à l'armée française, les généraux d'Alexandre et de Frédéiic- Guillaume dénoncèrent la fin de l'armistice , le 1 1 août , à midi , pendant que le ministre de l'empereur François adressait à notre ambassadeur près la cour de Vienne, M. de Karbonne, la déclaration de guerre du cabinet autrichien contre la France. Ce fut alors que Napoléon découvrit toute la profondeur de l'abîme sur lequel il avait posé le [)ied en s'alliant à la maison de Lorraine , en cherchant à enter la gloire de sa jeune dynaslie sur l'orgueil des vieilles races royales.
Un événement judiciaire venait de causer un grand scandale dans tout l'empire. Les préposés de l'octroi d'Anvers , accusés de déprédation et notoirement coupables , avaient échappé à la peine qu'ils avaient encourue, en corrompant des membres du jury. Dès que l'empereur fut instruit de ce déplorable acquittement , il en témoigna la plus vive indignation, et se hâta d'écrire au grand-juge, ministre de la justice, pour qu'il eût à ordonner une en(iuète sur les manœuvres honteuses qui avaient préparé l'impunité et le triomphe du crime.
« Notre intention , lui dit-il, est qu'en vertu du paragraphe 4 de l'article 55 du titre 5 des constitutions de l'empire, vous nous présentiez, dans un conseil privé, un projet de sénatus-consulte pour annuler le jugement de la cour d'assises de Bruxelles et envoyer cette affaire à la cour de Cassation , (jui désignera une cour impériale par-devant laquelle la procédure sera recommencée et jugée , les chambres réunies et sans jury. Nous désirons que si la corruption est active à éluder r.'ffet des lois, les corrupteurs sachent que les lois, dans leur sagesse, ont su pourvoir à tout. »
(iTyCi
HISTOinK DK NAPOLEON.
C'était donner à la dictature impériale sa pins grande extension. La volonté du maître ne reconnaissait rien au-dessus d'elle , pas plus dans le domaine de la justice que dans celui de la politique; et, quand la morale publique lui paraissait scandaleusement outragée, il lui fallait une éclatante réparation , quelque violence que Ton dût faire aux textes constitutionnels. Quoicpie ce mépris des garanties et des formes légales n'eût pour !)ut que d'assurer à la loi son efficacité, à la concussion et à la forfaiture leur juste cliàtiment, les hommes qui se préoccupaient avant tout des dangers de l'arbitraire et qui voyaient, dans un pareil exemple , la ruine complète de l'uidépendance du pouvoir judiciaire , ces hommes s'écrièrent, appuyés sur l'autorité de Montesquieu, que là où le pouvoir exécutif intervenait dans les jugements, il y avait monstruosité dans le gouvernement. De ce nombre fut le préfet même d'Anvers, l'intègre Voyer-d'Argenson. U aima mieux se démettre de ses fonctions que de prêter son concours h la séquestration des biens des accusés absous, durant la seconde prévention à laquelle ils furent soumis.
CIIAI'ITUE \LV
Siiilc (le la fainiinsnc de IXI.".
iN nouveau roiulcz-vous semblait fixé à Drcs- N^ (le; les souverains du Nord, les princes de ^ rAllemagne y accouraient de toutes parts, non pas pour y recomposer le salon des rois : et l'entourage adulateur de 1812, mais pour ^^^^ former autour de Napoléon un cercle étroit d'ennemis implacables.
Deux cent mille Russes, Pi-ussiens et Autrichiens, commandés par Tempeieur de Russie , le roi de Prusse et le prince de Schwartzenberg, traversaient rapidement la Bohème pour envahir la Saxe, et prendre position sur la rive gauche de TEIbe. Cent mille hommes, sous les ordres de Blucher et Sacken, manœuvraient en Silésie; et cent dix mille hommes , parmi les(juels Gguraient les nombreux corps de volontaires qu'avait produits l'élan du patriotisme germanique, s'avançaient, sur toute la ligne de Hambourg à Berlin , à la rencontre des Français. L'avantage du nombre était donc incontestablement acquis aux puissances alliées , qui trouvaient d'ailleurs un formidable auxiliaire dans l'esprit insurrectionnel des populations allemandes. Tant de chances favorables, tant d'éléments de succès n'avaient pas suffi toutefois à la
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coalition pour lui faire espérer de vaincre la révolution française dans la personne du plus illustre de ses enfants. 11 lui avait fallu gagner, séduire, embaucher deux autres enfants de cette même révolution, et obtenir d'eux le secret de la science militaire et du prestige guerrier qui avaient fait la grandeur de leur mère et leur propre élévation. Woreau , préférant tout à coup la familiarité d'un autocrate à l'hospitalité d'un peuple libre, avait abandonné l'heureuse terre de Washington pour aller exercer auprès d'Alexandre le rôle de conseiller intime , et il se trouvait alors à la grande armée de Bohème , sous l'étendard moscovite , en face du drapeau de la France, Bernadotte , selon l'expression du Mémorial, « donnait à nos ennemis la clef de notre politique, la tactique de nos armées ; il leur montrait le chemin du sol sacré ! » c'était lui qui commandait en avant de Berlin.
Le peuple français avait donc bien sagement distribué son admiration, son estime et sa conûance, quand, aux approches du ^8 brumaire ou sous le consulat , il avait refusé d'attacher les destinées de la révolution à tout autre nom qu'à celui de Bonaparte, et qu'il avait proclamé ce nom le premier parmi les patriotes , sans se laisser tromper par certaines allures de républicanisme inflexible, et en dépit de quelques protestations isolées qui voulaient faire de Bernadotte et de Moreau les Brutus et les Catons de l'époque. Que les vétérans du club du Manège et les anciens affdiés de la suciété des Philadelphes se hâtent d'abjuré]' leur imprévoyante prédilection et de reconnaître la supériorité, l'infailhbilité de l'instinct national. Le chef de l'opposition de l'an viii remplace aujourd'hui Brunswick ; le chef de l'opposition de ^ 804 a succédé à Souwarow... Dieu l'a voulu ainsi pour que la pensée et l'enthousiasme du grand peuple fussent justifiés , et dans celui qu'il avait choisi, et dans ceux qu'il avait repoussés.
Que Bernadotte et Moreau rendent maintenant le secours de leur expérience et de leur bras funeste à la fortune de Napoléon , peu importe : s'il succombe, il sera, lui, au moment de sa chute, ce qu'il fut au jour de son élévation , « l'homme de la France , » tandis que ses anciens rivaux ne trouveront dans le succès même que la honte et le remords éternellement attachés au titre de transfuges et de serviteurs de l'étranger ' .
* n est juste toutefois d'établir une distinction entre Bernadotte et Moreau. Bemadotle, s'abusant sur la nature et l'étendue de ses devoirs envers la France et envers sa patrie adoiilive , ou niécon-
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Muint a aussi fait craindre pour sa fidélité, pour sa gloire... Il est écrit, sur l'une des pages de ses destinées, qu'il reniera, qu'il trahira son bienfaiteur, son ami, son frère! Mais Tlieure de la félonie et de Topprobie n'a pas encore sonné pour lui. Le iA août, Muiat a reparu au camp de Dresde, et il vient combattre encore les ennemis de Napoléon et de la France.
Cependant la campaisne recommence sous d'heureux auspices pour l'armée française. Napoléon s'est porté à la icnconlre d'Alexandi'e et du roi de Prusse, a forcé les débouchés de la Bohème, s'est emparé de Gobel, de Rumbourg et de Georgenthal, et, après s'être avancé jusqu'à vingt lieues de Prague, il tst revenu à Zittau , d'où il va rejoindre, en toute hâte, l'armée de Silésie, (pii a besoin de sa présence. Le 21 , à la pointe du jour, il est à Lœwenberg, où il fait jeter des ponts sur le Bober, qu'il passe, dans la journée, malgré le feu de l'ennemi, qui est culbuté et poursuivi jus(ju'à Goldberg. Le 25, nouvelle attaque. Le général Gérard, i\m débouche par la gauche, enfonce et disperse une colonne de ^^ngt-cinq mille Prussiens, tandis que, sur la droite, Flensberg est pris et repris , et que la déroute des alliés est enfin décidée par une charge impétueuse et meurtrière du lôo" régiment.
Mais tous ces avantages , remportés en Silésie, restent sans influence sur la marche de la grande armée de Bohème, qui s'avance menaçante sur la capitale de la Saxe, Napoléon, averti de ce mouvement, laisse aussitôt le commandement de l'armée de Silésie au maréchal Macdonald , et accourt avec Ney au secours de Dresde. Arrivera-t-il à temps? Déjà la ville est enveloppée par des masses innombrables qui débouchent de toutes parts pour écraser la faible armée du mai'échal Saint- Cyr, retranchée derrière les palissades des faubouigs. Des fenêtres de son palais , le vieux roi assiste à la dévastation des belles campagnes qui environnent sa capitale , et il mêle sa douleur à la consternation de ses sujets. Tout annonce que Dresde va tomber au pouvoir des Austro- Russes, et que le maréchal Saint-Cyr ne pourra résister longtemps à Schwartzenberg. La tidélité des corps allemands qui servent encore sous nos drapeaux en est ébranlée ; deux régiments de hussards wesphaliens passent à l'ennemi. Bientôt les habitants parleront de se rendre.
Mais tout à coup Napoléon parait : le 26, à dix heures du matin, il
naissant même les vrais intérêts de celle-ci , pouvait se croire plus Suédois ([ue Français et agir en conséquence. Moreau était sans excuse.
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traverse au galop le pont de Dresde , et ses troupes le suivent au pas de charge. Dès ce moment, le découragement a cessé, la confiance a reparu. Le peuple de Dresde, en voyant défiler les cuirassiers de Latour-Maubourg , pousse des cris de joie , comme s'il lisait sur ces figures guerrières le présage du salut de la ville.
En arrivant , l'empereur veut savoir d'abord (piels préparatifs de défense l'on a faits , et il est bientôt satisfait d apprendre qu'il n'a que son approbation à donner à toutes les mesures prises par le maréchal Saint- Cyr. Tranquille sur ce point, il monte alors au château, et y rassure par sa présence la famille royale , qni songeait à fuir.
Sa visite ne dure qu'un instant. 11 est impatient de voir par lui-même le nombre , la position et les mouvements de l'ennemi , et il marche rapidement, dans ce but, vers l'une des portes de la ville, à travers une population bienveillante qui cherche, sur le front calme (t serein du grand capitaine, le gage de sa propre sécurité. A une heure , Napoléon est à l'extrémité du faubourg de Pilnitz; il met pied à terre et parcourt toute l'enceinte extérieure de la ville , en se rapprochant assez des avant-postes ennemis pour qu'une balle morte vienne atteindre à ses côtés le jeune page qui l'accompagne.
A trois heures, le signal de l'attaque est donné par trois coups de canon qui partent des batteries de l'armée austro-russe. A ce signal , l'ennemi, qui couronne toutes les hautein's dont la ville est entourée, descend dans la plaine et se porte avec impétuosité sur nos redoutes. Il est excité par la présence des souverains , et déjà , dans l'ivresse de ce premier élan, il s'est cru vainqueur, et s'est mis à crier : Paris! Paris! 3Iais bientôt le soldat français fait sentir, à son tour, la vigueur de ses coups, et son empereur est là aussi qui veille à l'honneur de ses aigles. En un instant la lutte devient générale et terrible. Les réserves elles-mêmes sont engagées; des obus et boulets tombent dans la ville. Napoléon comprend (lu'il n'a pas un moment à perdre pour fixer le sort du combat, et pour sauver la capitale du seul allié qui lui reste fidèle. 11 jette, sur le flanc droit de l'ennemi. Murât et sa cavalerie, et, sur le flanc gauche, le corps du duc de Trévise. Puis, il fait déboucher, pailes portes de Pirna et de Plauen, quatre divisions de la jeune garde, commandées par leurs dignes chefs , les généraux Dumontier, Carrois , Decouz et Roguet, placés eux-mêmes sous les oi-dres du brave prince de la Moscowa. L'apparition de ces deux colonnes change aussitôt l'as-
I)i: NAPOLÉON
Gil
pect (le la hatnillo. Tout plie et se relire devant la jeune garde. Ces assaillants, naguère si ûers et si présomptueux, sont poursuis is maintenant dans toutes les directions, et abandonnent la i)laine qu'ils avaient envaiiie avec tant d'ardeur, et ([ue les cuirassiers balaient presque sans résistance.
(t L'empereur est dans Dresde! il n'en faut plus douter, s'écrie alors le prince de Scinvartzenbei'g; le moment faxorable pour erdever la ville est perdu ! ne songeons plus ([u'à nous rallier. »
L'empereur venait en effet de constater sa pi-ésence, non-seulement par les savantes dispositions et les habiles manœuvres qu'il a\aitoidonnées, mais aussi par son active participation aux eil'orls liérimiues et aux périls de son armée. « Napoléon , au milieu d'une grêle de boulets et de balles , dit un écrivain allemaml , témoin oculaire , passe au grand galop dans le Schlo^^is-Gass, pour gagner la porte du lac et la barrière de Lippodisvvalde. Après s'y être arrêté un instant, il court sur
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le champ de bataille ; un ofûcier de sa suite est tué à côté de lui , et plusieurs de ses aides de camp sont blessés. » ( Récit de ce qui s'est passé à Dresde, par un Saxon, témoin oculaire, le major d'Odeleben.)
Ce n'est qu'à neuf heures du soir que le bruit du canon cesse de se faire entendre. A onze heures, l'empereur est encore debout, parcourant les bivouacs , cherchant à reconnaître lui-même la ligne ennemie
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et préparant ses calculs et ses plans pour le lendemain. A minuit , il est rentré au château; mais avant ôe se mettre au lit, il appelle Beilhier dans son cabinet, et lui dicte des ordres qui sont aussitôt expédiés à tous les généraux commandant des corps d'armée , afin que chacun d'eux soit prêt, dès le matin, à seconder le génie de l'empereur pour le succès de la nouvelle journée qui se prépare.
Cependant un corps autrichien, qu'une distribution d'eau-de-vie a l'ait revenir de l'abattement où l'armée du prince de Schwartzenberg avait été plongée par sa défaite de la veille, a tenté une surprise, à la laveur de la nuit, sui' la porte de Plauen. Mais il y a trouvé le général Dumoustier et le colonel Cambrone : Dumoustier qui a la jambe fracassée, et qui veut encore com'oattre; Cambrone qui fait repentir les assaillants de leur audace, en leur prenant un bataillon tout entier et un drapeau.
Celte attaque nocturne annonce que les alliés, si complètement mis en déroute dans la journée du 2G, ne se tiennent pas pour définitivement vaincus, et que Ton doit s'attendre à les voir revenir au combat. Napoléon l'a prévu , quand il a envoyé dans la nuit à tous ses lieutenants des instructions si pressantes. Dès six heures du malin, malgré la bouc et la pluie, il est à cheval , et il sort par la porte de Freyberg jiour aller examiner encore les lieux , étudier le terrain où la lutte va recommencer. Sur les hauteurs qu'il a en face, une lacune se fait remarquer. Le corps du général autrichien , Rlenau , n'a pas encore occupé la position qui lui a été assignée. L'empereur ordonne aussitôt à Min-at et à Victor de se porter sur ce point et d'y devancer l'ennemi. I-e roi de Naples et le duc de Bellune exécutent ce mouvement avec promptitude. A neuf heures du matin, ils sont maîtres de la position; mais une vive canonnade s'est engagée au centre; l'artillerie y soutient le principal effort de la bataille. « C'est là, dit le Manuscrit de 1815, i\m le soldat français subit les lois les plus dures de la lactique moderne. Rongeant le frein qui retient son ardeur, il reste des heures entières immobile, en butte aux boidets dont les deux lignes font un échange continuel. »
A onze heures, Mural est déjà au delà des gorges de Plauen. On la vu , le sabre à la main , son manteau brodé d'or retroussé sur lepaule , charger à la tète des carabiniers cl des cuirassiers et se précipiter sur l'infanterie autrichienne. Son succès , auquel Victor et Latour-Maubourg