CHAPITRE OXZIKUE
vement. Sa parole ardente produisît sur l'iiiiag^iiiation pasaionnée de ses compagnons d'armes PefiTet d'une étincelle sur un baril de pondre. Le soulèvement une fois admis en principe , des déilgués furent élus par chaque corps au nombre de soixante-dix pour se ct>ncerter sur la marche à suivre. Pmdant ce temps, de nombreux émissaires lancés dans toutes les directions devaient préparer le pays an grand mouvement qui lui promettait une ère de régénération.
Lorsque le plan définitif du soulèvement de l'armée et du peuple fut arrêté, on en fixa l'explosion an 17-29 novembre. Ainsi qu'à la révolution républicaine qui dix-huit ans plus tard éclata à Paris, un banquet devait servir de prétexte et de prélude à l'insurrection de Varsovie. Quelques jeunes gens de l'école militaire des porte -enseigne, école composée en grande partie de nobles polonais, s'étaient réunis pour célébrer à table la prochaine délivrance de leur patrie. Là, ne poovant maîtriser l'ébn de leur patriotisme, ils avaient chanté les vieux airs nationaux et porté un toast à la mémoire de Kosciuszko. Leur arrestation devança de quelques heures le mouvement qui ne devait éclater qu'à minuit Informé de l'irritation qui régnait à l'école des porteenseigne, Wysocki s'y porta résolâment et s'écria : tt. L'arrestation de vos frères vient de sonner l'heure de la vengeance : c'est aujourd'hui qu'il faut vaincre ou moorir. Aux armes !
— Qu'on nous donne des cartouches, répondirent 1^ porte-enseigne, et en avant!
— Des cartouches I répliqua Wysocki, vous en troti^ verez dans les gibernes des Russes. En avant! »
Et sans perdre de temps, Wysocki, se mettant à fai tête de cent soixante élèves, marcha contre les casernes
Hh HISTOIRE DE L'EMPBREIJII NICOLAS.
de kt cavalerie rasse, gitoées aux portes de la TiUe. Une kitte sanglante, mais dont Tisane n'eût point été don* lewe, si les cavaliers surpris la nuit n'eussent été atla- ^és à Timproviste, s^engagea snr ce point
Des événements plus graves encore se passaieDt an cbfttead dn Belvédère, résidence du Césarévritsch. Dkfanit conjurés, pour la plupart étudiants de Fvmvcrsité, avaient fait le serment de s'emparer du gamd^ duc Constantin mort ou vif. Armés de poignards et ée pistolets, ils se divisèrent en deux colonnes : Tune , s'émparant des jardins,, devait couper la retraite an Grand-Duc; l'antre, faisant main basse sur iœA ce qui s'opposait à sa marche, força l'entrée principale et se précipita dans les appartements aux cris de : Mwt au tyran I Constantin venait de se coucher; réveillé bras^ quement par son valet de chambre , et comprenant que toute résistance était impossible, il n'eut que le temps de se jeter dans un escalier dérobé qui le conduiràl an pavillon de la princesse de Lowicz, sa femme. Au même instant, les conjurés envahirent son appartement Furieux d'avoir manqué leur victime , ils visitèrent le palais de fond en comble, mais leurs recherches furent inutiles; ils respectèrent le pavillon de la Grande-Dnchesse. Vange de la Pologne servit de providence au lieutenant de l'empereur de Russie.
Moins heureux que le grand-duc Constantin , le sonsdirecteur de police Lubowidzki et le lieutenant général Gendre, qui se trouvaient au palais, tombèrent sous les coups des conjurés. Dans ce moment, on régiment rosse arrivait an pas de course au palais impérial. Les conjurés opérèrent leur retraite par le petit bois de Lazienki et rejoignirent Wysocki^ dont la position était devenue critique. Les cavaliers russes^ s'apercevant dn petit
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de» comballinlSy miaient repris Toinrive et s'apprélaicBt à les cerner; l'uritréedes étudiants changea la Stiee de» choaes : les deox coioniies réunies chargé^ rent à la baioasietie, et partinrent à se frayer un sanglant passage vers Tintérieur de la ville.
En ipelfoes instants rinsmrrection , soutenue par le 4* régiment d'isiSHiterie polonais, par un bataillon de sapeurs^ par rartilierie à dMval et par la majeure partie du régiment des grenadiers, se développa avec une rapidité effrayante. Les trompes rebdles et le peuple, dema»daot des année, se pertèrent sur Tarsenal et firent main basse sur quarante mille fusils qui s'y trouvaient. Les régiments que le Césaréwilscli était parvenu à rejoindre fomaient ua aayau de huit à dix mille homiiies , parmi lesqads le régiment des chasseurs à cheval polonais se fil remarquer par son courage et sa fidélité. Ces troupes, débordées par Tinsurrectimi, reçurent Tordre de se concentrer smr là graade place et de repousser oeux qui voudraient s'opposer à leur mouvement» Le Grand-Duc alors, peur éviter l'^bision du sang, se retira avec les troupes restées fidèles eu dehors de la ville.
Toute k nuit se passa du côté des insurgés dons les désordres ioêéparaUes d'un mouvemeaf privé d'une direction homogène et forte. Hosieurs officiers supérieon, catie autres les généraux Hanke, Trembicki, Siemiontkoivski, Bluawr et la colonel Mecissewski furmt maosaorés oa tués dans les différents combats qui signalèrenl ks counnencementB de k lutte; des excès déplorablcOy de cruelles méprises, ensanglantèrent cette nuit terrible. Le brave général polonais Nowicki , pris pour le général Levvicki , commandant de la place , tcmiba sous les poignards des conjurés. Sur plusieurs points , les vengeances privées se signalèrent par d'odieux assassinats.
Dès le lendemàio, à la pointe da jour, le grand-doc Constantin reconnaissant aux progrès de Finsurrectioa Timpossibilité de rétablir l'ordre et son antorité , porta son quartier général au village de Wirzba, situé a trois kilomètres de la ville.
Cependant rinsurrection victorieuse n'avait encore ni chefs ni direction. La troupe et la populace, ivres de fanatisme et de vin , se livraient k toutes sortes d'excès sous les plis du drapeau tricolore français, marié à la bannière de l'indépendance polonaise.
La ville, plongée dans la stupeur, redoutait l'envabissement de la banque, où des sommes considérables, pro* venant d'un emprunt et d'une aliénation de domaines, avaient été déposées; les propriétés puUiques et particulières, les boutiques elles-mêmes, étaient menacées d'un pillage général ; la classe bourgeoise était terrifiée.
Dans cette situation désespérée, le ministre des finances Lubecki convoqua le conseil administratif du royaume. Ce conseil , se voyant sans force et sans mandat pour faire face au péril , crut devoir appeler à son aide quelques personnages dont les noms populaires semblaient devoir opposer une digue aux flots débordés de l'insurreclion. Les princes Adam Czartoryski, Michel Radxiwill, Michel Kochanowski, le comte Louis Poé, secrétaire du Sénat, Julien Niemcewics et le général en retraite Chlopilzki répondirent à son appel.
Malgré cette adjonclton de citoyens recommandables, la première proclamation du conseil administratif fui très-mal accueillie. Elle ne sentait pas assez la poudre, disaient les exaltés du parti. Elle renfermait le salut de la Pologne si les conjurés eussent écouté les conseils qu'elle leur adressait, a Vous ne voudrez pas , disaitelle, donner au monde le spectacle d'une guerre civile.