CHAPITRE ONZIÈME
bres, le Sénat et la Diète. La direction des affaires du royaume était confiée à un conseil administratif. Les évéques voîvodes et châlelains, nommés à vie par le Roi, formaient les éléments constitutifs du Sénat. Ceux de la Diète, qui devait être convoquée tous les ans et pour un mois, se recrutaient parmi les députés de la noblesse et des communes.
Pour avoir force de vigueur, chaque nouvelle loi devait être adoptée par la majorité dans les deux chambres et recevoir la sanction du souverain. L'examen du budget des revenus et des dépenses appartenait de droit aux chambres. Cinq ministres nommés par le souverain formaient, sous la présidence d'un lieutenant général, le conseil administratif. Us représentaient le pouvoir exécutif, préparaient les projets de loi, réglaient la marche des affaires et prenaient sous leur responsabilité le maintien de la charte. La liberté de la presse était garantie , l'administration municipale fut établie dans les villes, la noblesse eut le droit d'élire ses maréchaux pour sauvegarder ses intérêts, enfin les revenus du royaume furent affectés exclusivement à l'entretien d'une armée polonaise indépendante.
Afin de prouver la loyauté de ses intentions, Alexandre confia la direction des affaires à des hommes dont l'esprit et le caractère éminemment polonais présentaient des garanties suffisantes aux susceptibilités nationales. II choisit pour vice-roi le général Zayonteck, vieux soldat blanchi dans les combats, et dont le cœur et la main, depuis Kosciuszko jusqu'à Napoléon , n'avaient jamais aimé et servi d'autre cause que celle de la Pologne. Les minisires furent également choisis parmi les Polonais les plus dévoués à leur patrie. Le grand-duc Constantin, commandant de l'armée polonaise, et Novosiitzoff, ayant
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voix délibérative dans le conseil adminiatralif avec le titre de eommiasaire impérial, repréaeotaieat aoali les intérêts de la Russie.
Les Polonais accueillirent avec enthoosiasine la poblication de la charte constiiutionneUe , mais Irou années s'étaient à peine écoulées , qu'ik s'imaginèrent qu'Alexandre était obligé de leur donner une coDstilotion. De ces prétentions il résnlta qu'à la première assemblée de la Diète les députés revendiquèrent le droit de faire des représentations au Roi sur les vœax et les besoins de la Pologne. L'empereur Alexandre manifesta son mécontentement, et déclara h la seconde session qu'il était décidé à sauvegarder la charte, mais que de leur côté les Polonais, au lieu de se livrer à des rêves chimériques , étaient tenus à l'observation rigoureuse de leurs devoirs. A ces avertissements la Diète répondit par le refus des projets de loi proposés par les mi* nistres, notamment le Cod£ criminel, pois entrant en discussion ouverte avec le gouvernement , eUe renouvela les exigences de la diète précédente, fille porta plas loin son esprit d'opposition et son mauvais vouloir en crensant un déficit considérable dans le trésor par rioexacti^ tude du payement des impôts. C'était un défi, l'Empereur releva le gant :
a Puisque la Pologne, dit-il, ne peut se suffire à eUe* même et subvenir à ses propres besoins, nous l'oi^aniserons différemment. Nous voulions étendre les prtvi* léges accordés , mais devant l'hostilité systématique de la Diète, nous sommes forcés, dans l'intérêt de la sécu* rite générale, de modifier la charte octroyée. » Les principales restrictions furent des mesures sévères contre les abns de la presse, et l'interdictioa des débats publies au sein de l'assemblée.