CHAPITRE DIXIÈME
posant à oiarcher avec le gros de son armée sor la capU taie de Tempire, poussait des corps avancés sur tous les points qu'il lui importait d'occuper pour assurer le succès de ses opérations et celui de la mission glorieuse qui lai était conBée. L'apparition de l'amiral Greigh à Kara-BoomoUy à l'entrée du Bosphore, presque en vue de ia flotte turque mouillée à Bnîukdéré dans une impaissante inaction, la prise d'Enos mettant l'armée rosse en communication avec les flottes de la Méditerranée et de la mer Noire , complétaient l'investissement complet de la capitale de l'empire ottoman sur un rayon de vingt-cinq à trente lieues.
Comme on le voit y la situation était belle pour les Russes; cependant le cabinet de Saint-Pétersbourg, mûuncé par des intérêts généraux supérieurs à des idées de glmre ou d'ambition , contre lesquelles l'empereor Nicolas avait su préserver son cœur, ne désirait pas moins que celui de la Porte une paix solide et basée sur les avantages qu'il était en droit d'exiger. A cet effet, Nicolas avait désigné d'avance l'adjudant général comte Alexis Orioif et le conseiller privé comte C. de Pahlen, pour soivre, conjointement avec le général en chef, les négociations qui pourraient s'ouvrir pour la conclusion de la paix.
Les deux négociateurs venaient d'arriver à Bourgas^ le 16-28 août, lorsque deux hauts dignitaires de la Porte Ottomane, le defterdar Mehmet-Sadi-Effendi et Abool-Kadiv-Bey , tous deux munis de pleins pouvoirs pour enlamer les négociations, se présentèrent au quartier général d'Andrinople. M. de Kuster, secrétaire de la légation prussienne , les y avait accompagnés pour engager le général russe à suspendre les hostilités, aCn de détourner les dangers que la fermentation inquiétante
des masses triait suspendus sur la léle des chrétiens de la capitale. Dès leur première visite au comte Diebitscb les deux négociateurs débutèrent par lui témoigner leurs sentiments d'admiration et de reconnaissance pcmr le caractère magnanime et les sentiments g&sérem de Femperenr Nicolas; ils lui firent part ensuite du désir sincère que le Sultan avait de mettre fin aux bosfilifés. Eu réponse à ces [Mtipositioos, et en rabs.ence des négociateurs qui ne pouvaient tarder d'arriver, Diebitsch chargea le général major prince Gortschakoff et le conseiller d'État Fonton, attaché à son quartier général, d'ouvrir les conférences préliminaires, qui commencèrent le 18-30 août En même temps il donna l'ordre de suspendre les hostilités et la marche victorieuse de son armée, à l'exception toutefois des corps qu'il avait dirigés sur divers points pour y prendre des positions.
Conformément aux déclarations solennelles qu^elle avait faites au commencement de la campagne , la Russie n'exigea aucun accroissement de territoire; elle ne demanda que la rectification de ses frontières d'Asie en tirant une ligne nouvelle où se trouveraient les places d'Anapa, de Poti, d'Akhaltsikh, d'Atzkouv et d'Akhalkalaai, à cette fin de mettre un terme aux déprédations et aux incursions que les tribus musulmanes ne cessaient de pousser en Géorgie et en Iméreth. Elle demandait en outre Touverture du Bosphore et des Dardanelles pour tous les navires de commerce sans distinction de pavillon, l'exécution complète des anciens traités, notamment celui d'Akkerman ; une ligne plus favorable à la défense de la Valacbie , de la Moldavie et de la Servie ; des garanties nouvelles et l'indépendance de la Grèce sur les bases du traité du 6 juillet 1H27 et du protocole du 23 mars dernier. Ces conditions ne rencontrèrent une sérieuse