CHAPITRE DIXIÈME. 97f
résistance qu'à Tartiele des indeamiiés réclamées |Mir la Russie et montant à 137,195,000 francs. Les négoei*leurs tores ne se croyant pas autorisés k souscrire au payement d'une somme qui leur semblait exorbitante dans Tétat d'épuisement où se trouvait la Porte, demandèrent du temps pour en référer à leur gouvernement. Diebilscb leur accwda un délai de cinq jours à dater du 27 août - 8 septembre. Mais prévoyant le cas où ce délai n'aboutirait à rien , il fit faire à son avant^garde quelques mouvements qui répandirent de nouveau la terreur dans la capitale, menacée simultanément par l'invasion étrangère et une insurrection intérieure»
Ce fut alors que le Sultan comprit le danger de sa position,. Le reis-effendi réunissant aussitôt les ministres de France, d'Angleterre et M. Royer, ministre de Prusse, leor demanda ce qu'ils conseillaient au Divan de faire pour sortir de celte extrémité. Les trois ministres ré* pondirent d'une noérne voix : a U faut signer à tout prix la paix : k cette condition seule vous sauverez Tempire ottoman d'une ruine immédiate et complète. « La Porto recomiut Voi|[ence de cette mesure, tout bumilianto qu'elle fût pour l'orgueil ottoman. Mais devant cette question de vie ou de mort elle n'hésita point à supplier l'un des ministres de se rendre immédiatement au quar* tier général de Diebitsch^ pour arrêter la marche des troupes russes sur la capitale, en confirmant les dispositions de la Porte, prête à accepter toutes les conditions de la paix. Les ministres , ne croyant pas avoir mission de servir de médiateurs entre les parties belligérantes^ refusèrent Néanm^nos, le Sultan, stimulé par le danger devenu plus pressant, fit inviter en particulier ei par écrit M. Royer de smiver sa cooroime. Celui-ci, presaé d'autre part par les instances des deux autres
ambassadeurs , s'embarqua le 29 août - 9 septembre pour Rîdosto, et se rendit de là, à cheval, à Andrinople, où il arriva dans la soirée du 31 août- Il septembre. Le général russe le reçut avec franchise et cordialité : convaincu désormais par la force des choses que les offres de la Porte étaient sincères , il suspendit la marche de son armée. Alors M. Royer représentant aux p/éiiipotentiaires la nécessité absolue de consentir à toutes les demandes de la Russie sur les points auxquels s'étendaient leurs pouvoirs, et leur signifiant que l'ordre de Mahmoud était qu'ils cédassent aux volontés du Czar; ces plénipotentiaires renonçant à toute pensée de résistance, arrêtèrent les conditions de la paix le 2-14 septembre , et les confirmèrent par deux traités signés le même jour.
Le premier rendait à la Sublime Porte les deux Principautés et toutes les places de la Bulgarie et de la Roumélie conquises ou occupées par les armes russes , à l'exception des îles formées par le Danube à son embouchure. Il restituait également toutes les conquêtes faîtes en Asie , sauf une partie du territoire confinant à Tlméreth et à la Géorgie , comprenanj diverses places que la Russie se réservait pour la sûreté de ses frontières et comme compensation des frais de guerre en à-compte des indemnités pécuniaires qui devaient lui être payées par la Porte.
Tous les privilèges et immunités accordés par les anciens traités aux principautés de Moldavie et de Valachie, ainsi que les conventions relatives à la Servie, étaient garantis et étendus. La Sublime Porte , d'un autre côté , reconnaissait et déclarait le passage du canal de Constantinople et le détroit des Dardanelles libres et ouverts aux navires de toutes les puissances en paix avec la