CHAPITRE ONZIÈME
La modération peot seule éloigner de vous les dangers qui TOUS menacent. Rentrez dans Tordre, dans le repos , et poissent tontes les agitations cesser avec la nuit qui les a couvertes de son voile. Pensez à Tavenir et à votre patrie si malheureuse I "
Au lieu d'écouter ces avis inspirés par les sentiments d'un véritable patriotisme, les insurgés, après avoir formé des conciliabules composés des plus ardents pa- Iriotes qui avaient fait partie des sociétés secrètes , se portèrent, suivis d'une foule exaspérée par leurs discours, jusqu'au palais du gouvernement, et forcèrent les membres du conseil à céder leur place à des hommes investis de la confiance du peuple.
Dans cette nouvelle combinaison entrèrent , sous la présidence du prince Adam Czartoryski, les princes Ostrowsii, Halachowski et le célèbre professeur Lelevel , Vm des chefs les plus influents des sociétés secrètes. Le 1" décembre, les étudiants de l'université, au nombre de mille , formèrent une légion d'honneur, et Lelevel organisa un club patriotique qui, sons ses auspices, devait donner l'impulsion à l'opinion.
Les gens de bien envisageaient avec effroi l'abime oii la forfone de la Pologne allait s'engloutir.
Inspiré par l'espoir de sauver sa malheureuse patrie, le général Chlopitzki accepta le commandement en chef de toote la force armée. C'était un homme ferme, également aimé du peuple et des soldats; âgé d'environ viagl-cinq ans, il avait servi avec distinction sous les ordres de Napoléon , et vivait dans la retraite depuis la réunion de la Pologne à la Russie. Son premier soin fut de calmer l'exaspération des troupes et la fureur de la populace qui voulait proclamer immédiatement l'indépendance de la Pologne et attaquer l'armée russe