‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 103 sur 331 · CHAPITRE XEUVIKME · texte numérisé non relu

CHAPITRE XEUVIKME

il ne se proposait rien moins que d'envahir la Valachié , de faire lever le siège de Silistrie et de reprendre Varna. Quant aux positions devant Choumlay les Russes n'y tenaient plus depuis un mois que comme diversion utile aux opérations du siège de Varna ; aussi dès que cette place fut en leur pouvoir, le feld-marèchal Wittgensteia commença son mouvement de retraite dans la direction de Silistrie , pour rejoindre le troisième corps du général Roodzewilsch et ceux des généraux Roth et Tscherbatoff. La retraite s'opéra heureusement malgré les bruits répandus par Tes Turcs , que les Russes arrivaient à Silistrie dans une situation pareille à celle de l'armée française en 1812 sur les rives de la Bérésina.

Le feld-marécbal Wittgenstein en arrivant à Silistrie n'j trouva pas les travaux fort avancés, quoique les Russes n'y eussent pas moins de cent vingt bouches à feu ; mais la garnison assiégée, dont la résistance éfait soutenue par des renforts successifs, ne cessait de les inquiéter par des sorties plus ou moins heureuses, et cette époque avancée de la saison, de violents orages accompagnés de pluies torrentielles ayant inondé les tranchées, les abords de la place , et rendu presque impraticables les chemins ouverts à l'arHvage des convois de munilions et d^ vivres, le général Wittgenstein espérant amener les assiégés à capituler, convertit le siège en un bombardement qui dura quarante-huit heures. Vains efforts I l'énergie de la résistance, la nature elle-même, s'opposaient à tontes les opérations. Un froid prématuré de dix à douze degrés glaçait le courage des soldats, la neige paralysait le feu de leurs batteries ; le Danube charriait des glaçons, la faim menaçait d'assiéger les assiégeants dans leur camp , dont l'hiver avait intercepté toutes les communications. La retraite devenait donc d'une absolue

$M HISTDIRK M L'IMPfiftEVB NICOLAS.

nèeemitéy tli Toti v#t)aU éviter ied dé«Mtrei éproD par r«iriiiée française en 1612. Le général WMgeiisl le comfril, atsai l«v««Ml le siège pont donner à tjroupes des cantonnements à Tabri de la manvaiae t son» Cette retrake^ quoique sagement ordonnée ot e entée atec Thabile prérroyanee d'an chef jalonx de la de ses soldats , ne pnt.se terminer sans de nonvel f^eHes et de grands sacrifices.

L'armée russe) que les nouvelles de Vienne et Gonstantinople représentaient comme anéantie, offi encore à la fin do novembre nn effectif de 80,000 homm To«is les efforts que les Turcs firent dans ce temps p< reprendre i'<^ensive et recouvrer Varna vinrent briser devant les baïonnettes qui avaient su leur pren< cette importante place*.

Ainsi finit cette campagne , dont les deux parliez b ligérantes s'attribuèrent l'honneur du triomphe , m; que Thistoii^, plus juste dans ses jugements, doit cou déf^pr uniquement à l'avantage de« «rmes russes. moins de quatre mois^ les généraux de l'ompereur colas avaient envahi trois vastes provinces, conq deux placés qui tenaient le premier rang parmi forteresses turques, emporté à la baïonnette un gn nombre de forteresses, et planté l'aigle impériale sur retliparts de Varna , ou les ennemis de la Rnaste avai déjà crensé le tombeau de sa gloire^

Au moment de suspendre les hostilités rendues i possibles par les rigueurs de l'hiver, l'empereur Nico prît deux mesures importantes pour enlever h la Po Ottomane la possibilité d'assurer l'approvisionnement sa capitale. La première, prohibant l'exportation < blés par les ports de la mer Noire et de la mer d'Az< ne provoqua aucune réclamati<m étrangère; mais

CHAPrrae msuvieme. S9t

;, mmMmf^qÊni fe bloe« des Dardamelies , «oniera qoeàqfueê diffiesllés. Bien i{ue les loif orâinairet de la ueuinliié maritioie impaMsseot aux neatres i'ôUtgalmi de respecta iemi èlocas définitif^ et 4Miiias6ent aax pnisnoees qoi rétabliiseoi le droit légMiaie de le &ire reqieeler, fe blocus des Dardanelles n'en sovlera pas moias des plaintes, sorloot de la part dn eonmeree britannqne, anqael rEmperear fit quelques eoncessioDs. Ce prinoe voulani léser le moias possible les iatéréts d« ooaaoïeree neutre , aotorisa le vice-amiral Ricord y commandant son escadre d'observation :

VA penDdtre l'entrée des Dardanelles et du Bosphore a tons les bâtiseats neutres qui, n'ayant à bord ni vivres ni Bonsitioiis de guerre , se soumettraient à la visite ;

2^ A laisser librement sortir tous les bâtimente prove» nant de Constantinople et ^ rendwt en Europe, à moins qu'ils n'enssent à bord des troupes , des vivres et des mmitians posir les places comprises dans la circonscription détermâiée par le traité d« 6 juillet entre les trois puissances ;

3^ A n'employer qu'à la dernière extrémité la force contre les bâtiments neatres qui voudraient se soustraire à la visite, ou qui tenteraient de violer le blocus.

L'empereur Nicdas en arrivant à Saint-Pétersbourg, le 26 octobre, y trouva son auguste mère malade d'une fièvre accompagnée de coliques d'âatraiUes et de nausées. Cet état quoique inquiétant n'offrait encore aucun danger ; les médecins espéraient même que le retour du fils produirait sur b mère une réaction bivacahle et déterminecait une crise beureuse; uuôs la mue de Tempereor Nicelas, dont la figure pale, amaigrie, décolorée, portait l'empreinte des ûitigues qu'il venait de suppor«» ter^ produisît un effet tout contraire. Cependant, soit

3M HISTOIRE DE LEMPËRELR XICOLAS.

qu'on ne voulût point attrister la joie du retour du Czar, soit que la marche de la maladie éloignât Tidée d'une prochaine catastrophe, on ne publia point de bulletin jusqu'au 3 novembre; mais ce jour-là le docteur de Ruth, médecin ordinaire de l'Impératrice mère , remarqua dans l'état de la malade une grande altération. La langue était embarrassée , la parole hésitante , la mémoire affaiblie, l'ouïe rebelle, tout chez elle indiquait l'affaissement du système organique. Le docteur de Ruth appela aussitôt en consultation les deux plus célèbres médecins de la cour, MM. Crichton et Bluhm. Tous trois reconnurent que la saignée devait être immédiatement pratiquée ; mais cette opération, ainsi que d'autres dérivants employés avec énergie , ne produisirent qu'un soulagement momentané. Les symptômes alarmants se succédaient avec une rapidité qui déjouait toutes les ressources de la science. L'auguste malade, frappée d'une paralysie qui devait terminer ses jours, rendit le dernier soupir le 5 novembre à deux heures du matin.

Marie Fcodorovna, Sophie Dorothée, fille de Frédéric, duc de Wurtemberg, née le 25 octobre 1759, et veuve de Tempereur Paul, était douée d'une grande énergie de caractère et de toutes les vertus qui, d'une épouse, d'une mère et d'une souveraine, font entre toutes les femmes un type d'élite. Elle exerçait sur le cœur de ses enfants un empire absolu, et inspirait à celin du peuple russe une vénération religieuse. La nouvelle de sa mort, annoncée au peuple par un manifeste impérial , fut accueillie comme celle d'une calamité publique. Toutes les classes de la société s'associèrent à la douleur de la famille impériale, et prévinrent en le prenant d'avance, le deuil qui par ordre devait être porté pendant un an. Ou lui fit des obsèques d'une magnificence digne de

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