‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 124 sur 331 · CHAPITRE ONZI&ME. Jlli · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZI&ME. Jlli

A roavertare de^Ia iroisième diète, Alexandre avait déclaré solennellement qu'il persévérait dans mu intea* tioD de maiotenir la charte, mais que les Polonais tenaient en leurs mains le sort de leur patrie dépendant de leur dévoueoaent au trône et de leurs iNMines dispos sUions à seconder les efforts du gouvemeuient C'était une menace, la Diète en détourna l'exécution en acceptant toutes les lois proposées par les mîniaUres.

Abstraction faite du patriotisme qui porte avec désespoir le deuil de sa nationalité perdue, on comprenaîi d'autant moins les sentiments hostiles de la Pologne pour la Russie, que le duché de Varsovie avait atteint sous le règne d'Alexandre le plus haut degré de sa prospérité. L'action puissante de ce généreux monarque avait ravivé toutes les lurancbes de l'industrie : ià oh naguère croupissaient des marais infects, de riches mois* sons mûrissaient sur un sol fertile. De larges voies de communication s'étaient ouvertes de toutes parts, les villages avaient poussé comme par enchantement là ou Vaa ne voyait autrefois que de pauvres cabanes dissémi-* nées ; les villes s'étaient embellies ; les finances , épuisées par de longues guerres , étaient plus florissantes que jamais depuis qu'Alexandre , renonçant aux biens de la couronne au profit de l'Etat, avait affecté aniquement aux besoins du royaume tous les revenus du pays. Une banque, créée avec les capitaux fournis par le sooveraia , contribuait au développement du commerce et de l'industrie; une armée magnifique, de vastes arsenaux , une université nationale , des chaires de hautes sciences , occa|>ée8 par des professeurs habiles appelés des pays étrangers, des écoles primaires, des gymnases, des pensionnats pour les jeunes filles, des collèges militaines pour les garçons dans tons les chefs-lieux des provinces,

tels étaient en 1 830 les bienfaits dont Alexandre avait doté la Pologne.

Mais à côté de ces avantages réels, il y avait des causes de mécontentement qui, habilement exploitées par les meneurs des sociétés secrètes, devaient aboutir à une sanglante catastrophe. La résistance du cabinet russe à l'incorporation au royaome des anciennes provinces, la suppression de la publicité des séances de la Diète, les lois répressives de la presse, la suprématie accordée à TEglise grecque au préjudice de la religion catholique, professée par les sept huitièmes de la nation , l'oppression de la police exercée par des Polonais russophiles, l'omnipotence ombrageuse du grand-duc Constantin, avaient donné un caractère odieux à la domination russe. Le dernier voyage de l'empereur Nicolas y la sévérité de ses discours à la Diète , son silence persistant aux vœux formés pour la réunion des provinces, avaient aigri davantage encore les esprits.

Sur ces entrefaites, le drapeau tricolore arboré au consulat de France faisant briller aux yeux des Polonais des couleurs quMIs avaient si longtemps regardées comme les leurs, semblait être le signal de leur résurrection à l'indépendance et le jalon de leur marche dans la liberté. La nouvelle que les chefs du parti propagèrent alors qu'une armée russe occuperait militairement la Pologne, tandis que les phalanges polonaises serviraient d'avant-garde aux troupes du Czar portant la guerre en France , exaspérèrent encore les ressentiments.

Dans le courant du mois d'octobre, Pierre VVysocki, simple sous-lieutenant de l'armée polonaise, comprenant que le moment d'agir était venu, réunit tour à tour les officiers du corps composant la garnison de Varsovie et leur communiqua la première pensée du soulè-

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